Chadi Trifi | « La visite des prisons n’est pas un privilège »
Chadi Trifi, membre du conseil d’administration de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), estime que l’exigence d’une « autorisation préalable » nouvellement instituée par le ministère de la Justice pour permettre à son association de visiter les prisons, constitue une violation du droit de contrôle garanti par les lois nationales et les traités internationaux.
Trifi a expliqué, lors d’une conférence de presse, vendredi 23 janvier 2026, que la LTDH rejette catégoriquement la procédure d’autorisation préalable, qui n’était pas prévue dans l’accord initial entre les deux parties adopté en 2015, soulignant que le mécanisme de travail au cours de la dernière décennie s’est fondé exclusivement sur « l’information », l’association étant juste tenue d’informer de sa visite la Direction générale des prisons, le ministère de la Justice et l’unité pénitentiaire concernée, sans entrer dans les détails concernant le calendrier ou la nature de la visite.
Le membre du conseil de la Ligue a souligné que les premiers affectés par ce changement de procédure sont les prisonniers, insistant sur la nécessité pour l’État tunisien de respecter ses obligations internationales dans ce domaine.
La visite des prisons n’est pas un « privilège » accordé par le ministère de la Justice, mais plutôt un devoir qui incombe à l’État en vertu du décret n° 5 de 2011 relatif au Protocole additionnel à la Convention contre la torture et de la Constitution de 2022 promulguée par le président Kaïs Saïed.
Sur un autre plan, Chadi Trifi a souligné la manière paradoxale avec laquelle les instances étatiques traitent cette question, faisant remarquer que le protocole d’accord similaire signé entre la LTDH et le ministère de l’Intérieur est toujours en vigueur et est mis en œuvre sans problème, citant une récente visite d’une délégation de la Ligue au district de sécurité de Sousse, caractérisée par le professionnalisme et la coopération.
Trifi a dénoncé l’absence de réponse officielle du ministère de la Justice, révélant que l’association avait envoyé plus de dix lettres officielles demandant une réunion avec le ministère pour clarifier les points en suspens, mais qu’elle n’avait reçu aucune réponse, alors même qu’elle avait auparavant contribué à la formation du personnel pénitentiaire par le biais de cours de formation spécialisés.
I. B.
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