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Qu’en est-il du chiisme ?

15. März 2026 um 13:25

L’actualité internationale est focalisée sur l’Iran, qui se présente comme une République islamique et dont l’identité est marquée par le chiisme (depuis le début du XVIe siècle et la dynastie des Safavides). Si la société iranienne connaît un mouvement de sécularisation (sur fond de rejet du pouvoir théocratique en place), le chiisme y demeure central. Au-delà de l’Iran, les chiites représentent la principale minorité des Arabes musulmans.

 

Retour sur l’histoire

Gnostique et millénariste, l’islam chiite est le produit de la guerre de succession survenue à la mort du Prophète Mohammed. Les chiites (mot provenant du mot “shî’a“, “secte“, en arabe) ont rassemblé les partisans du califat d’Ali. Tenants d’une logique légitimiste, les chiites ne rejettent pas la Sunna (traditions orthodoxes), mais considèrent que l’autorité religieuse et politique au sein de la communauté musulmane revient aux membres de la famille du Prophète.

Les chiites estiment qu’Ali, cousin et gendre de Mohammed, est son successeur légitime. La rupture fondamentale, initialement de nature théologique, relève précisément de la question de la légitimité de l’autorité. Les partisans d’Ali croyaient en son imamat, c’est-à-dire en sa légitimité en tant que successeur immédiat du Prophète de l’Islam au rang de Calife de l’Oumma, en raison de son appartenance à la famille du Prophète (« Ahl Al-Bayt »).

Dans la doctrine chiite, seuls les descendants de Fatima, fille du Prophète, et de son époux Ali, sont légitimes à exercer le califat. Avec la déposition et l’assassinat d’Ali, alors quatrième calife, ses partisans quittent l’Oumma : c’est la fitna.

Les sunnites cèdent le pouvoir à des membres de l’aristocratie de La Mecque, dont les descendants sont à l’origine des deux grandes dynasties califales arabes : les Omeyyades, puis les Abbassides. La contestation de la légitimité des califes omeyyades et abbassides a entraîné leur persécution et explique leur goût pour la culture du secret.

L’éviction du califat d’Ali et de ses descendants a suscité un profond sentiment d’injustice, de frustration, voire une volonté de vengeance. Celle-ci est à l’origine d’une forme de mystique messianique avec des variantes ésotériques, puisque le dernier imam est incarné par le Mahdi, qui apparaîtra à la fin des temps pour inaugurer le règne de Dieu sur terre et révéler le sens caché des versets du Coran.

Tandis que pour les chiites, Ali est un personnage magnifié, quasi divinisé, premier successeur légitime de Mohammed, qui commence la lignée des Imams, les sunnites le tiennent comme un simple personnage historique : le quatrième Calife « bien guidé ». Le chef de la communauté chiite n’est pas un calife, mais un imam (« guide »). Les chiites croient en effet en l’Imamat, institution dont le titulaire possède les caractères du Prophète (infaillibilité, dépositaire de la Loi, médiateur entre Dieu et les Hommes), les Imams étant des alides, d’une part, et des guides infaillibles détenant l’autorité religieuse, de l’autre. Les partisans d’Ali reconnaissent l’autorité de sa famille et donc de ses descendants : ses fils Hassan et Hussein (respectivement deuxième et troisième imam), puis les descendants de Hussein.

 

Schismes au sein du chiisme

À l’instar du sunnisme, l’islam chiite s’est subdivisé à la suite de schismes en courants et en sectes. Les chiites se répartissent en fonction de lignées d’imams jugés légitimes. La disparition du sixième imam, Jafae as-Sadik, en l’an 765, a causé la séparation entre chiites duodécimains et chiites ismaéliens.

Branche majoritaire de l’islam chiite, le chiisme duodécimain ou imamite désigne les fidèles croyant en l’existence de douze imams (à partir d’Ali), le dernier en date, le Mahdi, ayant disparu mais n’étant pas mort. Les duodécimains attendent le retour de cet « imam caché », qui réapparaîtra à la fin des temps afin d’instaurer le règne de la justice et de la vérité.

 

 

Religion officielle de l’Iran depuis la Révolution islamique de 1979, les duodécimains sont majoritaires en Irak (de 65 à 70 % de la population), où se trouve la ville sainte de Kerbala, et au Bahreïn (de 65 à 75 % de la population). Ils sont également présents au Liban. Il existe, en outre, une importante minorité chiite duodécimaine dans la Péninsule arabique : Emirats arabes unis (10 %), Qatar (10 %), Arabie saoudite (de 10 à 15 %) et Koweït (de 20 à 25 %). Les chiites sont minoritaires au Yémen (de 35 à 40 % de chiites zaydites, adeptes reconnaissant en Zayd Ben Ali le cinquième et dernier imam, et ayant exercé le pouvoir au Yémen jusqu’en 1962) et en Syrie (15 à 20 %).

