Normale Ansicht

Vers une Tunisie 100% énergie renouvelable : réalité ou utopie ?

Von: tmps
02. Juli 2026 um 10:15

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

La question de la transition énergétique en Tunisie dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple débat technique. Elle touche directement à la souveraineté du pays, à sa stabilité économique et à sa capacité à s’adapter aux bouleversements climatiques mondiaux. Dans un contexte où la planète entière accélère sa mutation vers des systèmes énergétiques décarbonés, la Tunisie se trouve face à une équation complexe : comment réduire une dépendance encore forte aux énergies fossiles tout en exploitant un potentiel naturel exceptionnel en solaire et en éolien?

L’idée d’une Tunisie alimentée à 100% par des énergies renouvelables suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme. Enthousiasme, car le pays bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés du bassin méditerranéen, estimé entre 2.800 et 3.200 heures par an selon les régions. Scepticisme, car la réalité énergétique actuelle reste dominée par le gaz naturel, qui représente plus de 90% de la production électrique nationale, dont une part importante est importée. Entre ces deux extrêmes, la transition s’impose comme un chemin long, exigeant et progressif.

Une dépendance énergétique structurelle lourde à transformer

La Tunisie consomme chaque année environ 8 à 10 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), dont une part importante est couverte par des importations énergétiques. Cette dépendance dépasse parfois 50% de la consommation nationale, selon les années et la production locale de gaz. Cette situation fragilise directement l’économie nationale, notamment à travers la pression sur les réserves en devises.

La production d’électricité repose majoritairement sur le gaz naturel, avec une contribution marginale des énergies renouvelables qui reste encore inférieure à 10-12% du mix électrique, malgré les objectifs officiels plus ambitieux fixés pour la prochaine décennie. Cette lente progression montre l’écart entre les stratégies annoncées et leur mise en œuvre réelle.

Le coût énergétique constitue également un fardeau important. Les subventions publiques à l’énergie représentent plusieurs centaines de millions de dinars par an, ce qui limite la capacité de l’État à investir massivement dans les infrastructures vertes. Ainsi, la transition énergétique ne peut être dissociée de la question plus large de la réforme économique.

Un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés de la région

La Tunisie possède pourtant un avantage naturel indéniable. Le potentiel solaire exploitable est estimé à plus de 60.000 MW, alors que la capacité installée actuelle reste largement inférieure, autour de quelques centaines de mégawatts seulement. Cela signifie que moins de 5% du potentiel solaire est aujourd’hui exploité, ce qui révèle un écart considérable entre ressources disponibles et valorisation réelle.

Dans certaines régions du Sud tunisien, l’irradiation solaire dépasse les 2.200 kWh/m²/an, un niveau comparable à certaines zones du désert du Sahara considérées comme idéales pour les mégaprojets solaires. Par ailleurs, le potentiel éolien est également significatif, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud du pays, avec des vitesses moyennes de vent dépassant 7 m/s dans certaines zones favorables.

Des projets comme les centrales solaires de Tozeur ou les parcs éoliens de Bizerte et de Sidi Daoud montrent que la transition est techniquement possible. Cependant, leur capacité cumulée reste encore insuffisante pour transformer profondément le mix énergétique national.

Les freins économiques, techniques et institutionnels

Malgré ce potentiel, plusieurs obstacles ralentissent fortement la transition. Le premier est économique. Les investissements nécessaires pour atteindre une transition énergétique significative sont estimés à plusieurs milliards de dollars sur les prochaines décennies. À titre d’exemple, le développement d’un parc solaire de 1 GW peut nécessiter entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars, selon la technologie utilisée.

Le deuxième frein est technique. L’intermittence des énergies renouvelables impose la mise en place de systèmes de stockage avancés. Or, les capacités de stockage en Tunisie restent encore limitées, ce qui oblige à maintenir une forte dépendance aux centrales thermiques pour stabiliser le réseau électrique.

Le troisième frein est institutionnel. Les procédures administratives, la complexité des autorisations et le manque de coordination entre les acteurs publics et privés ralentissent l’exécution des projets. Même si des réformes ont été engagées, le rythme de mise en œuvre reste inférieur aux besoins réels de la transition.

Enfin, le réseau électrique national nécessite une modernisation importante. Les pertes techniques et non techniques peuvent atteindre jusqu’à 15% de l’électricité produite, ce qui représente un gaspillage significatif et réduit l’efficacité globale du système énergétique.

Vers une transition progressive plutôt qu’une rupture totale

Face à ces contraintes, l’idée d’une Tunisie 100% énergie renouvelable à court terme apparaît difficilement réalisable. Aucun pays au monde n’a encore atteint une indépendance totale en énergies fossiles à grande échelle, même parmi les nations les plus avancées dans ce domaine.

Cependant, la Tunisie peut viser un objectif plus réaliste et stratégique : atteindre une part de 35 à 40% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2035, comme le suggèrent certaines stratégies nationales. Une telle évolution permettrait déjà une réduction significative des émissions de CO₂ et de la dépendance énergétique extérieure.

La transition doit également s’accompagner d’une transformation des usages. Le secteur du transport, par exemple, représente près de 30% de la consommation énergétique finale, et constitue donc un levier majeur de décarbonation. Le développement des véhicules électriques, encore marginal aujourd’hui, pourrait jouer un rôle clé dans cette évolution.

Sur le plan économique, la transition énergétique représente aussi une opportunité de création d’emplois. Selon certaines estimations internationales, chaque mégawatt installé dans les énergies renouvelables génère entre 5 et 10 emplois directs et indirects, ce qui pourrait dynamiser le marché du travail tunisien.

Ainsi, la question initiale -réalité ou utopie- trouve une réponse nuancée. Une Tunisie 100% renouvelable dans un avenir proche reste un objectif extrêmement ambitieux. Mais une Tunisie en transition rapide, exploitant progressivement son potentiel solaire et éolien, est non seulement possible, mais nécessaire.

La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si cet objectif est atteignable immédiatement, mais plutôt de déterminer à quelle vitesse la Tunisie est prête à transformer son modèle énergétique. Car dans ce domaine, le retard n’est pas seulement technique, il est aussi stratégique, économique et environnemental.

L’article Vers une Tunisie 100% énergie renouvelable : réalité ou utopie ? est apparu en premier sur Le Temps News.

Les salles de sport en plein essor : simple effet de mode ou véritable changement de mode de vie ?

Von: tmps
02. Juli 2026 um 09:26

Pendant longtemps, les salles de sport étaient principalement fréquentées par des passionnés de musculation ou des sportifs confirmés. Aujourd’hui, leur public s’est considérablement diversifié. Étudiants, cadres, retraités, femmes au foyer ou encore adolescents franchissent désormais les portes des clubs de fitness avec des objectifs très variés. Certains souhaitent perdre du poids, d’autres améliorer leur condition physique, réduire leur stress ou simplement adopter un mode de vie plus sain. Cette évolution s’observe également en Tunisie, où de nombreuses salles ouvrent leurs portes chaque année et où les abonnements connaissent une demande croissante. Cette popularité traduit-elle un simple phénomène de mode ou annonce-t-elle un changement durable des habitudes de vie ?

