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Le blé poussera-t-il dans le désert du sud tunisien ? 

23. April 2026 um 18:43

Des cultures céréalières irriguées expérimentées dans l’extrême sud tunisien, à Dhehiba et Remada (gouvernorat de Tataouine), donnent des résultats jugés prometteurs pour renforcer la souveraineté alimentaire nationale. Après trois campagnes d’essais, les rendements atteignent entre 38 et 40 quintaux à l’hectare, un niveau notable dans un environnement aride.

Initialement menées sur environ 6 hectares, ces cultures ont été étendues cette année à près de 40 hectares. Les autorités régionales et nationales envisagent désormais une extension progressive des superficies irriguées, avec un objectif de 1 000 hectares à court terme et jusqu’à 100 000 hectares à plus long terme.

Ainsi, le projet repose sur un partenariat entre le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Tataouine, l’Institut national des grandes cultures de Bou Salem et l’Institut de recherche dans les zones arides de Médenine. Outre les céréales, il intègre également des cultures stratégiques irriguées comme les fourrages, les légumineuses et la betterave sucrière.

Dans le périmètre irrigué de Sahl Roumaine à Dhehiba, environ 20 hectares sont actuellement exploités. Les cultures s’appuient sur sept puits profonds équipés de systèmes de pompage alimentés par énergie solaire, permettant de réduire les coûts énergétiques pour les agriculteurs.

Selon le commissaire régional au développement agricole de Tataouine, Mongi Chniter, la superficie totale consacrée aux grandes cultures dans la région dépasse 660 hectares, dont 92 hectares irrigués dédiés notamment au blé dur et à l’orge locale. L’objectif, précise-t-il, n’est pas de concurrencer les régions céréalières du nord, mais de compléter l’offre nationale tout en préservant les semences locales adaptées au climat.

Une réponse partielle à la dépendance céréalière

L’initiative intervient dans un contexte de forte dépendance de la Tunisie aux importations céréalières. En 2024, le pays a importé environ 2,6 millions de tonnes de céréales pour près de 2,3 milliards de dinars, selon l’Office des céréales. Les importations de blé tendre couvrent parfois jusqu’à 80 % des besoins nationaux.

Cette dépendance pèse lourdement sur les finances publiques. Les subventions aux produits céréaliers ont dépassé 3 milliards de dinars en 2022, tandis que le budget de l’État 2025 prévoit près de 3,8 milliards de dinars pour les produits de base, dont 2,67 milliards destinés aux céréales.

Dans ce contexte, les projets agricoles dans les zones arides apparaissent comme une piste pour diversifier les bassins de production face aux aléas climatiques. Toutefois, la viabilité à grande échelle reste à évaluer, notamment en ce qui concerne la pression sur les nappes profondes, la salinisation des sols et la rentabilité à long terme.

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Sept villages-fantômes du sud tunisien

07. November 2025 um 11:15

Sur la route qui mène de Médenine jusqu’à Tozeur, j’ai appris à traverser de nombreux villages abandonnés, m’y arrêtant toujours pour sacrifier aux vieilles pierres et aussi y observer les rares traces de vie.

A Metameur, je ne manque jamais de marquer l’étape du ksar fortifié qui coiffe le village. Là, parmi les ghorfas abandonnées, une femme travaille, attend le passage des touristes pour gagner son pain quotidien. Sans elle, rien sinon l’écho des pierres ne vivrait dans ce qui, grenier à blé d’antan, à désormais sombré dans un oubli coupable.

Je continue ensuite ma route jusqu’à Toujane dont le site ancien est en contrebas. Des ruines ocres parfois interrompues par le blanc de la chaux vive d’une maison qui vit encore, où l’on voit quelques chèvres dont les bêlements trouent le silence.

Métameur

Chaque jour, les habitants de Toujane sont confrontés à ce village fantôme d’où jaillissent quelques miettes de vie et traversent eux-mêmes le temps qui s’est arrêté sur le seuil des demeures de leurs ancêtres.

J’arrive dans la région de Matmata. Ici les maisons troglodytes sont nombreuses et parfois enclavées dans des terroirs lunaires. C’est à Tamezret que se trouve mon village entre splendeur et chute, à la fois vivant et mort, comme un corps en décomposition. Je marche dans les ruines tenaillé par l’incompréhension et la tristesse des marabouts délaissés. Parfois, mes pas aboutissent à la vieille cité de Tamezret, à quelques kilomètres, loin dans les terres et oubliée de tous.

Aucune politique patrimoniale ne se soucie de ce legs immémorial qui s’effrite et se perd. Comme si une malédiction silencieuse pesait sur cet héritage pourtant autochtone. Je ressens ce manque et, chaque fois que je visite cette désolation, me demande pourquoi un site punique ou romain importe-t-il davantage qu’un ksar amazigh ou un village berbère.

Mides

Ma route des villages fantômes continue jusqu’à ce que j’appelle l’envers de Kebili. Au cœur de cette oasis du Nefzaoua, la grandeur fanée de la cité est en ruines malgré une tentative de restauration qui a fait long feu. Dans les vestiges où seule une mosquée rassemble les travailleurs agricoles, la vie bat encore au rythme des prières et des invocations.

J’ai souvent marché seul dans le dédale de ce qui fut un village, admiré ce double silencieux de la ville contemporaine de Kebili. Dans les ruelles qui devaient vibrer de vie, quelques portes en bois de palmier résistent mais sont proches de leur dernier souffle. Dans ce village devenu sa propre dernière demeure, comme une calligraphie invisible, les prières des orants montent au ciel comme une interminable fatiha psalmodiée au chevet d’une dépouille.

Plus loin, au-delà de Tozeur, trois autres villages fantômes attendent dans les replis montagneux : Chebika dont la source nourricière tourne le dos aux maisons abandonnées ; Mides dont l’étrange cité abandonnée surplombe les méandres d’un canyon ; et Tamerza dont le site ancien se confond avec le lit d’une rivière.

Hanté par ces villages, j’y reviens toujours, par la même route, la tristesse chevillée au cœur tout à la joie des retrouvailles avec les vestiges.

Toujane

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