États-Unis : Trump redessine la stratégie énergétique
L’impératif de la transition lié au dérèglement climatique n’est plus à l’ordre du jour. L’exploitation et l’accès aux traditionnelles énergies fossiles sont à nouveau des priorités stratégiques assumées, tant sur le plan interne que sur le plan externe. D’un côté, l’administration Trump a amputé les financements de la transition énergétique : suppression des crédits d’impôt pour les énergies renouvelables et les véhicules électriques, freins juridico-bureaucratiques aux projets éoliens et solaires, etc. De l’autre, l’implication américaine dans le dossier russo-ukrainien, la déstabilisation du Venezuela ou encore l’obsession de Donald Trump pour le Groenland doivent être lues à cette aune.
Un retour en arrière au regard des enjeux liés au dérèglement climatique auxquels la transition énergétique devait répondre.
Accès et exploitation des ressources énergétiques : traditionnels vecteurs de puissance
L’accès et l’exploitation des ressources énergétiques sont une composante majeure de la diplomatie et des politiques internationales portées par les Etats. Ils se trouvent logiquement au cœur de rivalités mondiales et régionales.
Depuis le XIXe siècle, les activités humaines (essentiellement liées à la combustion d’énergies fossiles – charbon, pétrole et gaz – et à la déforestation) ont considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. L’augmentation de la demande mondiale d’énergie n’a cessé de se confirmer avec le développement d’un modèle économique (productiviste et consumériste) prônant une croissance exponentielle à travers l’utilisation de matières finies.
Pour assurer leur croissance économique, les pays émergents comme l’Inde ou la Chine voient leur consommation énergétique (synonyme d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre) s’accroître.
La transition énergétique : nouvelle donne géopolitique
L’administration Trump rompt avec la stratégie définie par l’administration Biden, à l’origine d’un gigantesque plan de subventions voté en faveur de l’implantation d’usines dans le domaine de la transition énergétique/écologique, l’Inflation Reduction Act (voté au Congrès en août 2022). Une décision qui semble aller dans le sens contraire de l’histoire et d’une certaine rationalité.
Si l’utilisation des énergies fossiles/hydrocarbures demeure encore prédominante (80% du mix énergétique mondial), le changement climatique a enclenché un mouvement en faveur d’une transition énergétique dans laquelle de nouvelles sources (énergies renouvelables : l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire) viennent s’ajouter à celles préexistantes (les énergies fossiles ou « combustibles minéraux » : charbon, pétrole et gaz).
Ce mouvement en faveur du développement des énergies renouvelables est de nature à modifier les politiques énergétiques comme la géopolitique de l’énergie. Toutefois, les pays ne manifestent pas le même volontarisme et ne sont pas égaux sur le plan des technologies (à la base de la production des énergies renouvelables) et des ressources (financières et autres) pour relever le défi de la transition énergétique. Partant, celle-ci n’est pas homogène, sur le plan du rythme, de l’ampleur et des formes du processus. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer, par exemple, que les engagements de l’Accord de Paris puissent être respectés par ses signataires.
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Plus largement, la question se pose d’abord en termes de consommation plutôt que de production : il y a une part d’hypocrisie des pays du Nord de demander à des pays du Sud de produire moins, alors que ce sont les grands pays consommateurs.
Traditionnellement, deux grands blocs s’opposent sur le sujet de la réduction des émissions des gaz à effet de serre : les pays développés et les pays du Sud (parmi lesquels en particulier les petites îles). Une dichotomie à nuancer, notamment au regard de la position de pays émergents grands producteurs ou consommateurs d’hydrocarbures, peu enclins à accélérer la décarbonation de leur économie et à mettre la sortie des énergies fossiles à l’agenda international.
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