Une nouvelle culture du bien-être

La pratique sportive n’est plus seulement associée à la recherche d’un physique parfait. Depuis plusieurs années, les professionnels de la santé rappellent les nombreux bénéfices d’une activité physique régulière sur l’organisme. Le sport contribue à prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité et certaines pathologies chroniques. Il améliore également le sommeil, réduit le stress, diminue les symptômes de l’anxiété et favorise une meilleure santé mentale. Cette prise de conscience s’est largement diffusée grâce aux campagnes de prévention, aux réseaux sociaux et à la multiplication des contenus consacrés au bien-être. Les coachs sportifs, les nutritionnistes et les médecins insistent désormais davantage sur l’importance d’intégrer l’exercice physique dans le quotidien plutôt que de rechercher uniquement des performances sportives ou esthétiques. En Tunisie, cette évolution est particulièrement visible chez les jeunes actifs, souvent confrontés à un mode de vie sédentaire marqué par de longues heures passées devant un ordinateur. Après une journée de travail, la salle de sport apparaît comme un moyen de se défouler, de retrouver de l’énergie et de préserver sa santé.

Des salles qui se réinventent pour séduire un public plus large

Face à cette demande croissante, les salles de sport ont profondément transformé leur offre. Les établissements ne proposent plus uniquement des appareils de musculation. Les cours collectifs occupent désormais une place centrale avec des disciplines variées comme le yoga, le Pilates, le cycling, le CrossFit, la danse fitness, les entraînements fonctionnels ou encore les séances de renforcement musculaire adaptées à tous les niveaux. Certaines salles vont plus loin en proposant un accompagnement global. Bilans corporels, programmes nutritionnels, coaching personnalisé, applications mobiles de suivi des performances et espaces de récupération permettent aux adhérents de bénéficier d’un encadrement complet. Les femmes représentent aujourd’hui une part importante de cette clientèle. Beaucoup recherchent un environnement rassurant où elles peuvent pratiquer une activité physique adaptée à leurs objectifs, qu’il s’agisse de remise en forme, de tonification musculaire ou simplement de bien-être. Plusieurs établissements proposent d’ailleurs des espaces réservés aux femmes ou des cours spécialement conçus pour elles.

Les réseaux sociaux, moteur de motivation mais aussi de pression

Impossible d’évoquer le succès des salles de sport sans parler de l’influence des réseaux sociaux. Ces derniers regorgent de vidéos d’entraînement, de conseils nutritionnels et de transformations physiques spectaculaires. Les influenceurs spécialisés dans le fitness partagent quotidiennement leurs séances et encouragent leurs abonnés à adopter un mode de vie plus actif. Cette visibilité contribue incontestablement à démocratiser la pratique sportive. Beaucoup de personnes franchissent le pas après avoir découvert des exercices accessibles ou des témoignages inspirants. Les salles de sport elles-mêmes utilisent les réseaux sociaux pour présenter leurs installations, promouvoir leurs offres ou mettre en avant les réussites de leurs adhérents. Cependant, cette exposition permanente peut aussi générer une certaine pression. Les images de corps parfaitement sculptés ou les défis sportifs parfois irréalistes peuvent décourager certaines personnes qui comparent leurs résultats à ceux affichés en ligne. Les spécialistes rappellent pourtant que chaque individu évolue à son propre rythme et que la priorité reste la santé plutôt que la recherche d’un idéal esthétique.

Une pratique qui résiste malgré les contraintes économiques

Le contexte économique actuel pourrait laisser penser que les dépenses consacrées au sport seraient les premières à être supprimées du budget des ménages. Pourtant, de nombreux adhérents choisissent de maintenir leur abonnement malgré l’augmentation du coût de la vie. Cette fidélité s’explique en partie par le fait que la salle de sport est désormais perçue comme un investissement dans la santé plutôt qu’une simple activité de loisirs. Beaucoup considèrent qu’une activité physique régulière permet de prévenir certains problèmes médicaux et d’améliorer durablement leur qualité de vie. Les établissements se sont également adaptés en proposant des abonnements plus flexibles, des forfaits mensuels ou encore des promotions saisonnières afin de toucher un public plus large. Cette diversification de l’offre contribue à maintenir l’attractivité du secteur malgré les difficultés économiques.

Un changement qui semble s’installer durablement

Si certaines personnes s’inscrivent encore dans les salles de sport par effet de mode ou à l’approche de l’été, la tendance générale semble beaucoup plus profonde. Les habitudes évoluent progressivement vers une meilleure prise en compte de la santé physique et mentale. Le sport s’intègre désormais dans le quotidien au même titre qu’une alimentation équilibrée ou qu’un sommeil de qualité. Les entreprises encouragent également cette évolution en mettant en place des programmes de bien-être pour leurs salariés, tandis que les professionnels de santé recommandent de plus en plus souvent une activité physique régulière comme complément aux traitements médicaux.

En Tunisie, cette dynamique devrait continuer à se développer avec l’arrivée de nouveaux concepts, l’ouverture de salles plus spécialisées et l’intérêt grandissant des jeunes générations pour le bien-être. Le défi sera désormais de rendre cette pratique accessible au plus grand nombre, notamment dans les régions où les infrastructures restent insuffisantes. L’essor actuel des salles de sport ne semble donc pas être un simple phénomène passager. Il reflète une évolution plus profonde des mentalités, où prendre soin de sa santé devient une priorité. Si l’esthétique continue de motiver une partie des pratiquants, elle n’est plus la seule raison qui pousse les Tunisiens à enfiler leurs baskets. La recherche d’un meilleur équilibre de vie, d’une meilleure condition physique et d’un bien-être durable apparaît désormais comme le véritable moteur de cette transformation. Si cette dynamique se confirme dans les années à venir, les salles de sport pourraient devenir, au même titre que les centres de santé ou les espaces culturels, des lieux incontournables du quotidien.

Leila SELMI

L’article Les salles de sport en plein essor : simple effet de mode ou véritable changement de mode de vie ? est apparu en premier sur Le Temps News.

« Chants du Troubadour Eloquent », nouveau recueil de Jalal El Mokh

Von: farhat
01. Juli 2026 um 19:20

« Chants du Troubadour Eloquent » est l’un des derniers recueils de poésie parus en juin 2025 aux Editions « Dar Al Thakafia » Rappelons que Jalal El Mokh, poète et écrivain prolifique, a à son actif plus d’une cinquantaine de livres écrits dans les deux langues (arabe, français) et dans des genres différents (poésie, roman, essai, traduction)

Ce recueil de poésie est une œuvre où les poèmes sont organisés de manière chronologique, chaque poème correspondant à un jour précis, et tous écrits au cours d’un seul mois (mars 2025). Ce type de structure nous donne une dimension intime et temporelle à l’œuvre, comme si nous étions en train de lire le journal intime du poète, nous permettant ainsi de suivre l’évolution des pensées, des émotions ou des événements du poète jour après jour. En effet, ce caractère quotidien peut créer une proximité avec le poète, comme un partage intime.

Ce type de recueil, caractérisé par la progression jour par jour, crée un rythme régulier et une continuité narrative et émotionnelle. Le lecteur peut percevoir les changements d’humeur, d’inspiration ou de contexte au fil des jours, sachant que les thèmes abordés sont multiples et variés. Ecrire un poème par jour pendant un mois est un défi créatif qui suppose une imagination débordante et fertile et une inspiration intarissable de la part du poète. Cela reflète aussi une période intense de création vécue par le poète, liée à ce mois (mars 2025).

