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Kaïs Saïed et son homologue égyptien prônent un partenariat renforcé face aux enjeux régionaux

Von: farhat
28. Juli 2026 um 15:50

Le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est entretenu par téléphone, mardi, avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, des relations historiques qui unissent les deux pays frères et des moyens de les renforcer dans l’ensemble des domaines.

Les deux chefs d’État ont également examiné la situation dans la région, marquée par une accélération sans précédent des événements. À cette occasion, Kaïs Saïed a réaffirmé la position constante de la Tunisie selon laquelle la sécurité de l’Égypte constitue une composante essentielle de la sécurité arabe. Il a souligné que seule l’unité des pays de la région est à même de leur permettre de relever les défis auxquels ils sont confrontés.

Le président de la République a, par ailleurs, estimé que le mouvement sioniste mondial, qui œuvre depuis le XIXe siècle à renverser la nation arabe, cherche aujourd’hui, en vain, à déstabiliser les États en attisant les tensions internes.

Il a, également, mis en avant la volonté commune d’instaurer un nouvel ordre humain appelé à remplacer un ordre mondial qu’il a qualifié d’injuste et aux lourdes conséquences, estimant que l’humanité commence progressivement à s’en détourner.

Les deux présidents ont en outre évoqué la guerre d’extermination menée contre le peuple palestinien, dont les droits ne sauraient être effacés ni par le temps ni par les armes les plus destructrices, selon un communiqué de la présidence de la République.

S’agissant de la Libye, les deux dirigeants ont réaffirmé que la solution à la crise ne peut être que libyenne. Ils ont souligné que le peuple libyen, attaché à l’unité de son territoire, est en mesure de parvenir à une solution conforme à ses aspirations.

Kaïs Saïed a renouvelé son invitation à Abdel Fattah al-Sissi à effectuer une visite officielle en Tunisie, dont la date sera fixée d’un commun accord dans les plus brefs délais.

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Quelle République nous voulons ?

28. Juli 2026 um 14:52

69 ans jour pour jour, après l’annonce de la fondation de la première République par l’Assemblée constituante, les Tunisiens sont de plus en plus divisés sur leur façon de concevoir la République. La preuve, c’est qu’on est à la troisième Constitution (si on ne compte pas celle de Carthage), celle de 2022, que certains critiquent ouvertement, sachant qu’il y a eu un référendum pour la faire adopter, auquel une importante partie de l’électorat inscrit n’a pas participé. La légalité de cette Constitution ne fait, à notre avis, aucun doute, sauf qu’elle a subi, depuis, un déluge de critiques, qui a dépassé de très loin celles des deux premières Constitutions. Certaines parties de l’opposition, notamment les islamistes, continuent à appeler au retour de celle de 2014, appelés, « la Constitution de Feltman, juriste américain, qui aurait été derrière sa rédaction, et avait même assisté à son adoption par la Chambre des représentants », d’autres à celle de 1959, tandis que les partisans de Kaïs Saïed continuent à approuver l’actuelle. Mais ce n’est pas aux textes de la loi organique que les critiques s’adressent principalement, mais à leur application ou à leur non application, comme l’absence d’une Cour constitutionnelle, qui poserait, selon certains, un problème pour résoudre la question de la vacation du pouvoir, s’il y a vacation.

L’ombre des divergences idéologiques plane toujours

Le problème en Tunisie, c’est que tous les débats tournent souvent à la confrontation idéologique, entre les différentes fractions des familles politiques, principalement entre les destouriens, les islamistes, la gauche et les nationalistes arabes. Ce qui a pour conséquence de fausser les débats. Or c’est là que le bas blesse, car il ne suffit pas qu’une Constitution soit adoptée par le Parlement ou par un referendum, pour qu’il y ait consensus autour d’elle, comme la Constitution de 2022.

Avant d’être une affaire de constitutionalistes, et autres experts en droit, une Constitution doit être l’expression d’un consensus social profond, comme la première qui a aboli la monarchie et institué la République, fruit aussi d’une longue lutte pour la libération de la patrie du joug du colonialisme. Or l’abolition de cette Constitution (1959) et son remplacement par celle de 2014, malgré trois ans de débats libres, n’a été que l’expression d’un compromis politique entre les différentes franges du pouvoir de l’époque et n’a donc jamais fait l’objet d’un large consensus social et national, d’autant plus qu’elle avait instauré un système politique hybride, qui ressemble vaguement au système parlementaire mais à trois têtes, et trois présidents, qui n’est que le fruit d’un compromis entre les forces politiques du moment, comme on partage un gâteau. Non seulement cette formule constitutionnelle n’était pas applicable dans les faits, mais elle a engendré un processus de dissolution progressive de l’Etat, en faveur de pouvoirs paraétatiques, à tel point qu’un homme comme Ghannouchi, qui n’avait alors aucune fonction officielle, était devenu le véritable patron du pays, le maître absolu du jeu politique, tout en instituant un compromis avec son rival politique, BCE, et cela avait continué après les élections de 2019, et ce, jusqu’au 25 juillet 2021, qui a sauvé la République de ses prédateurs. Le basculement vers une nouvelle Constitution et un régime présidentialiste n’était que la conséquence d’un long délitement de l’Etat qui avait débuté le 14 janvier 2011.

