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Nouveau record : 30,040 milliards de dinars de cash en circulation en Tunisie

26. August 2026 um 09:44

Selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie, le volume des billets et pièces en circulation s’est établi à 30,040 milliards de dinars au 21 août 2026, un niveau qui poursuit une trajectoire haussière observée ces derniers mois.

La Banque centrale de Tunisie a fait état d’un montant de 30,040 milliards de dinars de billets et pièces en circulation à la date du 21 août 2026. Ce chiffre correspond à la liquidité effectivement détenue et utilisée par les particuliers et les entreprises pour leurs transactions quotidiennes.

Cette donnée s’inscrit dans une évolution ascendante du volume de cash en circulation observée dans le pays. Elle est considérée comme un indicateur permettant de suivre l’état de la liquidité au sein de l’économie tunisienne.

Plusieurs facteurs peuvent influer sur ce niveau de liquidité, parmi lesquels l’activité économique, le volume des transactions, ainsi que des éléments saisonniers et comportementaux qui pèsent sur la demande de billets et pièces.

Cet indicateur est habituellement suivi en parallèle avec d’autres agrégats tels que les dépôts bancaires, le crédit et la masse monétaire. Cette lecture combinée permet d’appréhender les mouvements de liquidité et les tendances à l’œuvre dans le système bancaire tunisien.

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Quand le « cash » devient le miroir d’une crise économique, selon Ridha Chkoundali

26. August 2026 um 09:27

Pour la première fois, la Tunisie constate plus de 30 milliards de dinars en espèces en circulation (août 2026), soit une hausse d’environ 4 milliards  de dinars en un an.  C’est ce qu’a fait savoir la Banque centrale de Tunisie (BCT). Cet indicateur mesure la monnaie fiduciaire réellement utilisée dans l’économie par les ménages et les entreprises. Pour comprendre les raisons de ce chiffre record, l’expert en économie Ridha Chkoundali  livre son analyse sur sa page officielle Facebook.

Il convient de noter que ce « cash » constitue un baromètre de la liquidité immédiate, à analyser avec les dépôts, le crédit et la masse monétaire globale. Cette hausse record s’inscrit dans une tendance continue d’augmentation du cash en circulation. Elle peut s’expliquer par une activité économique plus dynamique, des effets saisonniers, mais aussi par des comportements de précaution et une préférence accrue pour le liquide.

Selon l’analyse de Ridha Chkoundali,  une telle progression, qui dépasse la croissance réelle de l’économie, ne peut pas être imputée uniquement à l’inflation : elle reflète un déplacement des modes de paiement vers le cash. Plusieurs dynamiques expliquent ce phénomène. La réforme des règles sur les chèques a réduit leur usage sans que les paiements numériques ne comblent immédiatement le vide. La levée du plafond sur les paiements en espèces a rendu les transactions en cash plus faciles. Surtout, l’essor de l’économie parallèle encourage le recours au numéraire, car il facilite l’anonymat et l’évitement des circuits bancaires et fiscaux.

Il précise dans ce contexte: « Cette augmentation du cash fragilise l’intermédiation bancaire,  moins de dépôts signifient moins de crédits disponibles  et réduit la portée des instruments de politique monétaire. Elle érode aussi la base fiscale de l’État et crée une concurrence défavorable pour les acteurs qui respectent les obligations fiscales et sociales. En outre, une masse monétaire qui gonfle sans augmentation correspondante de la production peut alimenter l’inflation, surtout dans une économie déjà contrainte par des goulots d’offre. »

La réponse ne doit pas être une répression, mais une stratégie double : rendre le paiement électronique et bancaire plus attractif (coûts réduits, paiement instantané, confiance accrue, solutions alternatives au chèque) et s’attaquer à la racine du problème en intégrant l’économie informelle  via la simplification des règles fiscales et administratives et l’abaissement du coût d’entrée dans le secteur formel  plutôt que par des sanctions seules.

Il convient de noter  que pour la BCT, suivre cet indicateur aide à évaluer la dynamique de liquidité, le degré de désintermédiation bancaire et à orienter la politique monétaire (taux directeurs, contrôle de la masse monétaire, inflation). En bref, le franchissement des 30 milliards de dinars en cash est un signal d’alerte à surveiller : il reflète l’évolution des transactions et des comportements monétaires, et peut révéler des tensions sur la liquidité et la confiance dans le système financier. 

 

 

 

 

 

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