Cette structure aura certainement un effet sur le lecteur qui s’invite à une lecture séquentielle, jour après jour, pour ressentir la progression. Mais elle peut aussi permettre une lecture fragmentée, où chaque poème est une unité autonome et où les thèmes sont variés (personnels, lyriques, sociaux, existentiels…)

Il n’est pas possible ici d’analyser tous les poèmes de ces recueils ; nous nous bornerons à en citer seulement trois parmi les treize poèmes qui constitue le recueil..

Le poème d’ouverture s’intitule « Mort clinique », dont le thème central est la perte temporaire de l’inspiration poétique, mais suivie d’une renaissance créative. Le poème explore la crise de la création poétique, symbolisée par une « mort clinique », une métaphore forte qui évoque un état d’arrêt, d’inaction, voire de paralysie intérieure. Le poète se sent incapable d’écrire, dénué de toute inspiration, comme s’il était « mort » à sa propre créativité. Cette image traduit une souffrance profonde, un vide existentiel où la parole poétique semble impossible. Mais le poème se termine sur une note d’espoir, avec la renaissance de la verve poétique, la réapparition de la flamme créatrice. Ainsi « la mort clinique » de l’inspiration finit une résurrection poétique. Le poème « Mort clinique » est une méditation profonde sur la crise créative et la puissance de la renaissance poétique. Sa structure chronologique, ses images fortes et son ton contrasté permettent au lecteur de ressentir intensément ce combat intérieur, et d’en sortir avec un sentiment d’espoir et de renouvellement.

Le poème « Face à la mer » (P : 11) évoque un souvenir que le poète garde de la mer d’Hammam-Lif, sa ville natale. Ce poème explore un thème universel et profondément humain : la mémoire du passé et la nostalgie qui en découle. La mer, vaste et intemporelle, devient un miroir où le poète projette ses souvenirs, ses émotions anciennes, et la mélancolie liée au temps qui passe. Face à la mer, le poète se retrouve dans un espace propice à la réflexion, à la remémoration. La mer agit comme un pont entre les souvenirs enfouis et la conscience actuelle. « Face à la mer » est un poème qui mêle habilement souvenirs personnels et symboles universels pour exprimer la nostalgie. Par sa structure, ses images et son ton, il invite le lecteur à une méditation sur le temps qui passe, la mémoire et la beauté fragile des instants vécus. La mer, omniprésente, devient le témoin silencieux de cette émotion profonde.

Le dernier poème porte le même titre que celui du recueil : « Chants du troubadour Eloquent » (P : 108). Dans ce poème, l’auteur prend la défense du troubadour, non en tant que chanteur ambulant du Moyen-Âge qui chantait l’amour courtois ; mais en tant qu’un chanteur qui critique le pouvoir en place par ses chants, à travers ses chansons satiriques ou sa poésie engagée. En effet, il met l’accent sur ces troubadours qui composaient des œuvres souvent destinées à la cour, non pour les glorifier et les encenser, mais aussi pour exprimer des critiques sociales et politiques pour ébranler la cour royale et tous les courtisans, généralement formés de profiteurs, de vils flatteurs et de lèche-bottes.

Hechmi KHALLADI

L’article « Chants du Troubadour Eloquent », nouveau recueil de Jalal El Mokh est apparu en premier sur Le Temps News.

Avec les canicules attendues et un El Niñotoujours aussi menaçant : il fera encore plus chaud cet été

Von: tmps
01. Juli 2026 um 10:18

C’est le bulletin saisonnier publié par l’INM qui le révèle. En Tunisie, on s’attend à un été torride avec des températures plus chaudes que les normales saisonnières pour la saison juillet-août-septembre 2026 et un risque sérieux de voir le phénomène El Niño faire son apparition…

D’après ce bulletin émis par l’Institut national de la météorologie, la saison estivale (juillet-août-septembre) correspond normalement à la période la plus chaude de l’année en Tunisie. Elle est caractérisée par des températures élevées sur l’ensemble du territoire, particulièrement dans les régions du Centre et du Sud. Quant aux précipitations, elles sont irrégulières et généralement faibles.

Selon les normales climatologiques de référence (de 1991 à 2020), les températures moyennes saisonnières varient entre 25,5°C et 27,5°C dans le Nord du pays et les régions côtières, et entre 27°C et 32°C dans les régions du Centre et du Sud. Les températures les plus basses sont observées à Thala, où les moyennes saisonnières sont de l’ordre de 24°C.

Quant à la pluviométrie, le scénario d’une légère augmentation des précipitations par rapport aux normales pour la saison juillet-août-septembre 2026 est privilégiée sur la Tunisie. Toutefois, les variations régionales demeurent possibles en raison de la forte variabilité spatio-temporelle des précipitations estivales.

Les cumuls saisonniers pour la période en question varient globalement entre 59 et 99 mm dans les régions du Nord, entre 41 et 81 mm dans le Centre du pays et deviennent inférieurs à 34 mm dans la plupart des régions du Sud, avec des valeurs inférieures à 10 mm dans l’extrême Sud.

Juillet 2026 : le mois le plus sec de la saison

Les températures moyennes normales de ce mois varient généralement entre 26°C et 30°C dans le Nord et le Centre, et entre 28°C et 33°C dans le Sud. Juillet constitue le mois le plus sec de la saison. Les cumuls des précipitations dépassent rarement 15 mm dans le Nord et le Centre, tandis qu’elles sont presque nulles dans le Sud.

Août 2026 : augmentation sensible des précipitations

Les températures moyennes normales du mois, calculées sur la période de référence 1991-2020, varient entre 25°C et 30°C au Nord et au Centre, et entre 27°C et 33°C dans le Sud du pays. Le mois d’août enregistre une augmentation sensible des précipitations sur plusieurs régions du pays par rapport au mois de juillet. Les cumuls pluviométriques normaux, qui varient entre 15 et 30 mm sur les régions ouest du Nord et du Centre, demeurent inférieurs à 8 mm dans les régions du Sud et dépassent rarement 18 mm dans le reste du territoire.

Septembre 2026 : épisodes orageux de fin d’été

Les températures moyennes climatologiques de septembre, calculées sur la période de référence 1991-2020, oscillent entre 21°C et 27°C sur les régions du Nord et du Centre, et entre 26°C et 29°C dans le Sud du pays. Les précipitations augmentent par rapport aux mois précédents sous l’effet des épisodes orageux de fin d’été. Les cumuls pluviométriques normaux varient généralement entre 38 et 80 mm au Nord et au Centre, alors qu’ils restent plus modestes dans le Sud de la Tunisie, où ils se situent entre 9 et 34 mm.

Comme on le constate, le bulletin évoque une météo estivale ordinaire, mais avec ce qui se passe actuellement, chez nous comme dans la plupart des pays européens, les moyennes citées pourraient bien sauter de manière plus qu’inquiétante car, avec des températures qui avoisinent les 40 degrés en juin, on doit s’attendre au pire durant les mois de juillet et d’août 2026.

