TRIBUNE – Vers un nouveau modèle de développement : pour une résilience territoriale en Tunisie
Les députés de l’ARP viennent d’adopter le projet de loi relatif au plan de développement 2026 -2030. Ladite loi a franchi la barrière parlementaire avec moins de 40 % des voix. Car bon nombre des députés ont délibérément boudé la séance plénière. Et ce, pour décrier entre autres le délai de trois jours consenti au Parlement pour l’adopter et le manque d’un véritable débat national à ce sujet.
Un plan de développement controversé
Bien que le gouvernement eût annoncé un style inédit de gouvernance dans l’élaboration de ce plan de développement, par l’adoption d’une approche ascendante (bottom-up) en rupture avec les anciens plans, qui étaient la chasse gardée des ministères centraux, les critiques fusent de toutes parts. Puisque pas même les propositions des conseils locaux, régionaux et des conseils des régions, pourtant créés essentiellement pour ce dessein, n’ont été prises en considération, dit-on.
Le texte de loi comporte indéniablement des nouveautés intéressantes, du moins sur le plan des orientations adoptées et des intentions déclarées. On verra bien par la suite ce qu’il en adviendra réellement au niveau de l’exécution. On citera en exemple : la résilience économique, la cohésion sociale, la réduction des disparités territoriales, le développement équilibré et la résistance aux chocs internationaux. Le texte promet aussi l’amélioration de la compétitivité, le soutien à l’innovation, l’encouragement des investissements à forte valeur ajoutée, etc.
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Les changements profonds renvoyés aux calendes grecques
Ces bonnes résolutions sont dignes d’intérêt, mais elles restent limitées car gouvernées par la logique de l’ancien paradigme d’un modèle classique d’économie mixte. Autrement dit : on ne passe pas réellement d’un modèle économique à un autre, comme l’ont fait la Corée du Sud dans les années 1960, l’Irlande dans les années 1990 ou le Rwanda récemment pour sortir de la crise et réaliser leurs essors économiques fulgurants. Or, ceci va visiblement à l’encontre de l’avis des experts de tous bords, qui s’accordent sur le fait que le modèle économique tunisien a fait long feu et qu’il est arrivé depuis bien des années à un essoufflement structurel. Ce modèle, qui est de toute évidence un business à perte, est basé sur une forte dépendance de l’export des ressources naturelles en vrac et des produits agricoles non ou peu valorisés, au tourisme de masse « low-cost » et une industrialisation manufacturière extravertie « offshore » à faible valeur ajoutée, qui tire sa raison d’être des faibles coûts salariaux, rendus possibles à coups de subventions pour l’ajustement du niveau de vie du citoyen et qui paradoxalement profitent in fine aux riches locaux et même aux touristes étrangers plus qu’aux couches vulnérables de la société. Continuer dans la même lancée s’apparenterait donc à essayer de traire une vache de réforme pour lui extraire du sang plutôt que du lait.
Bref, un cas d’école de l’ordre postcolonial qui permet au centre de continuer à dilapider la périphérie de ses ressources, nonobstant les dégâts qu’il lui fait subir.
Un modèle économique dépassé et un paradigme révolu du rôle de l’état, c’est là que le bât blesse
Après l’indépendance, la Tunisie de l’ère de Bourguiba avait construit un modèle assez dirigiste : État interventionniste, entreprises publiques nombreuses généralement en position de monopole, subventions généralisées, gratuité de nombreux services publics, etc. Ce modèle a bien tenu jusqu’à 1980, mais depuis l’entrée en vigueur des réformes structurelles suite à la crise conjoncturelle de 1986, l’État a abandonné progressivement, par petites doses mais jamais totalement, son rôle d’État providence. Depuis 2011, et surtout depuis 2020-2023, le système social hérité (subventions gaspillées, entreprises publiques déficitaires, caisses sociales en difficulté, etc.) devient budgétairement insoutenable, mais l’État hésite à l’abandonner formellement, d’où les tensions actuelles qu’on observe avec la STEG, la SONEDE, TUNISAIR, STIR, … et j’en passe. L’État qui n’arrive plus à assumer le coût réel de son rôle social, ne se résout pas non plus à renoncer formellement à ce rôle. Ce qui contraint les pouvoirs publics à des élucubrations parfois difficilement intelligibles pour pouvoir gérer ce grand-écart au quotidien.