 

Au départ en 1957, l’alternance politique, tous les droits et toutes les libertés étaient garantis par la Constitution, mais l’évolution des choses avait fait qu’au fur et à mesure qu’on avançait dans le temps, ces droits constitutionnels ont été vidés de leur sens.

 

Les véritables fondateurs de la République tunisienne, dont le grand leader Habib Bourguiba, avaient, dès le début de la lutte de libération nationale, à réfléchir à instaurer la République au cas où le pays obtient son indépendance. Car le régime beylical, donc royal, avait perdu toute sa légitimité, en acceptant le protectorat français en 1881. Il y avait aussi la première Constitution imposée par la France au Bey de l’époque, dite 3ahd el amen, et qui n’a jamais été réellement appliquée. C’est donc aux destouriens que revient le mérite d’avoir initié une conception de la République et de l’Etat, avec tous les défauts et avatars qu’on a pu constater par la suite.

Au départ dès 1957, l’alternance politique, tous les droits et toutes les libertés étaient garantis par la Constitution, mais l’évolution des choses avait fait qu’au fur et à mesure qu’on avançait dans le temps, ces droits constitutionnels ont été vidés de leur sens. On avait évolué vers un pouvoir autoritaire et présidentialiste avec la présidence à vie. Les différentes crises politiques et sociales ont fini, jusqu’à 2011, par révéler les différentes failles de la première Constitution et de sa République. Mais les différentes autres familles politiques n’avaient aucun projet alternatif ni un vrai projet de Constitution, parce que aussi bien les islamistes que l’extrême gauche et les baathistes et autres nationalistes arabes ne croyaient pas à l’Etat national, soit qu’ils croyaient au Califat, soit à un Etat instauré de force sur tous les pays arabes, soit à l’internationalisme prolétarien. Leur reconnaissance de l’Etat national, et à la République, était tardif et totalement opportuniste, car ils n’ont jamais déclaré avoir renié leurs vielles croyances. Certains continuent jusqu’à maintenant à croire à ces chimères idéologiques. Ce qui explique la persistance de divergences de fond sur l’idée même de la République.

Pour une certaine idée de la République

Nous sommes donc amenés à trouver un consensus national et social sur une nouvelle vision de la République. Et par définition et de par sa nature même, une République n’est pas sacrée, sauf pour les fans de la République islamique. Toute vision de l’avenir de notre pays doit commencer par-là. Loin des passions et des idéologies souvent désuètes. Quelle idée de la République devons-nous avoir donc ?

Pour dépasser les profondes divergences qui ont toujours traversé les élites politiques, qui sont essentiellement d’ordre idéologique, la question principale qui doit être posée est : Avons-nous besoin d’une République démocratique, qui repose sur la séparation des pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire -, et de la séparation entre politique et religion ? A ne pas confondre avec la séparation de l’Etat et de la religion, car l’Etat doit obligatoirement contrôler les institutions religieuses.

 

Avons-nous besoin d’une République démocratique, qui repose sur la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) et de la séparation entre politique et religion ?

 

Pour la séparation des pouvoirs tout le monde répondra par un oui, tant qu’il est dans l’opposition. Il sera obligatoirement pour un exécutif hyperdominant dès qu’il est au pouvoir, car c’est ainsi que fonctionnent les esprits de nos élites. D’où la nécessité d’instaurer des contre-pouvoirs forts, pour garantir le non glissement vers le pouvoir absolu du seul président et ceci quel que soit le président. L’expérience du pays depuis l’indépendance le prouve. Un début de contre-pouvoir existe, représenté par les syndicats et une partie de la société civile non inféodée aux puissances étrangères, soit par le financement ou par l’alignement idéologique total. Il faut donc définir le contour de notre société civile.

Quant aux partis politiques, il faut refaire la loi, en indiquant clairement que ceux qui utilisent la religion doivent êtres bannis de la compétition démocratique, et surtout de la participation aux gouvernements. Sans pour autant interdire les formations politiques à background religieux, car ils sont représentatifs d’une importante partie de notre citoyen.

 

Il faut surtout éviter de tomber dans la vision du “juridisme“ de la République qui a été en vogue à partir de 2011. Le rôle des professeurs de droit est d’enseigner et non d’écrire la Constitution..

 

Il faut surtout éviter de tomber dans la vision du “juridisme“ de la République qui a été en vogue à partir de 2011. Le rôle des professeurs de droit est d’enseigner et non d’écrire la Constitution, qui, même si elle est une loi organique, est d’abord un document hautement politique, et doit être rédigée par des grandes personnalités politiques.

Bien sûr, il ne s’agit là que d’une approche d’une vision qui peut être nouvelle et non d’un programme d’action, car la complexité de la situation politique actuelle, fait en sorte qu’il ne faut pas s’aventurer à proposer des solutions toutes faites. Mais il est temps de commencer à en débattre, loin des passions politiques actuelles. Ni les expériences, de 1959, de 1987, de 2011, de 2014, de 2021, même si elles peuvent êtres des objets à inspiration, ne constituent la solution. Seul un nouveau projet de la République peut nous faire avancer.

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