Sahara occidental | Négociations à l’ambassade US à Madrid
La représentation permanente des États-Unis aux Nations Unies a indiqué des délégations de haut niveau des États-Unis et des Nations Unies ont facilité des discussions à Madrid, en Espagne, entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie concernant la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Sahara occidental.
Imed Bahri
Ces négociations se font sous la houlette de Massad Fares Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique du président américain Donald Trump et élément de taille -étant donné qu’avec Trump tout est une affaire de famille-, son fils Michael est marié à Tiffany, la fille du président avec sa deuxième épouse Marla Maples. Que le principal négociateur soit un proche du président américain ceci a toute son importance. Les Américains souhaitent un accord en mai 2026.
Le quotidien londonien arabophone Al Quds al Arabi a indiqué que la diplomatie américaine a été contrainte de prolonger jusqu’à lundi 9 février les négociations, initialement prévues pour la seule journée du dimanche 8 février. Washington souhaite un accord-cadre d’ici mai prochain afin de mettre fin au conflit et d’inaugurer une ère de coopération et de stabilité en Afrique du Nord.
Un black-out médiatique strict
L’ambassade des États-Unis à Madrid a accueilli dimanche le deuxième cycle de négociations entre les parties susmentionnées, faisant suite aux pourparlers tenus en Floride deux semaines auparavant, selon le quotidien espagnol El Confidencial, qui a révélé l’information.
Ces négociations étaient supervisées par Washington, représenté par Massad Boulos, et Michael Waltz, représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies, ainsi que par les Nations Unies représentées par l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental Staffan de Mistura. Les ministres des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, de l’Algérie, Ahmed Attaf, et de la Mauritanie, Mohamed Salem Ould Merzoug, dirigeaient leurs délégations respectives, tandis que la délégation du Front Polisario était conduite par Mohamed Yeslem Beissat.
La partie américaine impose un black-out médiatique strict sur les négociations, comme le rapporte El País.
Washington à la manœuvre
Cependant, quelques fuites ont émergé, dont certaines, selon El Confidencial, font état d’une proposition visant à établir un comité technique de haut niveau composé de représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario. Ce comité, assisté d’experts juridiques et autres spécialistes, opérerait sous la supervision de Washington et des Nations Unies et travaillerait à l’élaboration de la proposition d’autonomie soumise par le Maroc.
Cette proposition d’autonomie compte 40 pages. Washington avait précédemment estimé que le document d’autonomie nécessitait une révision afin de répondre aux exigences d’un système fédéral.
Cette évolution est considérée comme normale compte tenu des négociations en cours et du fait que le Maroc est conscient qu’il devra céder davantage de pouvoirs lors des négociations, d’autant plus que la proposition d’autodétermination n’est plus réaliste malgré l’insistance du Front Polisario sur ce point avec le soutien de l’Algérie.
Des sources proches du Front Polisario indiquent que celui-ci plaide en faveur du second plan de James Baker qui prévoit une autonomie de quelques années suivie de consultations avec la population sur l’avenir du Sahara. Toutefois, compte tenu de l’évolution actuelle de la situation, il sera difficile de miser sur une telle solution. La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée fin octobre, recommandait des négociations fondées sur la proposition d’autonomie marocaine, tout en restant ouverte à d’autres formules.
Une course contre la montre
L’enjeu principal est que Washington souhaite parvenir à un accord-cadre d’ici mai prochain, qui pourrait être signé à la Maison-Blanche sous l’égide du président américain Donald Trump et en présence des dirigeants des pays concernés : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario.
Des négociations complémentaires se tiendront aux États-Unis afin d’affiner et de développer la proposition d’autonomie, ce qui implique une course contre la montre pour parvenir à un accord entre toutes les parties. Ces négociations visent à mettre fin aux affrontements sporadiques dans le Sahara entre le Maroc et le Front Polisario, ce dernier lançant des attaques depuis l’extérieur du mur de sable.
Casuistique algérienne
L’Algérie a indiqué, vendredi 13 février, qu’elle participe aux négociations uniquement en qualité d’«observateur». Cette précision fait suite à ce que l’Algérie considère comme des «interprétations marocaines visant à inclure l’Algérie comme partie prenante au conflit».
Une source officielle algérienne a déclaré au journal électronique Tout sur l’Algérie que «la réalité est indéniable: le Royaume du Maroc négocie actuellement directement avec le Front Polisario concernant l’avenir du Sahara occidental», soulignant que «l’Algérie, comme la Mauritanie, n’a dans ces pourparlers qu’un rôle d’observateur, un rôle dicté par le statut de deux pays voisins».
La source a conclu qu’«un véritable règlement du conflit du Sahara occidental émergera inévitablement des deux parties du conflit et sera le fruit de négociations directes, semblables à celles qui sont actuellement en cours».
Comme le confirment les médias algériens, depuis le début du conflit, les autorités algériennes ont maintenu leur refus de s’impliquer directement dans tout processus de négociation, tout en soulignant ces dernières années «qu’elles accepteront la solution que les Sahraouis approuveront pour ce conflit qui dure depuis un demi-siècle».
Cependant, il n’échappe à personne que l’Algérie est très concernée par l’issue des négociations, qu’elle a donné son feu vert au Polisario pour qu’il y participe et qu’elle lui a sans doute aussi fixé les lignes à ne pas outrepasser.
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