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Les déconcertantes gesticulations de Donald Trump

12. Januar 2026 um 17:42

A part le kidnapping du président Maduro et de sa femme, Trump a-t-il réalisé le moindre de ses objectifs au Venezuela ? A-t-il changé quoi que ce soit dans la structure et les caractéristiques du régime bolivarien mis en place en 1999 par Hugo Chavez et maintenu après lui par son successeur Nicolas Maduro ?

La réponse à ces questions est non, puisque, à l’exception de Maduro, tous les hauts responsables politiques, militaires et sécuritaires sont en place à Caracas. Mieux encore, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a ordonné l’arrestation de « traitres » soupçonnés d’avoir été « soudoyés par les Américains et facilité le kidnapping du président Maduro ».

Les négociations que mènent actuellement Delcy Rodrigez sont les mêmes qu’avait proposées Maduro à Trump et que celui-ci refusa. Ayant échoué à imposer un changement de régime comme cherchaient à le faire ses prédécesseurs durant un quart de siècle, Trump n’a guère le choix que de négocier avec les responsables restés fidèles au président kidnappé.

De son côté, la présidente par intérim est bien avisée de négocier avec son puissant voisin dans le but d’éviter au pays une nouvelle agression, de faire baisser la tension entre Washington et Caracas, de desserrer l’étau qui étouffe le pays et alléger le poids des sanctions qui le paralysent.

Ni l’armada et le porte-avions envoyés au large du Venezuela, ni le kidnapping du président légitime et de sa femme, moins encore les menaces adressées nommément à la présidente par intérim de « subir un sort pire que celui de Maduro, si elle ne se comporte pas correctement », n’ont donc changé quoique ce soit à la situation. Le peuple vénézuélien se montre toujours attaché au chavisme, malgré les difficultés économiques, et défiant vis-à-vis de l’impérialisme américain.

Trump et ses prédécesseurs font une fixation pathologique sur le Venezuela. Les nombreuses tentatives de changement de régime menées depuis 25 ans sont similaires à celles, plus nombreuses encore, menées depuis plus de 50 ans contre Cuba dans le but d’imposer un changement de régime.

 

Trump est convaincu que ces relations se sont distendues au point que « le Venezuela ne donne plus de pétrole à Cuba, ce qui va provoquer l’effondrement du régime »

 

Ce n’est un secret pour personne que les deux pays latino-américains entretiennent des liens politiques, économiques et sécuritaires très étroits. Plusieurs Cubains, chargés de la sécurité de Maduro ont été tués dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 pendant l’opération américaine de kidnapping.

Trump est convaincu que ces relations se sont distendues au point que « le Venezuela ne donne plus de pétrole à Cuba, ce qui va provoquer l’effondrement du régime »…

Peut-être le président américain prend-il ses désirs pour de la réalité. De janvier 1959, date de la prise du pouvoir par Fidel Castro, jusqu’à ce jour, Washington a fomenté des dizaines de complots et de tentatives de coup d’Etat pour renverser le régime mis en place par Fidel Castro. En vain.

Cuba a survécu à toutes ces tentatives de déstabilisation, au blocus, aux sanctions renouvelées annuellement depuis plus de six décennies et survécu surtout à l’effondrement de l’Union soviétique, son principal soutien.

 

Né à Cuba, Marco Rubio émigra aux Etats-Unis avec ses parents quand il était enfant. Mais voilà que Trump éclaire le monde avec une autre de ses lumineuses idées : envoyer son secrétaire d’Etat présider Cuba qu’il n’a plus revu depuis son enfance !

 

Or, Trump est non seulement certain que le pays va s’effondrer « très bientôt », mais il lui a même choisi un président en la personne de…son secrétaire d’Etat, Marco Rubio.

Né à Cuba, Marco Rubio émigra aux Etats-Unis avec ses parents quand il était enfant. Mais voilà que Trump éclaire le monde avec une autre de ses lumineuses idées : envoyer son secrétaire d’Etat présider Cuba qu’il n’a plus revu depuis son enfance !

Mais il risque d’ajourner ce grand projet trumpien, car il a déjà demandé au Pentagone de lui préparer « un plan d’action » pour l’annexion de la province danoise du Groenland. Comme disait l’ami George Galloway, « les décisions, les déclarations et les gesticulations de Trump font éclater de rire un cheval ».

Le monde entier se demande que faire pour arrêter ce président déchainé qui ne reconnaît aucune limite. Le New York Times, dans une interview réalisée à la Maison Blanche la semaine dernière, lui a posé précisément cette question : « Y a-t-il une limite à votre pouvoir ? » Sa réponse était : « Ma moralité. Mon propre esprit. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter ».