Ainsi, les prévisions météo pour la Tunisie en juillet 2026 annoncent, selon certains spécialistes, un temps caniculaire très sec et ensoleillé sur l’ensemble du territoire. Les températures devraient dépasser les normales de saison, avec des moyennes oscillant entre 26°C et 30°C au Nord et au Centre, et pouvant grimper de 33°C à plus de 40°C dans le Sud et à l’intérieur des terres.

Le climat se décline selon les spécificités régionales suivantes :

Régions côtières et Nord (Tunis, Bizerte, Sousse, Djerba) : les températures maximales restent généralement comprises entre 33°C et 36°C. Une brise marine viendra atténuer la sensation de chaleur, avec une température de l’eau idéale pour la baignade (environ 25°C).

Régions intérieures et Sud (Kairouan, Tozeur) : le thermomètre franchira fréquemment la barre des 40°C. Une chaleur étouffante est à prévoir, nécessitant une bonne hydratation et une protection adaptée.

Précipitations : le temps sera quasi désertique. Il ne pleut pratiquement jamais en juillet, avec une moyenne de zéro à un jour de pluie sur l’ensemble du mois.

El Niño risque de s’inviter !

Pour l’été 2026, les prévisions confirment le développement officiel d’un nouvel épisode du redoutable El Niño. Ce phénomène entraîne un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial qui, en se superposant au changement climatique, menace de faire de 2026-2027 l’une des périodes les plus chaudes jamais enregistrées.

Pour ce qui est des prévisions, les modèles climatiques de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) prévoient une montée en puissance continue du phénomène tout au long de la saison, avec un risque accru d’épisodes caniculaires durables. En Europe et en Afrique du Nord, l’été se caractérise par des températures supérieures à la normale et des vagues de chaleur prolongées.

Qu’en sera-t-il pour la Tunisie ?

Notre pays, comme ceux du bassin méditerranéen, fait face à des risques climatiques accrus en raison de l’intensité de ce phénomène, considéré comme l’un des plus puissants des dernières décennies. Ainsifaut-il s’attendre à des vagues de chaleur plus longues et plus intenses que la normale, avec des températures locales dépassant souvent les moyennes saisonnières, assorties de nuits caniculaires.

Kamel ZAIEM

L’article Avec les canicules attendues et un El Niñotoujours aussi menaçant : il fera encore plus chaud cet été est apparu en premier sur Le Temps News.

Foire aux fleurs à Ezzahra : sensibiliser à l’amour de la nature

Von: tmps
01. Juli 2026 um 09:26

Les habitants d’Ezzahra et de toutes les villes environnantes ont rendez-vous avec les fleurs et les plantes depuis quelques jours. C’est la Foire aux fleurs, organisée par la commune d’Ezzahra chaque année en début d’été. Cette année, la foire s’installe un peu en retard par rapport aux années précédentes. Depuis des années, les habitants de cette ville se sont habitués à voir cette foire se tenir chaque année fin mai et début juin, une période qui a toujours coïncidé avec la fête des Mères (fin mai) et la Journée Mondiale de l’Environnement (5 juin).

C’est une occasion offerte aux horticulteurs et à beaucoup d’autres artisans spécialisés dans le domaine du jardinage et des outillages et accessoires pour l’entretien des jardins, mais aussi une opportunité pour les gens d’acquérir à des prix promotionnels leurs besoins en plantes pour habiller leurs jardins, leurs terrasses et leurs balcons. Depuis son ouverture, la Foire a drainé un monde nombreux, passionné de plantes et de protection de l’environnement.

Cette foire est un merveilleux rendez-vous de saison, qui remporte chaque année un succès auprès des habitants de cette localité de la banlieue sud et pas mal de visiteurs viennent de partout pour s’approvisionner en fleurs, en arbrisseaux, en plantes ou encore s’enquérir auprès des vendeurs et des spécialistes sur la façon d’entretenir telle ou telle plante ou connaître aussi les noms de milliers d’espèces de plantes et de leurs origines. Les passionnés de fleurs viennent fouiller dans les végétaux exposés, à la recherche d’une plante inconnue, rare ou de collection. Les amateurs dejardinage choisissent les meilleures combinaisons de plantes pour garnir leurs jardins et leurs balcons. Il y a des clients fidèles qui viennent chaque année pour renouveler leurs espaces verts ou l’intérieur de leur appartement.

Cette foire qui se tient sur la place Ennafoura (la fontaine), située sur l’avenue principale qui mène au centre-ville, voit aussi la présence des potiers qui proposent aux clients leurs pots de fleurs ou vases en argile aux multiples dimensions et des apiculteurs qui exposent du miel d’abeilles aux goûts divers. Des producteurs végétaux, des pépiniéristes, des rosiéristes, des grainetiers, des semenciers et des paysagistes viennent de plusieurs régions environnantes pour prendre part chaque année à cette manifestation florale.

On y rencontre également d’autres activités en rapport avec les fleurs, comme la parfumerie et le commerce de l’eau de rose et de géranium et même des plantes naturelles aux vertus médicales. On y croise des exposants qui sont des habitués et qui ne ratent aucune session. Il y a aussi des clients fidèles à cette foire, des amateurs de végétation et de verdure, des amoureux des fleurs et de la nature, qui viennent choisir les meilleures combinaisons de plantes pour garnir leurs espaces verts ou renouveler leurs jardins ou l’intérieur de leurs maisons. Rien qu’à voir la foule des gens qui se précipitent sur les stands, on peut dire que le Tunisien aime le monde des fleurs et trouve du plaisir à vivre entouré de plantes. Cette foire doit certes avoir pour objectif la promotion de la vente des fleurs, des arbustes et des plantes, mais doit être avant tout une manifestation culturelle à but non lucratif, qui tend à sensibiliser les gens à l’amour des plantes et, partant, de la nature et de l’environnement.

Un manque flagrant d’activités culturelles

Cette foire aux fleurs existe depuis une vingtaine d’années. Cet événement a le mérite de créer une certaine animation tout près de la grande fontaine. L’on se demande pourtant pourquoi cette fontaine entourée d’espaces gazonnés a été, depuis quelques années, abandonnée et négligée par les autorités municipales alors qu’avant, des parents accompagnés de leurs petits enfants venaient passer des heures à se divertir sur le gazon autour de la fontaine. Nous avons donc encore une fois remarqué l’absence d’activités culturelles qui doivent accompagner cette foire, comme il se passe dans les foires semblables dans plusieurs villes du monde. Nous aurions souhaité voir cette foire concocter pour le plaisir de ses visiteurs un programme d’animation culturelle qui rime avec l’ambiance des fleurs.

En effet, un concours de dessin en plein air, destiné aux enfants et supervisé par des professeurs des Beaux-arts pourrait avoir lieu en marge de cette foire et aurait pour thème la nature et l’environnement, ce qui pourrait illustrer mieux cet événement. De même, on pourrait organiser en marge de cette foire un colloque ou une conférence où interviennent paysagistes, fleuristes et horticulteurs pour informer le public intéressé sur les nouvelles techniques et découvertes dans le domaine du jardinage et le monde des fleurs. Les organisateurs pourraient également penser à faire appel aux poètes de la région pour déclamer en public leurs poèmes sur le thème des fleurs et de la nature et aux artistes-peintres de la ville pour exposer leurs travaux sur la nature et le monde des fleurs, moyennant des prix à décerner aux meilleures productions. Les troupes musicales de la région pourraient également participer à l’animation de cette foire en donnant des spectacles en plein air. Ce ne sont là que des suggestions qui méritent d’être envisagées pour les prochaines sessions de cette foire aux fleurs dont les senteurs pourraient être plus fragrantes, plus rayonnantes !