 

Les chiites dans le monde arabe

Si les chiites vivent principalement en dehors du monde arabe, d’importantes communautés vivent en Irak, au Liban, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Yémen ainsi que dans les émirats du Golfe (au Bahreïn, les chiites sont majoritaires). Ils sont eux-mêmes divisés en plusieurs branches. Les chiites libanais se concentrent dans le sud du pays, en particulier dans la plaine de la Bekaa – région aride située entre deux montagnes. Bien que l’Iran compte le nombre le plus élevé de chiites dans le monde, l’Irak occupe une position centrale du point de vue politico-religieux, puisque le pays abrite les principaux lieux saints de l’islam chiite, où sont enterrés la plupart des imams (Nadjaf, Kerbala, Kazemeyn, Samarra).

Enfin, contrairement au sunnisme, le chiisme est doté d’un clergé hiérarchisé et transnational, les mollahs en formant la base et les grands ayatollahs le sommet.

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L’intelligence artificielle au cœur de la guerre

08. März 2026 um 15:41

L’intelligence artificielle (IA) change la manière de penser et de faire la guerre. De Gaza à Téhéran, l’IA est une pièce maîtresse de la guerre menée par les Israéliens et les Etats-Unis. Il s’agit là d’un phénomène caractéristique de l’évolution des moyens technologiques mobilisés dans les guerres modernes. Une nouvelle donne renforce le caractère asymétrique du rapport de forces entre les forces israélo-américaines et iraniennes. L’usage de l’IA pose aussi des questions juridiques et éthiques non négligeables.

 

L’IA : nouvelle arme

Le progrès technologique constitue un enjeu majeur pour les forces armées. Que ce soit sur les plans stratégique ou opérationnel, la puissance militaire s’apprécie à travers la maîtrise des nouveaux moyens technologiques (au cœur desquels se développe l’intelligence artificielle) : objets connectés, systèmes d’armes létales autonomes, robots et drones militaires (aériens, terrestres et marins) qui assurent des missions de surveillance ou de combat dans les zones de conflit… Si ces nouvelles technologies affectent la définition et la condition même du soldat (qui se trouve soit éloigné du champ de bataille, soit renforcé dans ses moyens offensifs), la nouvelle donne technologique soulève plusieurs enjeux éthiques, stratégiques ou juridiques.

 

L’IA : un défi pour le droit international

Le droit international est confronté à l’évolution de la pratique de la guerre et de ses vecteurs ou acteurs militaires. Du « soldat augmenté » (aux aptitudes renforcées grâce à des dispositifs matériels et immatériels issus des progrès des technosciences) aux drones (commandés à distance permettant de frapper des adversaires sans intervention humaine directe), l’intelligence artificielle a ouvert un nouveau champ des possibles.

Il n’empêche, l’innovation technologique que représente la robotisation des instruments de guerre pose des questions éthiques et juridiques. Si la diminution du nombre de soldats tués ou blessés constitue un progrès au regard de l’éthique de la guerre, des interrogations persistent sur les conséquences de l’usage des armes autonomes (autonomisation des systèmes d’armes) : le recours à la force (y compris illégal) ne risque-t-il pas d’être facilité ? Sur les théâtres d’opération, comment, en termes algorithmiques, distinguer un combattant d’un non-combattant ? Comment garantir une réaction proportionnée ? En cas d’« erreur de jugement » du robot/drone militaire, à qui sera imputable un tel acte ? L’IA exige un cadre juridique qui reste difficile à concevoir et à mettre en œuvre.

 

L’IA : la privatisation de la guerre

Les guerres ou situations conflictuelles sont un marché économique qu’ont investi les géants technologiques américains. Ces derniers ont conclu des contrats avec les appareils de défense des puissances étatiques. Des liens qui ne sont pas sans poser des problèmes de dépendance pour ces dernières, y compris lorsqu’il s’agit de la première puissance mondiale.

Ainsi, la société de la Tech, « Palantir », est très liée à l’armée américaine. Cette société d’analyse de données vend ses services au département de la Défense et permet par exemple d’évaluer des cibles potentielles en temps réel.

Il y a quelques jours, Donald Trump a décidé que l’IA « Claude » d’Anthropic ne devait plus être utilisée par le Pentagone et par les entreprises liées au secteur de la Défense. Or, cette décision est confrontée à une difficulté : l’IA « Claude » est au cœur du logiciel de Palantir, que le Pentagone mobilise pour réaliser ses opérations militaires au Moyen-Orient.

Un autre cas illustre la situation de dépendance stratégique dans laquelle un Etat peut se retrouver à l’égard d’un acteur privé dans la technologie. Ainsi, si au début de la guerre russo-ukrainienne, le réseau Starlink a contribué à la défense et aux contre-offensives ukrainiennes (pour les communications tactiques de terrain, les échanges avec les centres de commandement, la géolocalisation des cibles, l’envoi d’images prises par drones…), le changement de position d’Elon Musk a pesé sur les capacités militaires offensives de l’Ukraine, en septembre 2022, en ce sens où il a refusé d’activer le réseau de satellites de télécommunications Starlink, exploité par sa société SpaceX, au-dessus de zones situées dans la mer Noire et la péninsule de Crimée, occupée par la Russie depuis 2014. En agissant ainsi, le milliardaire a empêché une attaque de drones navals ukrainiens contre les navires de guerre russes, basés dans le port de Sébastopol…

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