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Riadh Ben Fadhel condamné à 20 ans de prison | Al-Qotb dénonce «un verdict inique»  

30. Oktober 2026 um 12:55

A la suite de la condamnation de son coordinateur général, l’homme d’affaires Riadh Ben Fadhel, incarcéré depuis le 14 novembre 2023, à vingt ans de prison, ainsi que 18 autres co-accusés à 9 ans de prison, pour des accusations relevant de délits économiques (blanchiment d’argent, corruption administrative et financière dans la gestion des biens confisqués), le parti Al-Qotb (centre-gauche), a publié, ce vendredi 30 octobre 2026 le communiqué reproduit ci-dessous.    

Le pouvoir ne s’est pas contenté des lourdes peines de prison infligées à ses opposants, ni des longues années d’incarcération qu’il a accumulées ; il ajoute aujourd’hui vingt ans de prison à la peine du camarade Riadh Ben Fadhel.

C’est ainsi que ce régime a choisi d’affronter ses opposants : par l’emprisonnement, les sévices et la vengeance, faisant payer le prix fort de la liberté à quiconque ose exprimer une opinion divergente et défendre ses convictions.

Depuis sa cellule, Riadh Ben Fadhel vient en aide aux malades, enseigne la langue, fait la lecture aux autres détenus, soutient ses camarades et insuffle espoir et détermination autour de lui. La prison ne l’a pas coupé de la vie, et les barreaux n’ont pu lui arracher sa foi en la liberté. Il continue de galvaniser les énergies, convaincu que cette injustice est éphémère, qu’il retrouvera la liberté et que, un jour, la liberté triomphera du despotisme.

Au sein du parti Al-Qotb, tout en condamnant ce verdict inique, nous affirmons que notre camarade Riadh Ben Fadhel paie aujourd’hui le prix de ses prises de position, de son courage et de son militantisme.

Nous gardons en mémoire toutes les initiatives politiques et militantes qu’il a lancées dès le premier jour du coup de force, et nous mesurons pleinement les efforts qu’il a déployés pour résister à l’autoritarisme et défendre la démocratie ainsi que la justice sociale.

Nous savons également que ce qu’il subit aujourd’hui ne vise rien d’autre qu’un homme dont la boussole est restée claire, les positions constantes, et dont l’engagement indéfectible en faveur de la liberté et de la justice demeure inébranlable.

Une peine de vingt ans de prison ne résume pas seulement l’ampleur de l’injustice infligée à Riadh Ben Fadhel ; elle révèle également la nature d’un régime qui, face à ses opposants, ne trouve plus d’autre réponse que la sanction et la vengeance, et qui ne perçoit plus la divergence politique que comme un crime passible d’emprisonnement.

Les plaidoiries des avocats, qui se sont prolongées pendant des heures hier, ont mis en évidence le vide du dossier, dépourvu de preuves sérieuses justifiant une condamnation — et une condamnation d’une telle sévérité — tout en soulignant les nombreuses contradictions et irrégularités ayant entaché l’instruction et l’enquête.

Or, il était manifeste, dès le début des poursuites, que les arguments de la défense, les clarifications, les pièces justificatives et les plaidoiries ne trouveraient aucune oreille attentive. L’issue était, en réalité, scellée d’avance : une condamnation préétablie, à l’instar d’autres dossiers et jugements visant des militants politiques — des procédures instrumentalisées pour porter un coup à l’action politique.

Ce verdict ne concerne pas seulement Riadd Ben Fadhel ; il constitue une nouvelle illustration des crimes politiques perpétrés par ce régime à l’encontre de ses opposants, ainsi que de tous ceux qui ont rêvé d’un État fondé sur la liberté, la dignité et la justice sociale, et qui ont choisi de lutter et de résister pour défendre leurs droits et la patrie qu’ils chérissent.

Ni les cellules de détention ni le poids des chaînes ne dureront.

Liberté pour Riadh Ben Fadhel, et liberté pour tous les prisonniers d’opinion et les détenus politiques.

Nous poursuivrons notre lutte pour une Tunisie placée sous le signe de la liberté, de la démocratie et de la justice sociale.

Le rendez-vous avec la liberté est inéluctable.

Riad Ben Fadhel est libre, libre, libre !

Traduit de l’arabe.

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Riad Ben Fadhl condamné à 20 ans de prison, 18 autres prévenus écopent de neuf ans

30. Oktober 2026 um 10:16

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, jeudi 29 octobre 2026, Riad Ben Fadhl, coordinateur général du parti Al Qotb, à vingt ans de prison. Dix-huit autres prévenus poursuivis dans la même affaire ont écopé de neuf ans d’emprisonnement chacun. Le dossier porte sur des soupçons de blanchiment d’argent et de corruption financière et administrative liés à la gestion et à l’acquisition de biens confisqués après la révolution.

Le jugement a été rendu en première instance, selon les informations publiées par plusieurs médias, vendredi 30 octobre. La majorité des dix-huit autres prévenus comparaissaient libres dans le cadre de cette affaire.

Près de trois ans de détention

L’affaire remonte à novembre 2023. Riad Ben Fadhl avait été arrêté le 14 novembre à son retour de l’étranger, à l’aéroport de Tunis-Carthage. Dix jours plus tard, le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier avait émis un mandat de dépôt à son encontre.

Depuis, sa détention s’est prolongée au fil des audiences et des reports successifs. Le 12 octobre 2026, la chambre criminelle avait encore rejeté les demandes de remise en liberté présentées pour lui et plusieurs autres prévenus, avant de fixer une nouvelle audience au 29 octobre.

Au cœur des investigations figuraient les conditions d’acquisition de biens confisqués après la chute du régime de Ben Ali. La défense avait notamment soutenu que les opérations concernées avaient été réalisées dans le cadre de procédures officielles d’adjudication et d’appels d’offres, affirmant que les offres présentées respectaient les règles applicables.

Une précédente condamnation annulée en appel

Le parcours judiciaire de Riad Ben Fadhl avait également été marqué par une autre affaire, distincte de celle des biens confisqués.

Le 30 mai 2024, il avait été condamné en première instance à quatre ans et six mois de prison, assortis d’une amende de deux millions de dinars, dans un dossier portant sur des infractions douanières et financières. Les faits concernaient notamment des opérations d’exportation, l’ouverture de comptes bancaires à l’étranger dans des conditions jugées irrégulières et le non-rapatriement de recettes d’exportation.

Cette condamnation avait toutefois été annulée en appel le 22 avril 2025, après la régularisation de sa situation financière auprès des autorités concernées et la présentation de justificatifs de règlement des dettes et contentieux en cause.

Cette décision n’avait pas entraîné sa libération, sa détention se poursuivant dans le cadre de l’affaire relative aux biens confisqués, qui vient désormais de donner lieu à une condamnation à vingt ans de prison en première instance.

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