Hechmi KHALLADI

L’article Foire aux fleurs à Ezzahra : sensibiliser à l’amour de la nature est apparu en premier sur Le Temps News.

La diplomatie numérique tunisienne à l’épreuve de la transformation digitale africaine : lecture géopolitique et institutionnelle d’une candidature continentale

Von: tmps
01. Juli 2026 um 08:22

Par Mondher AFI

Sous l’autorisation du Président de la République, Kaïs Saïed, les autorités tunisiennes ont engagé une démarche diplomatique visant à mobiliser le soutien des États africains en faveur des candidatures tunisiennes au Conseil de l’Union africaine des télécommunications (UAT), au Conseil de l’Union internationale des télécommunications pour la période 2027-2030, ainsi qu’au poste de Secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications.

La réunion présidée conjointement par le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, et le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, avec les chefs des missions diplomatiques africaines accrédités à Tunis dépasse largement le cadre protocolaire. Elle traduit une articulation entre diplomatie, politique technologique et gouvernance continentale.

Cette initiative intervient dans un contexte où le numérique constitue désormais un facteur structurant de la puissance publique. Les infrastructures numériques, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, les données et les plateformes sont devenues des ressources stratégiques comparables aux infrastructures énergétiques ou aux réseaux de transport. La candidature tunisienne s’inscrit ainsi dans une dynamique institutionnelle plus large portée par la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique, élaborée afin de concrétiser les ambitions de l’Agenda 2063.

Comme l’affirmait Manuel Castells, «la technologie ne détermine pas la société, elle est la société». Cette observation rappelle que les politiques numériques ne constituent plus un secteur administratif spécialisé, mais une composante fondamentale des rapports de pouvoir, de développement économique et d‘intégration régionale.

Une diplomatie technologique au service de l’intégration africaine

La rencontre organisée à Tunis illustre l’émergence d’une diplomatie technologique. Les ministres des Affaires étrangères et des Technologies de la communication ont mobilisé le réseau diplomatique africain afin de présenter la vision tunisienne de la gouvernance numérique continentale.

Cette démarche traduit une évolution profonde de la diplomatie contemporaine. Les organisations internationales spécialisées dans les télécommunications ne constituent plus uniquement des espaces techniques, elles sont devenues des lieux où se négocient les normes relatives aux infrastructures, à la cybersécurité, aux fréquences, à la protection des données, à l’intelligence artificielle et aux standards technologiques.

Joseph Nye rappelait que le pouvoir contemporain repose autant sur la capacité d’influencer les règles internationales que sur les ressources matérielles. Dans cette perspective, l’accès aux organes décisionnels de l’Union africaine des télécommunications représente un levier permettant de participer à la définition des orientations stratégiques du continent.

L’action diplomatique tunisienne apparaît ainsi comme une tentative d’inscrire les compétences nationales dans les mécanismes de gouvernance régionale plutôt que comme une simple recherche de visibilité institutionnelle.

La transformation numérique comme projet politique continental

La stratégie africaine de transformation numérique ne réduit pas la digitalisation à un processus technique. Elle la conçoit comme un projet de transformation globale des structures économiques, administratives et sociales.

L’objectif d’un marché numérique africain unique à l’horizon 2030 traduit une volonté d’intégration comparable à celle observée dans d’autres espaces économiques régionaux. Le développement des réseaux numériques, des paiements électroniques, des identités numériques, des services publics dématérialisés et des infrastructures de données participe à la construction d’un espace économique intégré.

Max Weber soulignait que toute administration moderne repose sur la rationalisation des procédures. La numérisation des administrations africaines répond précisément à cette logique de rationalisation en cherchant à réduire les coûts de transaction, améliorer la transparence administrative et renforcer l’efficacité des services publics.

Cette stratégie vise également à faire du numérique un instrument de réduction des inégalités territoriales, de création d’emplois qualifiés et de diversification économique.

La souveraineté numérique comme nouvelle dimension de la souveraineté des États

L’un des concepts centraux de la stratégie africaine demeure celui de la souveraineté numérique. Celle-ci ne signifie pas l’isolement technologique, mais la capacité des États à maîtriser leurs infrastructures critiques, leurs données stratégiques et leurs capacités d’innovation.

La souveraineté numérique implique plusieurs dimensions : la maîtrise des infrastructures de télécommunications, la protection des données personnelles, la cybersécurité, l’interopérabilité des systèmes nationaux, le développement des compétences locales, l’encadrement juridique des technologies émergentes.

Michel Foucault rappelait que le pouvoir s’exerce à travers les dispositifs qui organisent les comportements. Aujourd’hui, les plateformes numériques, les algorithmes et les infrastructures de données deviennent précisément ces nouveaux dispositifs de pouvoir.

Dans ce contexte, la candidature tunisienne s’inscrit dans une réflexion plus large concernant la place des États africains dans la gouvernance mondiale du numérique.

Les fondements institutionnels de la stratégie africaine

La stratégie continentale repose sur plusieurs piliers complémentaires.

Le premier concerne l’environnement réglementaire. Les États sont appelés à harmoniser leurs législations relatives au commerce électronique, à la protection des données, à la cybersécurité et aux transactions numériques.

Le deuxième pilier porte sur les infrastructures numériques. L’accès universel au haut débit constitue un préalable indispensable à toute politique de développement numérique.

Le troisième pilier concerne les compétences humaines. La stratégie insiste sur la formation aux technologies numériques, à l’intelligence artificielle, à la programmation, à la cybersécurité, à la science des données et à l’innovation.

Le quatrième pilier concerne l’innovation entrepreneuriale. Les startups technologiques sont présentées comme des acteurs essentiels de la transformation économique. Edgar Morin rappelait que «la complexité appelle la coopération». Cette idée éclaire parfaitement la logique partenariale retenue par l’Union africaine.

Le document stratégique procède à une analyse SWOT particulièrement révélatrice.

Parmi les forces figurent la diffusion rapide des téléphones mobiles, la croissance continue d’Internet ainsi que l’existence de politiques nationales des TIC dans de nombreux États.

Les opportunités résident dans la jeunesse démographique du continent, le potentiel considérable de croissance numérique, l’essor des paiements électroniques et l’émergence d’un marché continental.

Malgré la multiplication des stratégies africaines de transformation numérique, les obstacles à leur mise en œuvre demeurent profondément structurels. Les dispositifs institutionnels souffrent d’une coordination insuffisante entre les organisations continentales, régionales et nationales, tandis que l’hétérogénéité des cadres juridiques compromet l’émergence d’un espace numérique africain cohérent. À ces limites s’ajoutent le sous-financement chronique des infrastructures, l’absence de mécanismes rigoureux d’évaluation des politiques publiques et une gouvernance souvent davantage orientée vers l’adoption de stratégies que vers la mesure de leurs effets.

