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L’IA libère des heures… et supprime des emplois

09. Februar 2026 um 18:30

L’intelligence artificielle générative ouvre un champ inédit de gains de productivité dans les entreprises. En libérant du temps de travail, elle offre aux dirigeants une opportunité stratégique : engager un nouveau pacte social fondé sur le partage de ces gains, notamment à travers une réduction du temps de travail, sans perte de performance économique. C’est en quelques mots ce que révèle une tribune libre publiée récemment par Capital’.

On commence par un rappel des faits. Fin 2022, on a vu l’irruption de ChatGPT, et à partir de là, « l’usage de l’IA s’est largement diffusé dans le monde professionnel », indique-t-on. Tout ou presque y passe, de la prise de notes à l’aide à la décision, en passant l’analyse de données, la génération de contenus, « ces outils automatisent les tâches répétitives et accélèrent les processus ». Ce que confirme du reste le Baromètre européen de l’IA 2025 d’EY, selon lequel pas « près d’un Européen sur deux utilise déjà l’IA dans son activité professionnelle ».

Toutefois, au niveau mondial, on est loin du compte, car on estime que la majorité des entreprises en sont encore à des phases d’expérimentation. S’il en est ainsi, c’est parce que, comme l’indique une étude McKinsey publiée en novembre 2025, l’impact financier (de l’usage professionnel de l’IA) demeure limité au niveau des groupes (grands et moyens), et ce «… même si les ambitions sont fortes : innovation, satisfaction client et avantage concurrentiel », rapporte Capital.

Un autre facteur limite également la portée de l’utilisation de l’IA dans les entreprises : le manque de confiance. « Dans cette course à l’IA, les salariés sont souvent peu associés, alors même que la rapidité de la transformation alimente inquiétudes et perte de repères. Or, sans dialogue ni confiance, le changement peine à s’ancrer ».

Mais les 23 signataires de la tribune pensent que, bien déployée, l’IA peut générer des gains de temps considérables. C’est d’ailleurs ce que souligne un rapport de l’ONU qui évoque des tâches réalisées 12 à 56 % plus rapidement dans des domaines comme l’écriture, la programmation ou le service client. « Ces chiffres restent toutefois à nuancer : une IA mal intégrée peut produire des contenus à faible valeur ajoutée et désorganiser le travail », met en garde la Harvard Business Review. Autrement dit, le potentiel est réel, mais dépend étroitement des usages.

Face à ces gains, les entreprises disposent de plusieurs options : réduire les effectifs, réallouer le temps à de nouvelles missions, ou — plus rarement — en restituer une partie aux salariés. « C’est cette troisième voie qui apparaît aujourd’hui comme la plus porteuse, tant pour la performance durable que pour l’engagement des équipes ». Suivez notre regard… chers chefs d’entreprise tunisiens.

Dans cet ordre d’idées, la tribune publiée par Capital fait état d’« une crise profonde de l’engagement au travail » en France mais aussi en Europe. Ainsi, « en 2024, seuls 8 % des salariés se déclaraient pleinement engagés », révèle Gallup. « Dans ce contexte, le bouleversement des métiers par l’IA risque d’accentuer la perte de sens. Ouvrir un dialogue sur le partage des gains de productivité devient alors un levier majeur : mécénat de compétences, temps dédié à la formation, ou encore réduction du temps de travail ».

Toujours dans cet ordre d’idées, on considère qu’en Allemagne, 94 % des participants à des projets de réduction du temps de travail auraient constaté une amélioration significative de leur bien-être, sans impact négatif sur l’activité. Idem au Royaume-Uni, où 71 % des salariés ont observé une baisse de l’épuisement professionnel, et 90 % souhaitent conserver une organisation du travail allégée. « En France, une vingtaine d’entreprises expérimentent actuellement, avec le collectif 4jours.work, des formes de temps de travail réduites ».

Et Capital’ de conclure : « À l’heure où les entreprises définissent leurs stratégies d’IA, une certitude s’impose : la technologie ne peut produire ses effets positifs sans le collectif qui la met en œuvre. Associer les salariés au partage des gains de temps peut transformer la transition IA en un projet commun, porteur de sens, d’engagement et de bien-être ».

Voilà qui devrait être entendu, compris et appliqué par les chefs d’entreprise en Tunisie. Mais ne rêvons pas !

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