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Iran : les conseillers de Trump redoutent une guerre prolongée

10. September 2026 um 11:11

Alors que Donald Trump assure publiquement que la guerre contre l’Iran prendra fin immédiatement après les élections américaines de mi-mandat, plusieurs de ses principaux conseillers redoutent en privé un scénario beaucoup plus long.

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’apprête à franchir le cap des sept mois, bien au-delà de l’objectif initial fixé par Donald Trump: six semaines. Selon le Wall Street Journal, cité par Reuters, le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et d’autres hauts responsables ont discuté avec Trump de l’hypothèse d’une poursuite du conflit au-delà du 20 janvier 2029, date prévue pour l’investiture du prochain président américain.

Ces évaluations reposeraient notamment sur la capacité de Téhéran à continuer de résister à la pression américaine malgré les sanctions, le blocus naval et les opérations militaires.

Le président américain continue pourtant d’afficher sa confiance dans une résolution rapide du conflit. Mercredi 9 septembre, Donald Trump a déclaré que la guerre devrait se terminer « immédiatement après » les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre 2026.

Selon lui, l’Iran chercherait à prolonger le conflit afin d’influencer le scrutin américain, mais ne disposerait plus des moyens de résister durablement à la pression exercée par Washington. Trump a également reconnu que des négociations restaient possibles, tout en précisant qu’elles ne constituaient pas actuellement la voie privilégiée par son administration. Cette position contraste donc fortement avec les évaluations rapportées par le Wall Street Journal.

Le facteur électoral

La durée du conflit est devenue un enjeu politique majeur pour Donald Trump et le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat. La hausse des prix de l’essence et du diesel, directement liée aux perturbations provoquées par le conflit et aux tensions autour du détroit d’Ormuz, pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des Américains. Le Brent a ainsi dépassé 100 dollars le baril cette semaine, pour la première fois depuis juillet.

Cette situation complique la position de la Maison Blanche : prolonger la guerre risque d’alimenter le mécontentement électoral, tandis qu’une sortie précipitée du conflit pourrait être présentée comme un recul stratégique.

Le contrôle et la sécurisation du détroit d’Ormuz constituent désormais l’un des principaux points de confrontation. L’Iran a récemment attaqué plusieurs navires dans la région, tandis que les États-Unis ont intensifié leurs opérations navales et détruit plusieurs pétroliers iraniens. Ces affrontements ont fortement réduit les flux d’hydrocarbures transitant par cette voie maritime stratégique.

Le risque d’une crise durable dépasse ainsi largement le cadre militaire. Une perturbation prolongée du trafic dans le Golfe pourrait maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés, alimenter l’inflation mondiale et compliquer les décisions des grandes banques centrales.

Le spectre d’une « guerre sans fin »

Cette perspective inquiète également d’anciens responsables américains. A l’instar de l’ancien secrétaire à la Défense, Leon Panetta, qui estime que le conflit pourrait se prolonger d’au moins six mois et risquer de devenir une nouvelle « guerre sans fin » au Moyen-Orient, comparable par certains aspects aux interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

Le problème stratégique de Washington est donc de plus en plus évident : la pression économique et militaire n’a pas encore contraint Téhéran à accepter les conditions américaines, tandis que les deux camps semblent disposer de suffisamment de ressources pour maintenir une confrontation prolongée.

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