Cette situation est aggravée par la faible implication de la société civile dans les processus de négociation et d’élaboration des politiques numériques. Or, les organisations spécialisées dans les droits numériques disposent d’une expertise susceptible d’améliorer la qualité des cadres réglementaires, de renforcer la transparence institutionnelle et d’exercer un contrôle indispensable sur l’action publique. Leur marginalisation prive les gouvernements d’un levier essentiel d’innovation et de redevabilité.

Par ailleurs, si les initiatives multilatérales ont favorisé une certaine convergence normative, leur impact reste limité par la fragmentation des législations nationales, les écarts de développement technologique entre les États et la persistance d’une forte dépendance à l’égard des fournisseurs et plateformes extérieurs. Les cybermenaces, les vulnérabilités financières liées aux technologies émergentes et les inégalités territoriales et sociales d’accès au numérique accentuent encore ces déséquilibres. Cette configuration illustre une modernisation inachevée, où les opportunités offertes par le numérique progressent au même rythme que les risques qu’elles engendrent, révélant les limites d’une gouvernance dont l’ambition politique demeure supérieure à ses capacités institutionnelles et opérationnelles.

La gouvernance numérique comme enjeu institutionnel

Au milieu de cette dynamique continentale, l’action des autorités tunisiennes vise à inscrire le pays dans les structures de gouvernance qui accompagneront cette transformation.

La rencontre diplomatique organisée à cette occasion traduit une compréhension stratégique selon laquelle les décisions techniques prises aujourd’hui façonneront les équilibres institutionnels de demain, faisant de la gouvernance des technologies un levier majeur de l’influence internationale.

Au cours de cette démarche, le Président de la République, Kaïs Saïed, intervient dans le cadre de ses prérogatives institutionnelles en autorisant cette mobilisation diplomatique, tandis que sa mise en œuvre est assurée par les ministères compétents chargés des affaires étrangères et des technologies de la communication. Cette répartition des responsabilités traduit le caractère interministériel de la gouvernance du numérique.

Dans cette perspective, le numérique est appréhendé comme un levier d’intégration économique à l’échelle africaine, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine. Le développement des plateformes numériques contribue à la réduction des coûts de transaction, à la facilitation des paiements transfrontaliers, à l’amélioration des chaînes logistiques et au renforcement de l’attractivité des investissements.

Les travaux de Bruno Latour soulignent que les réseaux constituent des formes d’organisation des interactions et des capacités d’action. Dans le contexte africain, les réseaux numériques remplissent une fonction d’infrastructure économique en favorisant l’interconnexion des marchés et la circulation des flux. L’enjeu dépasse ainsi la seule connectivité des individus pour s’étendre à l’intégration progressive des économies.

L’intelligence artificielle et la cybersécurité

La stratégie accorde une place importante aux technologies émergentes.

L’intelligence artificielle, les objets connectés, la blockchain, les drones, la robotique et les mégadonnées sont considérés comme des leviers capables de transformer l’agriculture, la santé, l’éducation, les services financiers et l’administration.

Toutefois, ces innovations accroissent simultanément les vulnérabilités.

Jacques Ellul soulignait que toute innovation technique produit des effets imprévus qu’il convient d’anticiper. Cette réflexion justifie l’importance accordée à la cybersécurité, à la protection des données personnelles et aux cadres réglementaires.

La confiance numérique devient ainsi une condition préalable au développement économique.

L’initiative diplomatique conduite à Tunis s’inscrit dans une évolution beaucoup plus large que la seule compétition pour des fonctions internationales. Elle témoigne de la montée en puissance des enjeux numériques dans les politiques publiques africaines et de la transformation progressive de la gouvernance continentale.

L’analyse de la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique montre que le numérique est désormais conçu comme une politique de développement, un instrument d’intégration régionale, un levier de souveraineté et un facteur de recomposition géopolitique. Les objectifs relatifs à l’harmonisation réglementaire, au développement des infrastructures, à la cybersécurité, aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle traduisent une approche systémique où les dimensions économiques, institutionnelles et technologiques sont étroitement articulées.

Dans cette perspective, les candidatures tunisiennes prennent place dans un processus collectif visant à renforcer les capacités institutionnelles africaines face aux mutations de l’économie numérique mondiale. Elles participent à une dynamique où la maîtrise des normes, des infrastructures et des technologies devient un élément essentiel de la gouvernance contemporaine. Comme l’écrivait Pierre Bourdieu, «le pouvoir réside aussi dans la capacité de définir les règles du jeu». Appliquée au numérique, cette réflexion souligne que la participation aux instances continentales constitue moins une question de représentation qu’un enjeu de contribution à la définition des règles qui structureront l’espace numérique africain au cours des prochaines décennies.

L’article La diplomatie numérique tunisienne à l’épreuve de la transformation digitale africaine : lecture géopolitique et institutionnelle d’une candidature continentale est apparu en premier sur Le Temps News.

Pensées estivales : sous le poids de la canicule

Von: tmps
30. Juni 2026 um 19:58

On voudrait croire que l’été n’ait pas encore commencé, car nous ne sommes pas encore prêts à vivre ses jours et ses nuits caniculaires et pénibles. On avait rêvé quavec le phénomène des changements climatiques, on aurait la chance de passer des jours et des mois dans l’atmosphère agréable d’un temps hivernal ou printanier.

Et là, nous avons au moins le droit de rêver d’un été doux.Mais «Monsieur l’été» avait hâte de nous accueillirchaleureusement en sa saison depuis déjà plus d’une dizaine de jours. Il s’impose à nous et comme de coutume, il ne se soucie guère de notre situation pas du tout enviable avec un menu composé de chaleur, à l’ombre ou sous le soleil, de sueur et de douleur dans une ville qui suffoque et manque de beaucoup d’air en pareille période. Nous sommes contraints d’endurer les rendez-vous insupportables de l’été et qui semblent interminables. «Minable est la saison d’été !», avons-nous lancé à plusieurs gens de notre entourage. Ces derniers ne l’avaient pas partagé, non pas sur Facebook, mais ne l’avaient pas du toutapprécié, car l’été est leur saison préférée. Et c’est drôle ce que nous vivons sous ces cieux commegenre de situation, entourés d’une frange d’êtres humains qui ignorent encore qu’ils sont, peut-être, ou sûrement masochistes, qui trouvent du plaisir à souffrir.

Fuir les vagues de chaleur

Ils ont certainement raison de vivre une telle situation, car ils disposeraient pas des outils nécessaires pour combattre l’été et ses caprices : lesmoyens financiers pour passer de belles vacances en bord de mer, défiant toutes les chaleurs du monde. Il y en a même qui voyagent vers des contrées parfois lointaines pour oublier l’été et jouir de la fraîcheur. Et pour retourner vers ceux qui détestent l’été, ils arrivent jusqu’à ne pas prononcer son nom. Ils l’appellent «esskhana» (la chaleur), une appellationpar laquelle leurs pensées vont vers la fièvre, dans le sens du mal et de la pathologie. Et sans aller trop loin avec les jours d’un été pas du tout clément, on pourrait se déplacer avec de petits moyens financiers vers la Banlieue nord de Tunis, par exemple, pour piquer un nez en mer, manger un sandwich et aller ensuite dans un café calme, aéré ou climatisé et peu fréquenté pour siroter un thé et s’adonner à une lecture d’été, celle d’un roman, d’un recueil de poésie ou de nouvelles en langue arabe ou française d’ici ou d’ailleurs. Une boisson fraîche serait la bienvenuepour accompagner la lecture. On aura fui au moins, etpour quelques heures, le poids horrible de la canicule qui règne dans la capitale. L’essentiel n’est-il pas de humer la brise marine qui rafraîchit la plage et l’atmosphère en général et d’essayer de calmer son esprit en se créant et en vivant des instants heureux ?

