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Volte-face et aveu d’échec

17. März 2026 um 11:38

Donald Trump fait pression sur ses alliés pour qu’ils aident à débloquer le détroit d’Ormuz. Pour l’heure, la réponse est plutôt tiède.

Qui l’eût cru ? Le président américain qui se targuait d’avoir « décapité » le régime des mollahs, répétant à l’envie que les États-Unis « ont vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique », lui qui était naïvement persuadé que l’organisation du pouvoir en Iran était strictement pyramidale et qu’en coupant sa tête après avoir éliminé le Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, il entraînerait de manière automatique la chute du régime; s’est au final résolu, le cœur gros, à appeler à une aide internationale pour débloquer le détroit d’Ormuz.

Autrement dit, si la menace iranienne était réellement neutralisée comme il le prétendait, pourquoi alors solliciter l’aide du reste du monde, y compris la Chine, pour sécuriser l’une des artères maritimes les plus stratégiques de la planète ?

Explication avancée par le politologue américain Ian Bremmer : Donald Trump lance appel à l’aide internationale car « il ne sait pas encore comment rouvrir le détroit ».

« À l’heure actuelle, presque tous les navires de guerre que les États-Unis possèdent dans le Golfe persique sont utilisés pour défendre les infrastructures énergétiques et les bases militaires. Ils ne sont donc pas disponibles pour défendre les bateaux qui passent par le détroit ou qui se trouvent là-bas », a-t-il argué.

Résilience

La vérité c’est que le triomphalisme affiché du président américain cache un retentissant aveu d’échec. En effet, depuis le 28 février, date de l’agression israélo-américaine sur la République islamique d’Iran, il a été démontré que  lui et ses conseillers ont sous-estimé l’ampleur de la résilience iranienne. En effet, face à un pays qui ne plie pas devant l’écrasante supériorité technologique de l’armée  la plus puissante du monde et qui la nargue de surcroit en fermant de facto le détroit d’Ormuz, Washington semble reconnaître implicitement que la sécurisation du détroit dépasse désormais ses seules capacités d’action.

De même, alors que les agresseurs de l’Iran tablaient sur la vacuité du pouvoir après l’assassinat du Guide suprême Ali Khaminei, l’un de ses fils, Motjaba a été nommé pour lui succéder. Or le choix d’une des personnalités religieuses les plus radicales et les plus déterminées  à poursuivre le combat contre le Grand Satan apparaît aussi comme un pied de nez à Donald Trump. Lui, qui estime dans son délire mégalomane avoir le « droit » d’être associé au choix du prochain dirigeant iranien !

Un pathétique appel au secours

« Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres (…) enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité ». C’est ce qu’a lancé le milliardaire républicain après avoir critiqué la semaine dernière le Royaume-Uni pour sa réticence initiale à envoyer des navires au Moyen-Orient. « Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent à des guerres une fois que nous avons déjà gagné ! », avait-il ironisé. Alors quid de ce volte-face ?

D’autre part, maniant comme à l’accoutumée le langage de la menace, un registre où il excelle, Donald Trump  a prévenu dans une interview au Financial Times, que l’avenir de l’OTAN sera « très mauvais » si les alliés de Washington ne viennent pas en aide aux États-Unis pour permettre de rouvrir le détroit d’Ormuz.

Réticence

Mais c’était sans compter sur la réticence manifeste de ces pays, une prudence qui traduit la crainte largement partagée d’un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.

Ainsi, le président Emmanuel Macron privilégie une approche strictement « défensive ». La France se dit prête à contribuer à la protection de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial. Mais elle refuse pour l’heure de s’inscrire dans une coalition militaire dirigée par Washington. En d’autres termes, oui à la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, non à l’implication directe dans le conflit.

Prudence à Londres. Le gouvernement britannique pour sa part indique examiner la demande américaine. Tout en soulignant la nécessité d’une coordination étroite avec ses partenaires internationaux. Aucune décision d’engagement militaire n’a, à ce stade, été annoncée.

Posture attentiste à Séoul. Alliée stratégique des États-Unis, la Corée du Sud, affirme quant à elle « étudier la requête de Washington ». Cependant, elle rappelle que toute participation à une mission militaire à l’étranger suppose « un examen juridique et politique approfondi », ainsi qu’une consultation du Parlement.

De son côté, le géant chinois s’est clairement démarqué. Pékin appelle à la désescalade et plaide pour une solution diplomatique afin de préserver la stabilité de la région et la sécurité des routes maritimes.

Mais c’est curieusement l’Allemagne, pourtant l’un des alliés les plus fidèles des États-Unis, qui a opposé un niet catégorique à l’appel de Donald Trump. Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, a publiquement mis en doute la pertinence d’un engagement européen. Il déclare : « Que pourraient réellement changer une poignée de frégates européennes dans le détroit d’Ormuz que la puissante marine américaine sur place ne peut accomplir seule ?» s’est-il interrogé, non sans ironie.

« Ce n’est pas notre guerre. Nous ne l’avons pas commencée »  a-t-il tranché. Résumant ainsi le malaise, voire le rejet qu’inspire la guerre de Trump aux alliés des Etats-Unis.

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