Les entreprises publiques un gouffre abyssal sans fond
Pour emprunter une image de l’actualité sportive, les entreprises publiques s’apparenteraient aujourd’hui à une équipe de foot qui joue seule sur le terrain pendant des décennies sans jamais être confrontée à des adversaires et qui arrive à réaliser l’impensable, c’est-à-dire finir le championnat avec une défaite cuisante…
Analyser la situation actuelle surtout des grandes entreprises publiques révélera un spectacle de désolation à même de vous donner le froid dans le dos. Les entreprises publiques qui étaient destinées à être le moteur de l’économie et à créer de la richesse pour renflouer les caisses de l’État sont aujourd’hui un lourd fardeau dans un contexte de finances publiques tunisiennes déjà tendues voire dans un état critique.
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STEG (électricité/gaz)
Endettement de 7,356 milliards de dinars au 23 juin 2026, avec des créances impayées de 6,061 milliards de dinars auprès de clients publics et privés, à cause d’une déficience structurelle puisque le prix de vente moyen de l’électricité (290,7 millimes/kWh en 2025) ne couvre pas le coût réel de production (456,3 millimes), même déséquilibre pour le gaz. Plus de 95 % de l’électricité tunisienne dépend du gaz naturel, exposant l’entreprise aux fluctuations pétrolières et du dinar. Les pertes du réseau STEG techniques et commerciales sont évaluées à (19 %) en comparaison avec la France (6 %), l’Allemagne (5 %) et Singapour avec la meilleure performance mondiale (2 %).
SONEDE (eau)
Impayés atteignant 860 millions de dinars fin 2024, dont plus de 50 % dus par des établissements et entreprises publics, un problème de créances croisées entre les entités de l’État plutôt qu’un simple déficit d’exploitation. Les pertes du réseau SONEDE s’élèvent à plus de (50 %). Alors que la banque mondiale parle d’un seuil tolérable, qui doit rester nettement en deçà de (25 %). Ce qui dépasse de loin la meilleure performance mondiale tenue encore une fois par Singapour (7.2 %).
STIR (raffinage)
Interruptions intempestives et prolongées de la production et difficultés récurrentes de conformité des produits aux normes à cause d’un outil de production vétuste, des programmes d’investissement non réalisés et des réformes en suspens, une détérioration financière (endettement chronique, crise de liquidités, dépendance aux subventions publiques, difficultés de recouvrement des créances auprès d’autres opérateurs publics, etc…) surtout depuis que la STIR s’est vu confier l’importation des produits pétroliers. Aujourd’hui la STIR importe plus qu’elle raffine, un rôle qui la contraint à absorber les écarts entre prix mondiaux et prix subventionnés localement. Ce qui la rend de plus en plus vulnérable aux chocs pétroliers internationaux.
TUNISAIR (transport aérien) Dette financière de 2 600 millions de dinars et un passif qui coupe la compagnie d’un accès normal aux financements à court terme, au point que le ministre du Transport la qualifie de « non bancable ». Ce qui aggrave davantage la situation, c’est que les états financiers 2023, 2024 et 2025 n’ont pas encore été validés, rendant tout pilotage financier aveugle. La flotte est réduite à 12 appareils exploitables (minimum 21 pour un break-even), avec Tunisair Express en déficit structurel encore plus marqué. Tunisair qui était le fleuron des entreprises publiques, se classe désormais 114ᵉ sur 117 et se place ainsi dans le top 5 des compagnies aériennes les moins cotées à l’échelle mondiale.