Lotfi BEN KHELIFA

L’article Pensées estivales : sous le poids de la canicule est apparu en premier sur Le Temps News.

Rapport mondial 2026 sur les drogues : hausse inquiétante de la consommation de cannabis en Tunisie

Von: farhat
30. Juni 2026 um 09:22

À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues, célébrée chaque année le 26 juin, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a publié son Rapport mondial sur les drogues 2026.
Ce rapport, conçu comme une référence mondiale sur les marchés de la drogue, les tendances de consommation et les politiques publiques, propose une analyse détaillée des évolutions observées aux niveaux mondial, régional et sous-régional. Son édition 2026 accorde une attention particulière à l’impact de la consommation de drogues sur la sûreté et la sécurité, en examinant les liens entre usage de stupéfiants, criminalité, violences et vulnérabilités sociales.
Le document souligne que les réseaux criminels exploitent de plus en plus les nouvelles technologies, les crises et l’instabilité mondiale pour développer de nouvelles substances, conquérir de nouveaux marchés et diversifier leurs routes de trafic.
«En 2024, 331 millions de personnes, soit 6,2% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, a consommé des drogues, contre 5,2% en 2014. Le cannabis demeure de loin la substance la plus consommée, avec 256 millions d’usagers, suivi des opioïdes (63 millions), des amphétamines (32 millions), de la cocaïne (25 millions) et de l’ecstasy (21 millions)», indique le document.
L’ONUDC met également en évidence une augmentation sans précédent des drogues synthétiques. «Les fabricants de stupéfiants continuent de mettre au point de nouvelles substances afin de contourner les réglementations et d’échapper aux contrôles. En 2024, le nombre de types de drogues identifiés lors des saisies était cinq fois supérieur à celui enregistré avant l’an 2000. Le nombre de nouvelles substances psychoactives recensées sur les marchés mondiaux a atteint 755 en 2024, dont 118 ont été signalées pour la première fois», affirme le rapport.
Le document fait aussi état de la mondialisation du marché de la «méthamphétamine», une drogue de synthèse généralement fabriquée dans des laboratoires clandestins et commercialisée sous forme de poudre, de comprimés ou de cristaux. «Sa diffusion s’étend désormais au Moyen-Orient, à l’Afrique et à certaines régions d’Europe. Parallèlement, la consommation de cannabis continue de progresser, portée notamment par l’évolution des politiques de légalisation ou de décriminalisation adoptées dans plusieurs pays», précise le document.
L’ONUDC souligne également que la production mondiale de cocaïne a plus que quadruplé en dix ans, dépassant 4.000 tonnes en 2024, tandis que les organisations criminelles étendent leurs activités vers de nouveaux marchés, notamment en Afrique et en Asie. À cet effet, l’organisation a appelé à renforcer la coopération internationale, le partage de renseignements, ainsi que les politiques de prévention, de traitement des addictions et de réduction des risques.

Cannabis : la prévalence annuelle passe de 2,6% à 5,35% entre 2013 et 2017
En outre, le rapport présente des données relatives aux saisies de stupéfiants réalisées dans plusieurs pays, dont la Tunisie. «En 2024, les autorités tunisiennes ont principalement saisi 1,8 tonne de résine de cannabis, près de 97 kilogrammes de substances de type ecstasy, 52,8 kilogrammes de cocaïne, ainsi que des quantités plus limitées d’héroïne (1,14 kg) et de buprénorphine (0,19 kg)».
Le rapport fournit également des estimations sur la consommation de cannabis en Tunisie. Selon les données conjointes du MedSPAD et de l’ONUDC, la prévalence annuelle de l’usage du cannabis parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans est estimée à 5,35% en 2017, contre 2,6% en 2013.

2025 : 15.253 affaires de stupéfiants et 27.338 personnes impliquées
Au niveau national, les représentants du ministère de l’Intérieur, lors d’une séance d’audition tenue le 25 juin 2026 à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), par la Commission de la législation générale, consacrée à l’examen de la proposition de loi visant à amender la loi n°52 de 1992 relative à la lutte contre les stupéfiants, ont dressé un état des lieux particulièrement préoccupant.
Ils ont indiqué qu’en 2025, près de 15.253 affaires liées aux stupéfiants ont été enregistrées, impliquant 27.338 personnes. «La tranche d’âge des 19 à 40 ans représente à elle seule près de 89% des personnes impliquées», ont-ils souligné.
Sur le plan géographique, ils ont précisé que les zones les plus touchées demeurent le Grand Tunis, le littoral ainsi que certaines régions du Nord-Ouest, identifiées comme des espaces à la fois de consommation et de trafic.
Ils ont ainsi ajouté qu’au cours de l’année 2025, d’importantes quantités de drogues de différentes catégories ont été saisies, notamment 2 590 707 comprimés, ainsi que 131 810,57 grammes de cocaïne.

Nouha MAINSI

L’article Rapport mondial 2026 sur les drogues : hausse inquiétante de la consommation de cannabis en Tunisie est apparu en premier sur Le Temps News.

Le textile tunisien :  laboratoire méditerranéen de la mode intelligente

Von: farhat
30. Juni 2026 um 08:26

Par Jamel BENJEMIA

Il est des industries qui ne fabriquent pas seulement des produits, elles façonnent des territoires, structurent des vies et tissent silencieusement la mémoire collective d’une nation. Le textile appartient à cette catégorie rare. Derrière chaque atelier, chaque métier à tisser, chaque bobine de fil, se cachent des générations de femmes et d’hommes, des savoir-faire transmis, des destins familiaux et une certaine idée du travail.

Pendant plus d’un demi-siècle, le textile tunisien a incarné l’une des plus grandes aventures industrielles et sociales du pays. Porté par la loi 70 et par la vision modernisatrice impulsée sous Hédi Nouira, il a permis l’émergence d’un tissu industriel dense, créateur de centaines de milliers d’emplois et profondément arrimé aux marchés européens. La Tunisie est ainsi devenue l’un des ateliers privilégiés de l’Europe, forgeant sa réputation sur la qualité de sa main-d’œuvre, sa proximité géographique et sa remarquable capacité d’adaptation.

Mais l’histoire économique ressemble à la mer Méditerranée : elle n’accorde aucun mouillage définitif. Les courants changent, les routes commerciales se déplacent, les certitudes d’hier deviennent parfois les fragilités de demain.

La mondialisation a profondément redessiné la géographie industrielle. Le Bangladesh, le Vietnam ou l’Éthiopie disputent désormais aux pays méditerranéens le terrain des coûts salariaux. Dans le même temps, les consommateurs réclament davantage de rapidité, de personnalisation, de durabilité, mais aussi d’authenticité et de sens.

