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ECLAIRAGES – Le dollar et la guerre commerciale de Trump, une stratégie à double tranchant et ses implications pour l’économie tunisienne

03. April 2025 um 04:30

La guerre commerciale lancée par l’administration Trump contre le reste du monde a suscité des débats passionnés sur les conséquences d’une telle politique. Le dollar américain, en tant que monnaie de référence mondiale, joue un rôle central dans cette dynamique.

Toutefois, la stratégie adoptée par le président américain pourrait créer des effets boomerangs, nuisant non seulement aux partenaires commerciaux, mais également aux États-Unis eux-mêmes.

Et les implications de cette guerre commerciale sur l’économie tunisienne méritent une attention particulière.

La guerre des changes : un contexte historique

La guerre des changes est une dynamique où les pays s’efforcent de dévaluer leur monnaie pour rendre leurs exportations plus compétitives. Cette pratique, bien que tentante, a souvent des côtés sombres.

Dans les années 1930, des dépréciations successives ont engendré une spirale de récessions économiques, où aucun pays n’est réellement sorti gagnant. En ce sens, la guerre commerciale de Trump pourrait être vue comme un retour à des pratiques économiques désuètes, où l’absence de coopération internationale peut mener à un isolement économique.

Dans le contexte actuel, la Chine a souvent été accusée de manipuler sa monnaie pour favoriser ses exportations. Cela a conduit à des tensions croissantes, où les États-Unis, sous la direction de Trump, semblent vouloir appliquer des mesures de réciprocité, augmentant les droits de douane tout en appelant à une dépréciation significative du dollar.

 

L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.

 

Le dollar, arme monétaire

Sous l’influence de Stephen Miran, conseiller économique clé, Trump a fait le choix d’utiliser le dollar non seulement comme une monnaie d’échange, mais comme une arme dans la guerre commerciale.

L’idée est claire : en rendant le dollar moins fort, les exportations américaines gagneraient en compétitivité. Cependant, cette approche présente des risques considérables.

La dépréciation du dollar, couplée à des droits de douane élevés, pourrait provoquer une augmentation des prix à la consommation. Les produits importés deviendraient plus coûteux, ce qui générerait une inflation qui pourrait rapidement se transformer en une crise économique.

La crainte d’une inflation galopante pourrait également susciter des tensions sociales croissantes, notamment dans un climat politique déjà polarisé.

En outre, l’anticipation d’une dépréciation du dollar pourrait dissuader les investisseurs étrangers d’acheter des actifs libellés en dollars, mettant ainsi en péril la capacité des États-Unis à financer leurs déficits.

Une stratégie autodestructrice ?

L’approche protectionniste de Trump pourrait donc s’avérer contre-productive, tant sur le plan économique que politique. En effet, la hausse des prix due à l’inflation pourrait nuire à la classe moyenne américaine, réduisant ainsi le pouvoir d’achat et provoquant une montée des tensions sociales.

 

De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.

 

Cette situation pourrait se retourner contre l’administration, surtout à l’approche des élections de mi-mandat de 2026, où l’insatisfaction populaire pourrait se traduire par des pertes électorales.

De plus, les déficits jumeaux des États-Unis – le déficit commercial et le déficit budgétaire – posent un défi majeur. Le financement des déficits dépend largement des investissements étrangers.

Les investisseurs craignent une dépréciation du dollar, ils pourraient choisir de diversifier leurs portefeuilles en se tournant vers d’autres devises, comme l’euro ou le yuan. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt pour compenser le risque accru, annihilant ainsi les gains de compétitivité escomptés par la dépréciation du dollar.

L’impact sur l’économie tunisienne?

Les répercussions de cette stratégie ne se limitent pas aux frontières américaines. Pour la Tunisie qui dépend fortement des exportations et des investissements étrangers, les implications pourraient être significatives.

Théoriquement, une dépréciation du dollar pourrait offrir une opportunité pour les exportations tunisiennes, rendant les produits tunisiens plus attractifs sur le marché américain. Cependant, la réalité est plus nuancée.

Une inflation accrue aux États-Unis pourrait entraîner une réduction de la demande pour les biens importés, y compris ceux en provenance de Tunisie. Les consommateurs américains, confrontés à des prix en hausse, pourraient réduire leurs dépenses, affectant ainsi les exportations tunisiennes.

De plus, l’incertitude économique liée à la guerre commerciale pourrait rendre les investisseurs étrangers plus prudents, entraînant une baisse des investissements directs étrangers en Tunisie, ce qui pourrait freiner la croissance économique du pays.

En outre, la nécessité de diversifier les marchés d’exportation devient encore plus pressante pour la Tunisie. En réponse à la guerre commerciale américaine, le pays pourrait envisager de renforcer ses liens commerciaux avec d’autres régions, notamment l’Union européenne et les pays d’Afrique, afin de réduire sa dépendance à l’égard du marché américain.

 

Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.

 

En définitive, la guerre commerciale menée par l’administration Trump, centrée sur une dépréciation stratégique du dollar, soulève des questions sur la viabilité de cette approche à court et à long terme.