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Un même schéma se répète dans la quasi-totalité des entreprises publiques :
- Modèle structurellement déficitaire;
- Tarifs administrés en dessous des coûts réels;
- Mission de service public non compensée intégralement par l’État avec des créances publiques croisées non apurées;
- Sous-investissement chronique dans la modernisation;
- Mauvaise gouvernance, corruption, sureffectifs, caïd syndicaux qui règnent en maître et bloquent toute réforme qui risque de porter atteinte à leurs privilèges, etc.
- Qualité dégradée des services et des produits;
- Incapacité accrue de garantir l’approvisionnement continue du marché et adoption implicite d’une nouvelle mission de gestion de la pénurie;
- Vétusté de l’outil de production par absence, insuffisance ou inadéquation de l’investissement dans la maintenance et la modernisation;
- Incapacité de recouvrement des créances;
- Incapacité des clients aussi bien individuels qu’institutionnels privés et publics à payer leurs factures à cause de la dégringolade du pouvoir d’achat et la flambée des tarifs en particulier après l’instauration en 2016, du mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers.
On se retrouve devant une situation grotesque où le citoyen tunisien n’arrive plus à payer ses factures à cause de son faible pouvoir d’achat alors que les entreprises publiques sont difficulté existentielle d’une part parce les prix administrés n’arrivent pas à couvrir le coût de production et que l’État n’arrive plus à verser les subventions pour couvrir ce gap et d’autre part parce qu’elles peinent à recouvrir leurs créances auprès des clients.
Le contrat-programme 2024-2028 signé entre l’État et la STEG (financements Banque mondiale à l’appui) illustre la méthode retenue : garanties souveraines pour des prêts extérieurs, conditionnées à des réformes structurelles. Ce qui tire tout le pays dans le piège de l’endettement extérieur et obligera les pouvoir publics, tôt ou tard, bon gré mal gré, à privatiser ses « joyaux de la couronne » à prix cassés et à livrer ainsi les besoins essentiels du citoyen à la cupidité du capital étranger.
Les contractions douloureuses de l’accouchement d’un nouvel ordre mondial
Dans un monde densément intriqué à plus d’une dimension et à plus d’un niveau, les malheurs qui nous arrivent, ne dépendent certainement pas uniquement de nos errances. En effet, depuis des années déjà, nôtre monde passe par une période transitoire complexe et fortement turbulente, engendrée par des changements majeurs et simultanés, jusque-là sans précédents dans l’histoire de l’humanité :
- Transition géopolitique entre une puissance hégémonique en déclin « USA/Occident » et une puissance qui a le vent en poupe (Chine/Brics) et qui aspire à détrôner la première avec les dommages collatéraux occasionnés par des passes d’armes qui déferlent les chroniques (Ukraine, Iran, Yémen, Gaza, Venezuela, etc.) et qui présagent l’Armageddon biblique. Puisqu’à tout moment, ces « accrochages » limités peuvent dégénérer en une troisième guerre mondiale, nécessairement nucléaire, une fois que le piège de Thucydide se serait refermé et que les titans s’affrontent directement.
- Cataclysme financier attendu, une fois que le Dollar américain se serait définitivement effondré sous le poids de la dette souveraine américaine, qui a atteint le chiffre astronomique de 40 Trillions USD, soit 134% du PIB du pays. De sorte qu’il n’arrive plus à se maintenir en tant que monnaie hégémonique de référence et comme devise dominante des réserves de change et des échanges commerciaux à l’échelle mondiale.
- Changement climatique et montée fulgurante en fréquence et en intensité des catastrophes naturelles (sécheresses, inondations, incendies, etc.). Ce qui risque de mettre en péril ou du moins en grandes difficultés la civilisation dans sa forme actuelle, voire carrément la vie sur terre.
- Instabilité énergétique engendrée par des ruptures d’approvisionnement et par la volatilité des prix des carburants conventionnels.
- Crise attendue d’alimentation à l’échelle mondiale comme conséquence de la crise énergétique puisque l’ammoniac est à la base des engrais chimiques et puisque le gaz naturel est à la base d’ammoniac, à hauteur de 75 % à l’échelle mondiale.
