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Exposition à Gibellina | «Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée»

08. September 2026 um 08:56

Une exposition collective bilingue «Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée» a été inaugurée le samedi 5 septembre 2026 au musée Santa Caterina de Gibellina Vecchia, dans la province de Trapani ; elle s’inscrit dans le programme officiel de Gibellina, Capitale italienne de l’art contemporain 2026.

Selon les organisateurs, l’exposition vise à créer un dialogue entre deux territoires séparés par moins de 150 kilomètres de mer, mais unis par une longue histoire d’échanges, d’influences réciproques et de modes de vie. Une relation qui transparaît non seulement à travers les événements historiques, mais aussi dans les paysages, les pratiques agricoles, les traditions rurales et les influences culturelles ayant traversé, durant des siècles, les deux rives de la Méditerranée.

La Sicile occidentale et le sud de la Tunisie présentent en effet des caractéristiques paysagères et agricoles en partie similaires, tandis que les traces des influences arabo-normandes témoignent de la profondeur d’une relation ayant transcendé les divisions politiques et géographiques. La gastronomie incarne également ce métissage, à l’instar du couscous au poisson de Trapani, exemple d’une tradition culinaire capable d’évoquer une appartenance méditerranéenne commune.

Le projet a vu le jour grâce à la collaboration entre l’association de Trapani I Colori della Vita et l’association tunisienne Didon & Enée, avec le concours de l’association Percorsi a Morsi, gestionnaire du musée Santa Caterina.

L’initiative vise ainsi à faire de la culture un espace de rencontre entre communautés, artistes et territoires, en réinvestissant une mémoire partagée à travers des langages contemporains.

Le vernissage a notamment réuni le maire de Gibellina, Salvatore Sutera, le consul de Tunisie à Palerme, Mohamed Ali Mahjoub, le directeur artistique de Gibellina 2026, Andrea Cusumano, et le président de l’association Percorsi a Morsi, Michele Benfari, confirmant ainsi la dimension institutionnelle et culturelle du projet.

Photos de Mouna Fkih Khouaja,

Un dialogue entre passé et présent

Le parcours de l’exposition associe des photographies historiques et des cartes postales d’époque — restaurées et sélectionnées par le maître italien Michele Fundarò et l’artiste et photographe tunisien Saber Bhari — à des clichés contemporains réalisés par seize photographes siciliens et tunisiens.

L’exposition devient alors un dialogue entre passé et présent, où images d’archives et photographie contemporaine racontent l’évolution de territoires marqués par la relation entre l’homme, la terre et la Méditerranée.

Parmi les artistes présents figurent Nino Castiglione, Ameni Chermiti, Michele Cernigliaro, Tonino Corso, Ivan De Francesco, Mouna Fkih Khouaja, Matteo Garone, Slim Gomri, Kaouther Khedija Khouini, Soumaya Larbi, Fabio Marino, Giuseppe Monteleone, Paolo Rizzo, Lorenzo Tallarita, Marilena Todaro et Skander Zarrad. Leurs œuvres mettent l’accent sur la relation entre les communautés et le territoire, le monde agricole, le pastoralisme et les transformations qui touchent les zones rurales.

C’est un point de vue qui s’éloigne des circuits touristiques classiques pour se concentrer sur les réalités quotidiennes et les identités locales. Le projet revêt ainsi une dimension qui dépasse le cadre purement artistique. La photographie devient un outil pour interroger le sens même de l’identité méditerranéenne, en montrant comment, au-delà des frontières nationales, subsistent des éléments communs dans les paysages, le travail de la terre, les traditions culinaires et la mémoire collective.

