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Transport des carburants : Un préavis de grève se profile après le mouvement surprise

21. August 2026 um 13:59

Le calme est revenu dans les stations-service tunisiennes, mais le dossier du transport des carburants est loin d’être définitivement réglé.

Après le mouvement de protestation surprise observé jeudi 20 août par des chauffeurs de camions chargés du transport des produits pétroliers, les négociations se poursuivent entre les représentants syndicaux, les entreprises de transport et le ministère de tutelle.

Et selon les dernières déclarations de Selwan Samiri, secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques et secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la situation pourrait connaître un nouveau tournant : un préavis de grève à une date déterminée pourrait être déposé si les discussions n’aboutissent pas à un accord définitif, a-t-il affirmé au micro de Diwan.

La menace n’est donc pas immédiate, mais le risque d’une nouvelle perturbation de l’approvisionnement reste présent.

Le mouvement de jeudi a été levé, mais le problème demeure

Le mouvement de jeudi avait provoqué une perturbation soudaine du transport et de la distribution des carburants depuis la zone pétrolière de Radès.

L’arrêt des camions-citernes avait rapidement eu des conséquences visibles dans plusieurs stations-service, notamment dans le Grand Tunis, avec des files d’attente importantes et un afflux inhabituel d’automobilistes.

Face à cette situation, des discussions ont été engagées entre les différentes parties. Selwan Samiri affirme que l’UGTT a directement coordonné avec la Fédération générale du transport et les syndicats représentant les travailleurs du secteur, tandis que le ministère de tutelle a engagé des réunions avec les propriétaires des entreprises de transport.

L’objectif est désormais de parvenir à une plateforme d’accord définitive permettant de régler le conflit dans son ensemble. Mais les négociations n’ont pas encore permis de clore définitivement le dossier.

Pourquoi un nouveau mouvement reste possible ?

Selon le responsable syndical, plusieurs revendications professionnelles restent à traiter. Les travailleurs du secteur dénoncent notamment des difficultés récurrentes liées à leurs conditions de travail et à l’application de certains accords.

Lire aussi : Transporteurs de carburants : Accord ou nouveau préavis de grève ce vendredi ?

Pour le syndicat, le problème ne se limite donc pas à l’incident de jeudi. Il s’agit d’un dossier social qui s’est accumulé au fil du temps et qui nécessite une solution durable.

C’est pourquoi Selwan Samiri appelle les différentes parties à prendre leurs responsabilités et à privilégier le dialogue. La fenêtre de négociation reste ouverte, mais l’absence d’accord pourrait conduire au dépôt d’un préavis de grève.

Pourquoi cette menace est particulièrement sensible ?

Le transport des carburants constitue un maillon stratégique de l’économie tunisienne. Le pays peut disposer de stocks de produits pétroliers, mais ceux-ci doivent être acheminés vers les stations-service. Entre les infrastructures de stockage et les automobilistes, les camions-citernes jouent donc un rôle essentiel.

C’est ce qui explique la rapidité avec laquelle la situation s’est tendue jeudi.

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Transporteurs de carburants : Accord ou nouveau préavis de grève ce vendredi ?

21. August 2026 um 11:03

La grève surprise des transporteurs de carburants, déclenchée jeudi avant d’être levée quelques heures plus tard, n’aura donc été qu’un avertissement. Une réunion de négociation est prévue ce vendredi 21 août pour examiner les revendications des chauffeurs. À l’issue de cette rencontre, deux scénarios sont désormais sur la table : un accord permettant de tourner la page, ou l’ouverture d’une procédure pouvant conduire à une nouvelle grève, cette fois précédée d’un préavis légal de dix jours.

Une mobilisation qui a pris l’UGTT de court

Le mouvement de jeudi présente une particularité : il n’avait pas été décidé par les structures de l’UGTT, selon Salouen Smiri, secrétaire général adjoint de la centrale syndicale et secrétaire général de la Fédération de la pétrochimie.

Intervenant vendredi matin sur Jawhara FM, le responsable syndical a expliqué que les structures syndicales avaient découvert le mouvement au même moment que les autres acteurs. La mobilisation serait partie de chauffeurs protestant contre plusieurs difficultés sociales et professionnelles.

Une fois informée, la fédération a pris contact avec ses structures syndicales et différents responsables, notamment le président-directeur général de la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP-Agil), afin de rétablir le dialogue et permettre la reprise du travail.

L’activité a finalement repris jeudi, mais cette issue rapide ne signifie pas que les revendications ont disparu.

Des revendications qui dépassent le seul salaire

Selon Salouen Smiri, la colère des chauffeurs est alimentée par des conditions de travail particulièrement difficiles. Le responsable syndical affirme que certains conducteurs peuvent travailler 15, 16, voire 18 heures par jour.

À cette question du temps de travail s’ajoutent des problèmes liés à la couverture sociale. Selon le responsable syndical, certains chauffeurs découvriraient, lorsqu’ils ont besoin de soins pour eux-mêmes ou leurs familles, que leur carnet de soins est bloqué alors même que les cotisations sont prélevées sur leurs rémunérations.

Le dossier ne serait par ailleurs pas nouveau. Les discussions entre les différentes parties dureraient depuis plus d’un an, tandis que les revendications portent notamment sur l’application d’accords antérieurs, dont un procès-verbal datant de 2018, ainsi que sur les majorations salariales.

