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Energie | La Tunisie peut être un acteur du Gazoduc Transsaharien

11. Mai 2026 um 07:35

Alors que le premier trimestre 2026 marque une accélération décisive pour le Gazoduc Transsaharien (TSGP), les discussions se focalisent légitimement sur le triangle Nigeria-Niger-Algérie. Ce mégaprojet de plus de 4000 km est en passe de redessiner la carte énergétique euro-africaine. Pourtant, une lecture purement géographique de cette infrastructure omet un actif stratégique majeur : la Tunisie.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Loin d’être une simple observatrice du transit des molécules, Tunis a une opportunité historique de s’imposer comme l’interface de stabilité et le garant institutionnel de ce corridor. Dans la géopolitique moderne de l’énergie, la fiabilité normative et la maîtrise numérique vaudront autant, sinon plus, que la possession de la ressource brute.

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas de se positionner en opposition à d’autres initiatives continentales, mais de valoriser la maturité de ses réseaux existants en Méditerranée centrale. Dans un marché mondial fragmenté, la valeur ajoutée tunisienne réside dans sa capacité à offrir un cadre de «de-risking» institutionnel.

En tant que partenaire historique des échanges énergétiques transfrontaliers, la Tunisie peut agir comme un laboratoire de conformité normative.

Dans un projet de cette envergure, la prévisibilité du cadre réglementaire et l’alignement sur les standards internationaux (ESG) sont des actifs précieux que Tunis peut monnayer en expertise de régulation.

Le pari du Software Corridor

Cependant, la véritable révolution est technologique. Un gazoduc en 2026 n’est plus un simple alignement de tubes d’acier ; c’est un actif numérique complexe, vulnérable et gourmand en données. C’est ici que la Tunisie, forte de son écosystème d’ingénierie et de services informatiques, doit revendiquer sa part de souveraineté. Nous devons projeter le pays comme une plateforme de services technologiques à haute valeur ajoutée, abritant un pôle régional de maintenance prédictive IA et de cybersécurité pour le corridor.

À cet égard, le secteur bancaire tunisien a un rôle crucial à jouer. Pour financer et garantir ces infrastructures technologiques complexes, nous avons besoin de nouveaux instruments de financement structuré qui accompagnent ces projets de Software Corridor. C’est en alignant nos capacités de financement sur nos ambitions technologiques que nous transformerons cette infrastructure en un moteur de croissance locale.

En développant des solutions de surveillance IoT (Internet des Objets) permettant le monitoring en temps réel des émissions de méthane — une exigence stricte des régulations carbone européennes —, la Tunisie peut ancrer ce projet dans la modernité industrielle.

De la molécule au co-développement industriel

Cet investissement n’est pas un pari sur le passé. Le TSGP est conçu pour être «H2-ready». En s’impliquant aujourd’hui dans la gouvernance de ce corridor, la Tunisie sécurisera son droit de tirage sur les futurs réseaux d’hydrogène vert à l’horizon 2030-2035, comme le prévoit le projet SoutH2 Corridor.

La question n’est plus l’utilité géographique, mais notre agilité à transformer un flux de molécules en un hub de services certifiés.

Le corridor transsaharien doit enfin servir de colonne vertébrale à une intégration économique locale, via des zones industrielles transfrontalières où l’expertise tunisienne en matière de partenariats public-privé (PPP) pourra s’exprimer.

L’inertie est le seul véritable risque. En misant sur sa stabilité institutionnelle et son savoir-faire technologique, la Tunisie peut devenir l’aiguilleur discret mais vital de ce grand axe transcontinental, le cerveau d’une Afrique qui se connecte enfin à elle-même.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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