- Transition énergétique vers les énergies renouvelables et la décarbonation de l’économie mondiale. Ce qui ne va pas seulement chambouler l’industrie et le commerce, mais aussi le mode de vie de chaque citoyen lambda.
- L’émergence de l’IA, devenue, en combinaison avec les cyber-attaques, l’ingénierie de la conscience et la manipulation des masses, une arme redoutable de guerre non conventionnelle, et qui va sans doute creuser davantage la fracture numérique non seulement entre les États, mais aussi entre les citoyens d’une même société.
- Montée en puissance des crises sanitaires majeures, déclenchées par des épidémies mais pouvant se développer rapidement en pandémies, compte-tenu de la grande mobilité qui caractérise notre ère, (avec la possibilité de l’usage des épidémies, comme acte de guerre nouvelle génération, non exclue) : VIH/SIDA (les années 1980); SRAS (2002-2003); Grippe H1N1 « grippe porcine » (2009-2010); Ebola (2014-2016); Zika (2015-2016); COVID-19 (2020-2022), etc.
Pour toutes ces raisons la tendance à l’échelle mondiale s’éloigne progressivement du paradigme « croissance avant tout », vers « croissance + résilience + cohésion ».
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Centralisation vs décentralisation
Exprimé d’une façon lapidaire, le modèle centralisé qui régit nôtre économie revient à mettre tous ses œufs dans un seul panier dans un monde à hauts risques. Pour s’inspirer du bio-mimétisme, on pourrait voir comment la nature / le bon Dieu a résolu la question énergétique du corps humain. Sur les trois systèmes, conçus pour répondre à des temps différents d’appel d’énergie, le plus performant se trouve au niveau de chaque cellule dans laquelle la mitochondrie utilise le métabolisme oxydatif pour produire de l’énergie en dégradant glucides, lipides et même des protéines.
Lorsque le département de défense américain a commissionné la DARPA, son bras de recherches avancées, pour développer un système de communication pouvant survivre à une attaque massive lancée à partir de l’empire soviétique, celui-ci a choisit une architecture distribuée pour ARPANET qui est considéré aujourd’hui comme l’ancêtre d’INTERNET.
Selon le degré de centralisation, on distingue des systèmes :
– Centralisé : un nœud central contrôle tout — un seul point de défaillance catastrophique.
– Décentralisé : plusieurs centres régionaux — plus résiliente, mais toujours vulnérable.
– Distribué : un maillage où chaque nœud est connecté à plusieurs autres, sans hiérarchie stricte — la plus robuste.
Avantages du modèle centralisé
- Efficacité économique grâce aux économies d’échelle;
- Stabilité et prévisibilité de la production;
- Contrôle simplifié;
- Maturité technologique et cadre réglementaire bien établis.
Inconvénients du modèle centralisé
- Vulnérabilité systémique : une panne ou une attaque majeure peut affecter des millions de personnes;
- Pertes du réseau de transport sur de longues distances;
- Empreinte territoriale forte;
- Moindre flexibilité face aux pics de demande locaux.
Avantages du modèle décentralisé
- Résilience accrue : une défaillance locale n’affecte qu’une zone limitée;
- Réduction des pertes de transport et de distribution;
- Intégration facilitée de nouveaux moyens de production (énergies renouvelables);
- Autonomie partielle des territoires ou des foyers;
- Création d’emplois locaux et retombées économiques territoriales.
Inconvénients du modèle décentralisé
- Intermittence de certaines sources nécessitant du stockage ou du backup;
- Complexité de gestion du réseau de transport et distribution (flux bidirectionnels, synchronisation);
- Coût unitaire souvent plus élevé;
- Besoin d’infrastructures intelligentes (smart grids, IoT, etc.) pour coordonner l’offre de multiples producteurs avec les besoins de multiples consommateurs.