Tandis que les États-Unis tentent de protéger leur marché intérieur, ils s’exposent à des conséquences économiques indésirables qui pourraient nuire à leur position sur la scène mondiale.

Pour la Tunisie, ces développements soulignent la nécessité d’une stratégie économique adaptative et résiliente. Face à une instabilité mondiale croissante, les décideurs tunisiens doivent naviguer avec précaution, en cherchant à diversifier les partenariats commerciaux et en renforçant la position du pays dans un environnement économique incertain.

La coopération internationale et la planification stratégique seront essentielles pour atténuer les impacts négatifs de la guerre commerciale sur l’économie du pays.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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ECLAIRAGES – Taux d’intérêt et l’illusion de relance : Quelques enseignements après la baisse du taux directeur de la BCT

28. März 2025 um 13:14

La récente décision de la Banque centrale de Tunisie de réduire son taux d’intérêt directeur de 50 points de base pour le porter à 7,50% soulève d’importantes réflexions sur l’économie tunisienne et sur les mécanismes de financement d’une économie en transition. Les taux d’intérêt, en tant que baromètres de la santé économique, jouent un rôle déterminant dans l’allocation du capital, la consommation et l’investissement.

L’impact des taux d’intérêt sur l’économie

Les taux d’intérêt influencent directement les décisions d’emprunt et d’épargne. Un taux d’intérêt plus bas peut inciter les entreprises à emprunter davantage pour financer leurs projets, stimulant ainsi l’activité économique. Par exemple, si une entreprise tunisienne emprunte 100 000 dinars à un taux d’intérêt de 7,50% pour investir dans l’achat de nouveaux équipements, elle peut espérer une augmentation de sa productivité et, par conséquent, de ses bénéfices. Cependant, cette dynamique doit être examinée à la lumière de la durabilité de cette croissance.

L’équilibre entre épargne et consommation

La théorie économique souligne que l’épargne est un pilier fondamental du développement économique. Lorsque les Tunisiens épargnent, les banques disposent de plus de capitaux à prêter, ce qui peut entraîner une baisse des taux d’intérêt à long terme. Cela favorise alors les investissements dans des projets à fort potentiel. Cependant, dans un contexte où la culture de l’épargne est moins ancrée, une réduction artificielle des taux d’intérêt peut provoquer des comportements de consommation hâtifs au détriment de l’investissement productif.

Le danger de l’inflation monétaire

Il est important de faire la distinction entre une baisse naturelle des taux d’intérêt résultant d’une augmentation de l’épargne (offre de fonds prêtables à long termes) et une baisse provoquée par une expansion monétaire excessive (offre de liquidités monétaires à court terme). Si la Banque centrale, en réponse à des pressions économiques, augmente la masse monétaire sans une réelle augmentation de la production de biens et services, cela peut entraîner des effets inflationnistes, via à des tensions sur les capacités de production et sur les couts, d’où une hausse des prix. Les entreprises pourraient être incitées à investir dans des projets peu rentables, car le coût de l’emprunt semble faible. Cela peut donner l’illusion d’une prospérité immédiate tout en posant les germes d’une crise économique future.

Les cycles économiques et la réalité de l’illusion de prospérité

Dans une économie en croissance, les taux d’intérêt jouent le rôle de signal. Lorsque ces signaux sont déformés par des politiques monétaires trop accommodantes, il en résulte souvent des cycles de boom et de récession. En Tunisie, cela pourrait se traduire par une surabondance de projets d’infrastructure ou d’investissements dans des secteurs sans demande réelle et/ou immédiate, menant à une situation où, à terme, les entreprises ne pourront pas écouler leurs produits ou services, provoquant des faillites et un chômage accru.

L’importance de l’investissement productif

Pour éviter cette illusion de prospérité, il est primordial que les décideurs politiques et économiques en Tunisie mettent l’accent sur des investissements productifs. Ce qui implique l’amélioration du climat des affaires pour inciter à l’innovation, à la formation et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Aussi, la réduction du taux d’intérêt doit être accompagnée de mesures visant à renforcer la confiance des investisseurs (producteurs) et des consommateurs/épargnants (rationnels), tout en favorisant une véritable éthique d’épargne/investissement. 

En définitive, la réduction du taux d’intérêt directeur à 7,50% en Tunisie peut fournir un coup de pouce temporaire à l’économie. Cependant, les conséquences à long terme dépendent d’une gestion prudente de la politique monétaire et de la promotion d’une culture de l’épargne et de l’investissement. Sans cela, la transition risque de tomber dans le piège d’une reprise économique illusoire, qui pourrait mener à l’instabilité et à la récession. Les leçons de l’histoire économique montrent que la prospérité durable repose sur des paradigmes solides, et non sur des artifices financiers.

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A lire notre contribution sur L’Economiste maghrébin, numéro 917 – 

« LA BAISSE DU TAUX DIRECTEUR– LA MAUVAISE BONNE NOUVELLE ».

 

 

 

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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