Visa Schengen: plus de 27 000 refus d’entrée et 700 personnes identifiées à risque potentiel depuis la mise en place du nouveau système
Depuis sa mise en place progressive en octobre 2025, le système d’entrée/sortie de l’espace Schengen (EES) commence à produire ses premiers effets concrets sur la gestion des frontières européennes.
À chaque passage, les données des voyageurs issus de pays tiers sont désormais enregistrées automatiquement: identité, date d’entrée, date de sortie et durée de séjour. Peu à peu, les tampons sur les passeports disparaissent au profit d’un suivi numérique continu, centralisé entre les États membres. Selon les premières données disponibles, plus de 52 millions de passages ont déjà été enregistrés. Ce volume donne une idée de l’intensité des déplacements vers l’espace Schengen, mais aussi de la capacité du système à absorber une circulation massive sans intervention manuelle systématique. Dans cet ensemble, environ 27 000 personnes se sont vu refuser l’entrée sur le territoire européen. Ces refus ne relèvent pas d’une logique automatique. Ils interviennent lorsque les conditions d’entrée ne sont pas remplies ou lorsqu’un signalement est détecté lors des vérifications croisées.
C’est justement l’un des changements majeurs du système. Les informations ne restent plus isolées à un seul poste frontière. Elles sont désormais croisées avec différentes bases de données européennes et internationales, ce qui permet de repérer plus rapidement certaines incohérences ou alertes. Dans ce cadre, près de 700 personnes ont été identifiées comme présentant “une menace pour la sécurité de l’Union”, selon les données communiquées par la Commission européenne. Le système agit donc à la fois comme un registre de passage et comme un outil d’alerte, capable de relier des informations dispersées dans différents États.
Les ressortissants tunisiens ont déposé près de 178 000 demandes de visa Schengen en 2024, selon les données compilées à partir des statistiques de la Commission européenne. Sur ce total, plus de 38 000 demandes ont été refusées, soit un taux de rejet d’environ 21 %. Une fois le visa obtenu, les séjours restent limités à 90 jours sur 180, une durée désormais suivie de manière automatisée par les nouveaux outils numériques de contrôle aux frontières. Le système calcule les jours restants à partir de chaque entrée et sortie, ce qui limite les erreurs et rend le suivi beaucoup plus précis qu’auparavant. Pour les voyageurs, cela signifie un passage plus rapide aux frontières, mais aussi un contrôle plus continu de leur présence sur le territoire européen, même après leur entrée.
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