La parade pour échapper à l’effondrement total : un concept résiliant, smart et durable
La vision d’un nouveau modèle de développement territorial résilient, articulé autour du nexus : Eau-Énergie-Alimentation et porté par la finance participative, les technologies numériques et une gouvernance coopérative, permettra de passer d’un modèle centralisé où quelques grandes infrastructures approvisionnent toute la population et donc d’un modèle vulnérable aux instabilités et crises de toutes sortes vers un modèle distribué, résilient, intelligent et coopératif. Chaque cellule de résilience qui peut être structurée en ménage, immeuble, quartier, exploitation agricole, complexe industriel, centre hospitalier, base militaire, village, île, oasis, etc., serait capable de produire une partie significative de ses besoins essentiels (énergie, eau, alimentation), tout en restant connectée au réseau national et aux chaines d’approvisionnement. Le but escompté dans cette nouvelle approche n’est certainement pas l’autarcie mais plutôt la résilience. Les cellules de résilience avoisinantes pourraient s’échanger le surplus de production pour créer ainsi une économie solidaire de proximité.
Dans ce nouveau modèle, le citoyen-consommateur qui ne faisait que subir les retombés néfastes des crises (pénuries des produits de base, hausse des prix, inflation galopante, coupures d’eau et d’électricité, etc.), des mauvaises décisions prises en son nom, des pratiques du cartel bancaire qui le fait saigner, de la gouvernance défaillante de l’administration et des aléas de l’ordre mondial, prendrait son destin à bras-le-corps pour se métamorphoser en : producteur, investisseur, copropriétaire, fournisseur, acteur de la transition, etc. La souveraineté du citoyen capable de subvenir à ses besoins essentiels et survivre à des crises majeures ne porte point atteinte à la souveraineté exercée par l’État, au contraire, elle ne fait que la renforcer devant les dangers venus d’outre-frontières.
Cette nouvelle approche pourrait être structurée autour de six piliers principaux suivants :
- Production distribuée des ressources essentielles (énergie, eau, alimentation).
- Intelligence distribuée, grâce à l’IA et aux objets connectés.
- Financement distribué, via le crowdfunding, la fintech, les fondations traditionnelles (hubus, waqf,..), etc.
- Gouvernance distribuée, dans le cadre de Sociétés Populaires et d’autres formes de coopératives où les citoyens deviennent des codécideurs.
- Économie circulaire, avec la valorisation locale des ressources et des déchets.
- Résilience distribuée, permettant à chaque territoire de continuer à fonctionner malgré des crises climatiques, économiques, sociales ou géopolitiques.
Puisque la disponibilité de l’énergie conditionne l’accès à l’eau et que la disponibilité de l’eau conditionne l’accès à l’alimentation, il faudrait commencer par réformer le secteur de l’énergie en premier lieu et celui de l’électricité en toute urgence pour qu’il soit en diapason avec ce nouveau modèle de développement. La réforme doit commencer impérativement par le cadre réglementaire, qui régit le secteur de l’électricité et qui a été tripoté pour éterniser le statu quo et défendre bec et ongle le monopole historique de la STEG, nonobstant les préjudices qu’il a causé pour le citoyen lambda, l’économie nationale, la sécurité énergétique, etc. L’autorisation par la STEG d’enfin consentir le stockage de l’électricité en réseau basse tension, qui vient d’être annoncée en pleine crise de coupures du courant est certainement un bon pas vers la bonne direction, mais il ne peut être qualifié que de « trop peu, trop tard ». Le Tunisien ne veut plus de sédatifs, il exige des solutions durables à ses doléances. Il est donc impératif de mettre tout sur la table pour en discuter sans tabous avec l’intérêt suprême de la patrie en priorité absolue.
La vague de chaleur qui a envahit le pays et qui a causé tant de souffrances et de dégâts et qui a mis à mal nos systèmes centralisés était prévisible dans son timing, intensité et répercussions. Je pense qu’on serait bien loti de commencer sans délai à nous préparer pour nous prémunir d’être pris de court par des crises imprévisibles…
Chokri Aslouj
Ingénieur, expert et spécialiste des énergies renouvelables, des processus d’hydrogène vert et du développement territorial durable.
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