La justice a mis un terme aux poursuites pénales engagées contre Abderrahmane Tlili, ancien président-directeur général de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), et ce en application de la loi relative à la réconciliation administrative.
Cette décision a été prise par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis, annonce Mosaïque.
Auparavant, la chambre d’accusation compétente en matière de corruption financière auprès de la cour d’appel avait ordonné le renvoi du prévenu devant la chambre criminelle pour répondre de deux affaires relatives à des soupçons de corruption financière et administrative, en lien avec l’ancien président Feu Zine El Abidine Ben Ali.
À l’issue des délibérations, la chambre a donc décidé l’arrêt définitif des poursuites à l’encontre de Tlili, conformément aux dispositions de la loi sur la réconciliation administrative, et a classé l’affaire concernant Ben Ali en raison de son décès.
Fils du syndicaliste Ahmed Tlili, Abderrahmane Tlili est un homme politique et un homme d’affaires. Membre du Néo-Destour, parti au pouvoir sous Bourguiba, il fonde, en novembre 1988, à la demande du pouvoir, l’Union démocratique unioniste (UDU), un parti de décor démocratique, dont il devient secrétaire général et qu’il dirigera jusqu’à ses embrouilles avec Ben Ali, en 2003.
Commis de l’Etat, il a dirigé l’Office national de l’huile (ONH) pendant 11 ans, la Société de transport pétrolier saharien de 1991 à 1995, la Compagnie franco-tunisienne de pétrole de 1995 à 1996 et des sociétés pétrolières publiques jusqu’en 2000, quand il devient le Pdg de l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), avant d’être mis à la retraite en 2003 et agressé en pleine rue par des sbires de Ben Ali, dont il était très proche. Un audit interne ordonné par son successeur conclut à des abus «dans d’importants marchés avec certains fournisseurs» et aboutit à des poursuites judiciaires. On lui reproche l’octroi illégal de marchés pour des travaux d’aménagement dans trois aéroports tunisiens en 2001, et ce au détriment de la société française Sodica.
Il restera en prison jusqu’à la chute de Ben Ali et sera libéré le 17 janvier 2011.
I. B.
L’article Arrêt des poursuites pénales contre Abderrahmane Tlili est apparu en premier sur Kapitalis.