Visiblement, sa moralité et son propre esprit s’accommodent très bien avec le génocide et l’appropriation par la force de ce qui appartient aux autres. Les fondateurs de la République américaine et les rédacteurs de sa Constitution devraient se retourner dans leurs tombes.

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L’Amérique de Trump nous ramène deux siècles en arrière

05. Januar 2026 um 12:51

L’attaque-surprise a duré 45 minutes. Entre 2.00 et 2.45 du matin, des dizaines d’hélicoptères ‘’Blackhawk’’ ont bombardé Caracas, tué de nombreux militaires et civils, endommagé d’importantes infrastructures et réussi à enlever le président Maduro et sa femme, tirés de leur lit. Le président vénézuélien devrait comparaitre devant un tribunal new yorkais pour faire face aux charges dont l’accuse Donald Trump : « trafic de drogue et terrorisme ».

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a été chargée des fonctions de présidente par intérim. Sa première déclaration fut d’insister que Maduro est toujours le président légitime du Venezuela, et d’exiger sa libération et son retour dans son pays. Déclaration qui n’a pas plu au président kidnappeur qui, dans une rencontre avec la presse, l’a menacée en ces termes : « Si elle ne se comporte pas correctement, elle payera un prix très lourd, probablement plus lourd que Maduro. »

Il va sans dire que, dans l’esprit de Trump, « se comporter correctement », signifie faire ce qu’exige Washington; non ce qui est dans l’intérêt du peuple vénézuélien.

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis kidnappent un président en exercice et le jugent par un tribunal américain. En 1989, Bush père avait envoyé les forces spéciales de l’US Army au Panama pour enlever le président Manuel Noriega qui fut jugé et jeté en prison où il mourut.

Mais ce qu’a fait Trump le 3 janvier au Venezuela est autrement plus grave et plus complexe. Le kidnapping du président légitime d’un Etat souverain, que beaucoup qualifient d’ « acte de brigandage d’un pays fort contre un pays faible », s’explique pour deux raisons principales.

La première a trait au pétrole et aux richesses minières du Venezuela. Trump n’a pas fait mystère de sa volonté et de sa détermination de s’en emparer en renversant le régime de Maduro et de le remplacer par un autre qui servirait les intérêts de l’empire plutôt que ceux du peuple vénézuélien.

La seconde raison est de barrer la route de l’Amérique latine aux « pays ennemis », c’est-à-dire la Chine, la Russie et l’Iran qui ont établi des relations économiques et politiques très développées avec le Venezuela. En d’autres termes, « l’acte de brigandage » perpétré par Trump à Caracas est aussi un message à tous les pays d’Amérique latine : tout président latino-américain qui ose défier Washington en mettant les intérêts de son peuple au-dessus de ceux de l’empire, pourrait subir le même sort que Nicolas Maduro.

Les plus pessimistes n’ont pas imaginé pire début de l’année 2026 dont l’humanité entière a souhaité qu’elle soit un peu moins désastreuse que sa précédente. Que peut-on attendre d’une année qui commence par le coup de grâce au droit international, déjà fortement malmené par les prédécesseurs de Trump et leurs alliés fanatiques en Israël.

Ce qu’a fait Trump au Venezuela le 3 janvier nous ramène deux siècles en arrière quand les empires coloniaux pratiquaient la politique de la canonnière pour piller les richesses des pays qui n’avaient pas la capacité de se défendre.

Il n’y a pas beaucoup de différence entre ce que faisaient il y a deux siècles la France en Algérie et la Grande Bretagne en Inde et ce que fait aujourd’hui l’Amérique de Trump. Celles-là avaient occupé militairement et dominé politiquement les pays à piller, et celle-ci, échaudée par ses aventures catastrophiques au Vietnam, en Irak et ailleurs, cherche à imposer un régime local qui tournerait le dos à son peuple et ouvrirait le Venezuela au pillage.

Le drame est que, face à des développements de grande gravité pour la stabilité mondiale, les réactions se limitent à des condamnations verbales ou, comme en Europe, à un silence embarrassant. Sans parler de la presse des deux côtés de l’Atlantique qui traite un événement majeur comme un simple fait divers.

Imaginons un instant que Poutine a envoyé ses hélicoptères à Kiev et a ramené Zelensky pour le juger à Moscou pour terrorisme, ou la Chine a kidnappé le président taiwanais, Lai Ching-Te, pour le juger à Pékin pour trahison. Dans quel degré d’ébullition serait le monde aujourd’hui ? L’Amérique et l’Europe auraient mis la planète sens dessus-dessous, brandissant évidemment les grands principes de la morale, de la démocratie, de la liberté, de la souveraineté et autres balivernes qui sonnent comme de sinistres plaisanteries au vu de l’état dans lequel se trouve le droit international aujourd’hui.

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