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Radhia Jeribi alerte sur la réintégration des femmes et enfants dans la lutte antiterroriste

17. Februar 2026 um 14:37

Comment plus d’une centaine de Tunisiennes jeunes mères radicalisées reviennent d’Irak, rejetées par leur société ? Radhia Jeribi, présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT) sonne l’alarme. Et ce, en marge du Forum Tuniso-Indien ayant pour thème : « La sécurité et la lutte contre le terrorisme ».

Radhia Jeribi, présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT) a souligné, dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com, que les mesures à renforcer dans la lutte contre le terrorisme sont particulières pour les femmes et les enfants en zones de conflit et dans leur réintégration sociétale.

A cet égard, une question demeure essentielle : peut-on parler de réintégration et d’un retour ? Radhia Jeribi répond ainsi : « On ne peut pas parler de réintégration des terroristes, des femmes et des enfants sans aborder les dispositions légales et internationales. » Elle rappelle que la Résolution 1325 de l’ONU prévoit des mesures pour réintégrer ces femmes en les considérant avant tout comme des victimes et non comme actrices ou terroristes. »

Lire aussi : Qui sont ces femmes terroristes?

Elle estime que parmi les mesures de réadaptation et de réinsertion, l’unanimité sociétale est primordiale. Pour ces femmes conscientes d’avoir participé à des activités terroristes, souvent rejetées par la société à cause des rumeurs et de la honte, il faut un consensus général, un accompagnement psychologique et un travail associatif privilégié. Car les relations avec les associations sont plus simples qu’avec des programmes officiels nationaux. Il s’agit aussi de les impliquer dans des activités culturelles pour déconstruire les dogmes extrémistes et les modes de pensée inculqués.

Pour les enfants, la situation est plus grave et délicate, contrairement aux mères adultes, décrit-elle. Tout en expliquant : « Ils ont été manipulés pour rompre les liens familiaux, diaboliser leurs parents et prioriser d’autres relations. Travailler sur les enfants passe par un accompagnement des femmes à titre individuel et en tant que mères. Et ce, afin de les extraire de la radicalisation, de l’intégrisme et de l’extrémisme. »

Absence de chiffres et témoignages glaçants

Mais a-t-on un chiffre exact ? A cette question, Radhia Jeribi répond après avoir interrogé des femmes de la région de Bassora en Irak. « Il n’y a pas de chiffre en Tunisie, ni de manière générale. Celles-ci décrivent un nombre colossal de cas, des milliers, majoritairement Tunisiens (femmes et hommes), dont les États d’origine refusent souvent le rapatriement. Les femmes tunisiennes, souvent jeunes (ayant eu des enfants sur place), étaient dédiées à l’éducation, la radicalisation, ou des tâches plus graves comme la torture. Cela fait froid dans le dos. Comment un Tunisien peut-il commettre de tels actes ? C’est sur ce pourquoi que notre société doit travailler » conclut-elle.

En somme, la réintégration des femmes et enfants n’est pas une faiblesse; mais un rempart essentiel contre le recyclage du terrorisme.

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