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Crise en Iran : Pékin redoute la chute d’un allié stratégique au Moyen-Orient

17. Januar 2026 um 10:53

La Chine considère l’Iran comme un pays stratégique, notamment sur le plan énergétique. Toutefois, elle réserve au régime des mollahs un soutien plutôt « calculé ».

 

Nouveau coup dur pour Pékin. D’abord, le renversement par les États-Unis de l’homme fort vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié majeur de l’Empire du Milieu en Amérique, qui était en plus le principal acheteur du pétrole vénézuélien dont la Chine importait  des volumes très importants, notamment autour de 400 000 à 660 000 barils par jour fin 2025 ; obligeant le géant chinois à revoir complètement ses ambitions dans une région qui ressemble à nouveau à l’arrière-cour de Washington.

Diktat américain

Ensuite, la décision prise par Donald Trump, le 12 janvier, d’imposer « immédiatement » et « définitivement » des droits de douane de 25% contre tout pays commerçant avec Téhéran. « Tout pays faisant des affaires avec la République islamique d’Iran paiera un droit de douane de 25% sur toute et chaque activité commerciale avec les États-Unis d’Amérique. Cet ordre est définitif et non révisable », a déclaré le président américain.

Il est évident que le milliardaire républicain cible, sans la nommer, la deuxième puissance mondiale, laquelle est également le premier acheteur du pétrole iranien et principal partenaire commercial de ce pays.

Mais, il n’y a pas que la Chine qui est visée par les sanctions américaines. Les partenaires commerciaux de l’Iran sont nombreux, et incluent de grandes économies comme l’Inde et la Turquie. Sans oublier les pays d’Asie centrale qui commercent également avec l’Iran.

Ainsi, en 2024, le volume des échanges commerciaux de l’Iran avec le Kazakhstan s’est élevé à 340 millions de dollars, avec le Kirghizistan à 58,5 millions de dollars, avec le Tadjikistan à 377,7 millions de dollars, avec le Turkménistan à environ 600 millions de dollars, et avec l’Ouzbékistan à près de 500 millions de dollars.

En 2025, les pays de la région se sont mis d’accord avec l’Iran pour porter leurs échanges commerciaux à 2-3 milliards de dollars dans un avenir proche. En particulier, à l’issue du Forum d’affaires ouzbéko-iranien de mai, les représentants des deux pays ont conclu des accords pour un montant d’un milliard de dollars.

Cela étant, la Chine est le plus grand acheteur mondial de pétrole iranien et son principal partenaire commercial. Pékin achète 90% du pétrole exporté par l’Iran, en moyenne 1,38 million de barils par jour en 2025. Un pétrole d’abord de bonne qualité et surtout moins cher, ce qui permet à Pékin de faire, chaque année, des milliards d’euros d’économies.

Partenariat stratégique

D’autre part, et sur le plan géostratégique, l’Iran reste une pièce majeure des vieilles routes maritimes et terrestres de la soie et des épices. Avec des villes comme Nishapur, Rey (Téhéran), Hamadan et Tabriz, l’ancienne Perse a toujours été un point central reliant l’Asie centrale à l’Irak, la Turquie et l’Europe.

Ainsi, la République islamique s’impose comme un maillon stratégique du vaste projet lancé par Xi Jinping pour relier la Chine à l’Europe, à l’Afrique et au Moyen-Orient.

La raison première tient à la géographie. Situé à la croisée de l’Asie centrale, du Caucase, du Golfe et de l’Asie du Sud, l’Iran constitue un passage naturel entre l’Est et l’Ouest. Pour Pékin, ce positionnement permet de développer des corridors terrestres alternatifs aux routes maritimes traditionnelles, souvent longues, coûteuses et exposées aux tensions géopolitiques, notamment au niveau du canal de Suez ou du détroit de Malacca.

L’Iran est également un nœud logistique clé. Il s’insère dans plusieurs axes de transport majeurs reliant la Chine à l’Europe et à la Russie, ainsi qu’au sous-continent indien. Le développement de liaisons ferroviaires et routières à travers le territoire iranien réduit les délais de transit et renforce la résilience du commerce eurasiatique voulu par Pékin.

Enfin, l’Iran offre à la Chine un levier géopolitique au Moyen-Orient. En approfondissant son partenariat avec Téhéran, Pékin étend son influence dans une région stratégique, tout en affichant une alternative diplomatique aux puissances occidentales.

Au final, il n’est pas question pour l’Empire du Milieu de renoncer à ses relations stratégiques avec l’Iran en dépit de possibles droits de douane américains. D’ailleurs, les menaces commerciales de Donald Trump ne font plus vraiment peur en Chine. En 2025, après des mois de bras de fer, Donald Trump avait finalement fait profil bas en acceptant un accord commercial avec la Chine.

Pour autant, même si l’Iran demeure au cœur de leurs intérêts nationaux, il est peu probable que les dirigeants chinois, connus pour leur pragmatisme et leur sens de la mesure, aillent au conflit avec les États-Unis rien que pour les beaux yeux des mollahs.

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