Photos de Mouna Fkih Khouaja,

Le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée a également été ponctué d’un volet gastronomique, avec les chefs Peppe Giuffrè et Taieb Bouhadra, invités à proposer un parcours à travers les saveurs de la tradition méditerranéenne. L’exposition restera ouverte au public en Italie jusqu’au 24 septembre 2026, au musée Santa Caterina de Gibellina Vecchia. À l’issue de cette étape italienne, la collection entamera une tournée en Tunisie, poursuivant ainsi le dialogue culturel entre les deux rives qui constitue le fil conducteur de l’initiative. L’exposition s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le patrimoine immatériel méditerranéen et sur la possibilité de recourir à l’art et à la culture pour renforcer les échanges entre la Tunisie et l’Italie, en s’appuyant non seulement sur les relations institutionnelles contemporaines, mais aussi sur une mémoire plus ancienne et stratifiée, préservée au sein des territoires et des communautés qui, depuis des siècles, bordent la même mer.

I. B. (avec Agenzia Nova).

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Festival du Poisson à la Goulette | Entre mer, gastronomie et patrimoine

27. August 2026 um 09:06

Ouvert avant-hier soir, mardi 25 août 2026, le Festival du poisson à La Goulette sera clôturé ce soir, jeudi 27 août, dans cette cité portuaire et balnéaire située à une vingtaine de kilomètres au nord de Tunis. Il réunit résidents et visiteurs autour des thèmes de la mer, de l’art culinaire, de la mémoire culturelle et du vivre-ensemble.

Lors de cet événement, les rues de La Goulette se transforment en une scène à ciel ouvert cette manifestation culinaire, culturelle et populaire visant à valoriser l’identité maritime de la ville à travers des spectacles, des initiatives commerciales et des activités dédiées au patrimoine local. À l’occasion du festival, la municipalité interdit la circulation et le stationnement sur l’avenue Franklin Roosevelt — l’une des principales artères de la ville — de 17 heures à minuit. Et ce afin de garantir la sécurité du public et faciliter les déplacements des participants. Les automobilistes sont également invités à respecter la signalisation et à emprunter des itinéraires alternatifs afin de limiter les perturbations de la circulation.

Le cœur de la manifestation est un défilé de carnaval traversant les rues de La Goulette, transformant l’espace urbain en un lieu de rencontre entre expressions artistiques et traditions locales.

L’événement est conçu pour dépasser le simple cadre du spectacle, s’inscrivant dans une démarche plus large de revitalisation urbaine et de mise en valeur du patrimoine de La Goulette. La ville — historiquement liée au port, à la pêche et à sa dimension multiculturelle, notamment à travers le quartier italien connu sous le nom de «Petite Sicile» — se présente ainsi comme un espace capable d’allier tradition et initiatives culturelles contemporaines.

Parmi les thèmes centraux de l’événement figurent également la tolérance interreligieuse et le dialogue entre les différentes composantes de la communauté, dans le sillage de la sortie de la statue de la Madone de Trapani de l’église de la ville où coexistent dans une parfaite entente musulmans, chrétiens et juifs depuis plusieurs siècles.

Une attention particulière est aussi portée à la dimension gastronomique ainsi qu’à la promotion des activités économiques locales. Durant toute la durée du festival, un marché aux poissons est installé, permettant aux producteurs de vendre directement aux consommateurs et créant ainsi un lien entre la manifestation et l’une des activités traditionnellement associées à l’identité de la ville. Cette initiative s’accompagne d’une formule destinée aux restaurants et aux commerces, proposant un plat complet à base de poisson au prix fixe de 14 dinars, afin d’encourager la participation du public et de soutenir les activités commerciales pendant l’événement.

Le Festival du poisson constitue donc aussi une tentative de réinsuffler de la vie collective dans les espaces publics de La Goulette, grâce à une combinaison de spectacles, d’activités commerciales, de gastronomie et d’initiatives culturelles. Le choix d’ancrer le programme dans le lien avec la mer et le patrimoine de la ville vise à renforcer l’image de La Goulette en tant que destination de proximité pour les résidents comme pour les visiteurs, tout en valorisant son caractère maritime et son histoire.

Enfin, la manifestation s’inscrit dans une saison estivale durant laquelle plusieurs villes tunisiennes misent sur des événements culturels et des initiatives locales pour animer les espaces urbains et soutenir les économies de quartier.

I. B.

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