Le mouvement de jeudi apparaît ainsi moins comme une revendication isolée que comme l’aboutissement d’un mécontentement accumulé.

C’est désormais la réunion de ce vendredi qui doit permettre de mesurer la capacité des parties à sortir du face-à-face.

Selon Salouen Smiri l’émission d’un préavis de grève changerait sensiblement la nature du conflit. Contrairement au mouvement surprise de jeudi, une nouvelle grève devrait s’inscrire dans la procédure prévue par le Code du travail.

L’article 376 bis prévoit qu’une décision de grève doit être précédée d’un préavis de dix jours, adressé à l’autre partie ainsi qu’au Bureau régional de conciliation ou, à défaut, à l’Inspection régionale du travail territorialement compétente. Le même article prévoit également l’approbation de la centrale syndicale ouvrière.

Autrement dit, le scénario d’une nouvelle paralysie ne serait pas immédiat. Mais si les négociations échouent, le conflit pourrait entrer dans une phase beaucoup plus formelle.

Le précédent des files devant les stations

L’enjeu dépasse largement les seuls transporteurs. La mobilisation de jeudi a montré à quelle vitesse une perturbation du transport des carburants peut produire un effet psychologique sur les automobilistes.

Le blocage des mouvements des transporteurs dans la zone pétrolière de Radès a rapidement fait naître des craintes sur l’approvisionnement des stations-service. Des files d’attente se sont formées dans le Grand Tunis puis dans d’autres régions, certains automobilistes cherchant à remplir leur réservoir par précaution.

La situation a ainsi illustré une mécanique désormais connue : l’incertitude sur l’approvisionnement peut provoquer une ruée avant même qu’une pénurie généralisée ne soit établie.

La reprise du travail a permis d’éviter, jeudi, qu’une perturbation de quelques heures ne se transforme en crise prolongée. Mais elle n’a pas réglé le dossier social.

Pour les automobilistes comme pour les acteurs de la distribution pétrolière, la différence est loin d’être théorique : une journée de mobilisation surprise a suffi à créer la panique dans plusieurs stations. Un conflit annoncé et prolongé pourrait avoir des conséquences autrement plus importantes.

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Sortir de la spirale des pénuries par le sursaut productif

21. August 2026 um 07:43

Jeudi 20 août, les Tunisiens ont une nouvelle fois fait l’expérience d’une crise, celle du carburant. Même si le calme a regagné les esprits au courant de l’après-midi, la mémoire encore vive des pénuries passées a réveillé les angoisses et provoqué un mouvement de panique.

 

Il est indéniable que les pénuries récurrentes d’électricité, d’eau potable, de médicaments ou encore de certaines denrées de base ne sont plus des accidents conjoncturels. Elles sont le symptôme visible d’un mal profond, celui de l’épuisement d’un modèle de gouvernance hérité, où la gestion des ressources publiques a trop souvent cédé le pas aux logiques clientélistes, à l’absence de vision stratégique et à une bureaucratie paralysante.

 

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Gouvernance à bout de souffle

Les infrastructures, mal entretenues et sous-investies, craquent sous le poids d’une demande croissante, tandis que la régulation des marchés, notamment alimentaires, souffre de dysfonctionnements chroniques qui favorisent la spéculation et la pénurie souvent artificielle. Ce n’est pas un concours de circonstances, mais bien le fruit d’années de choix myopes, où l’urgence a constamment pris le pas sur la planification à long terme.

Face à cette situation, la production et le travail constituent la seule thérapie durable face à ces crises. La Tunisie ne manque ni de potentiel agricole, ni de ressources humaines qualifiées, ni d’atouts géostratégiques. Pourtant, le tissu productif est asphyxié par une fiscalité lourde, un accès au crédit restrictif, une bureaucratie lourde et un manque de stabilité juridique et sociale.

 

Remèdes durables

Relancer la production nationale, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’industrie ou des services, permettrait non seulement de réduire la dépendance aux importations, mais aussi de créer des emplois, de reconstituer les réserves de change et de restaurer la confiance des investisseurs. Mais pour cela, il faut un choc de compétitivité et une refonte en profondeur de notre modèle économique, en passant par la numérisation, la simplification administrative et une politique industrielle clairement orientée vers l’exportation et la substitution aux importations. Sans un retour au travail comme valeur cardinale et à l’entreprise comme moteur de richesse, aucun plan d’austérité ni aucune aide extérieure ne viendront à bout de nos déséquilibres structurels.

Par ailleurs, l’investissement public, actuellement freiné par les contraintes budgétaires, est un levier essentiel pour créer un effet d’entraînement et redynamiser l’activité à court terme. Les signes récents de résilience, avec une croissance du PIB de 2,4 % au premier semestre 2026, restent fragiles et ne doivent pas masquer l’urgence des réformes structurelles.

 

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Un sursaut national pour sortir de l’impasse

Continuer à gérer la pénurie au jour le jour ne fera qu’aggraver la précarité. L’unique issue réside dans un sursaut national : refonder l’État sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité, libérer les énergies productives par des réformes économiques audacieuses et mettre le travail et l’innovation au centre du projet de société.

Cela nécessite un consensus social et un leadership capable de dire la vérité aux citoyens et de les associer à un effort collectif. Les crises actuelles ne sont pas une fatalité, elles sont le révélateur d’un système à bout de souffle. La question n’est plus de savoir si la Tunisie peut changer, mais si elle en aura la volonté avant que le temps ne rende le choix impossible.

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