Le vêtement n’est plus un simple assemblage de tissus. Il devient une expérience, une affirmation identitaire, parfois même un engagement éthique.

Dès lors, une interrogation majeure s’impose : la Tunisie doit-elle demeurer un atelier performant au service des marques étrangères ou ambitionner de devenir un laboratoire méditerranéen de la mode intelligente ?

La réponse dépasse largement le destin d’un secteur industriel. Elle engage la capacité de la Tunisie à passer du statut d’atelier performant à celui de créateur de valeur, d’idées et d’imaginaires.

Sortir du piège du bas coût

Le principal risque auquel est confronté le textile tunisien consiste à poursuivre une bataille déjà perdue, celle des coûts.

Aucune économie méditerranéenne ne pourra durablement rivaliser avec les salaires pratiqués dans certaines régions d’Asie ou d’Afrique subsaharienne. Chercher à préserver la compétitivité uniquement par la compression des coûts reviendrait à engager une course vers le moins-disant social dont personne ne sortirait vainqueur.

L’expérience asiatique mérite à cet égard d’être méditée avec attention.

La Chine, la Corée du Sud ou Taïwan ont certes débuté par la sous-traitance intensive. Mais elles ont rapidement compris qu’une nation ne s’enrichit pas durablement en cousant pour les autres ou en vendant exclusivement des heures de travail. Elles ont investi massivement dans le design, la recherche, les marques, la logistique, la technologie et la propriété intellectuelle.

La véritable richesse ne réside plus dans l’assemblage du vêtement, mais dans sa conception, son récit, son image et sa capacité à susciter le désir.

Plus encore, la maîtrise des marques, du design et de l’innovation constitue désormais un enjeu de souveraineté économique. Les pays qui abandonnent la conception aux autres finissent souvent par dépendre des décisions prises ailleurs. Or, dans un monde fragmenté par les tensions commerciales et les rivalités technologiques, produire sans concevoir revient à naviguer sans gouvernail.

Faire émerger une signature méditerranéenne

L’une des grandes faiblesses du textile tunisien demeure son invisibilité.

Chaque année, des millions de pièces confectionnées en Tunisie sont vendues en Europe sans que le consommateur final en ait conscience. Le pays produit, mais ne signe pas.

Or, dans l’économie contemporaine, la marque constitue un actif stratégique majeur.

La Tunisie dispose pourtant d’atouts singuliers : héritage andalou, artisanat séculaire, diversité des influences méditerranéennes, maîtrise de la broderie, du tissage et des fibres naturelles.

Pourquoi ne pas faire émerger un label international associant élégance méditerranéenne, qualité européenne et production responsable ?

Cette ambition n’a rien d’utopique. Feu Ezzedine Alaïa, génie absolu de la haute couture, avait démontré qu’un créateur tunisien pouvait puiser dans sa mémoire intime pour élaborer un langage esthétique universel. Son célèbre col Alaïa demeure l’illustration éclatante de cette alchimie entre enracinement local et rayonnement mondial.

Le textile tunisien gagnerait ainsi à renouer avec sa géographie et son climat. Depuis des siècles, les peuples méditerranéens ont appris à vivre sous un soleil exigeant, à composer avec la chaleur, la sécheresse et l’intensité lumineuse.

Cette expérience pourrait devenir un formidable laboratoire d’innovation.

Pourquoi ne pas développer des vêtements spécialement conçus pour les régions soumises aux fortes chaleurs, capables de réguler la température corporelle, d’évacuer rapidement l’humidité ou de sécher en quelques minutes ? Pourquoi ne pas imaginer des tissus infroissables réduisant les besoins en repassage et, par conséquent, la consommation énergétique domestique ?

À l’heure où le réchauffement climatique redessine les modes de vie à l’échelle planétaire, la Tunisie pourrait devenir pionnière d’une nouvelle génération de vêtements adaptés aux climats extrêmes.

Demain, l’innovation textile ne consistera peut-être plus à suivre la mode, mais à aider l’humanité à mieux habiter une planète plus chaude.

Construire la mode intelligente

L’industrie textile mondiale entre dans une nouvelle révolution industrielle.

L’intelligence artificielle, l’analyse des données massives, la robotisation et la numérisation bouleversent déjà l’ensemble de la chaîne de valeur.

Demain, les algorithmes prédiront les tendances avant même qu’elles n’apparaissent sur les réseaux sociaux. Les logiciels anticiperont les ventes, réduiront les invendus et permettront la personnalisation des collections.

Le couturier de demain travaillera autant avec des stylistes qu’avec des data scientists.

Grâce à la qualité de ses ingénieurs, à ses compétences numériques et à la vitalité de sa jeunesse, la Tunisie dispose ici d’une opportunité historique.

Cela suppose toutefois la création d’écosystèmes associant universités, écoles de mode, centres de recherche, startups technologiques et industrielles.

Des pôles spécialisés pourraient émerger autour des textiles connectés, des fibres intelligentes, des tissus médicaux, des matériaux recyclés ou encore des vêtements destinés aux industries automobile et aéronautique.

Demain, l’aiguille dialoguera avec l’algorithme, le métier à tisser avec la donnée et l’inspiration créatrice avec l’intelligence artificielle.

Miser sur la proximité et la durabilité

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures logistiques et l’urgence climatique, la proximité redevient un avantage compétitif majeur.

L’Europe découvre aujourd’hui les limites d’une dépendance excessive à des chaînes d’approvisionnement lointaines.

La Méditerranée retrouve ainsi une centralité économique inattendue.

À quelques jours seulement des principaux marchés européens, la Tunisie dispose d’un atout géographique exceptionnel. Elle peut répondre rapidement aux commandes, produire en séries limitées et réduire considérablement les délais de livraison.

Parallèlement, les exigences environnementales remodèlent déjà l’industrie mondiale.

Les consommateurs européens ne recherchent plus seulement un vêtement, ils veulent connaître son histoire, son empreinte environnementale et les conditions humaines de sa fabrication.

En investissant massivement dans l’économie circulaire, les énergies renouvelables, le recyclage des fibres et la gestion durable de l’eau, la Tunisie pourrait devenir l’une des premières plateformes méditerranéennes de production textile décarbonée.

Coudre sa propre destinée

L’histoire économique enseigne qu’aucune nation ne progresse durablement en demeurant l’exécutante du génie des autres.

Durant plusieurs décennies, la Tunisie a admirablement rempli son rôle d’atelier manufacturier aux portes de l’Europe. Cette époque ne doit ni être reniée ni abandonnée aux poussières de l’histoire : elle a légué à la Tunisie bien davantage que des usines et des statistiques. Elle lui a transmis des gestes, des savoir-faire et cette intelligence de la main qui constitue souvent le premier visage du génie d’une nation.

Mais les grandes nations économiques sont celles qui savent transformer leurs héritages en tremplins plutôt qu’en refuges.

Le textile tunisien ne doit plus seulement confectionner des vêtements, il doit concevoir des idées, créer des marques, inventer des matières, produire de l’intelligence et exporter une vision méditerranéenne du monde.

Le véritable enjeu n’est plus de savoir combien de pièces la Tunisie peut fabriquer, mais combien d’innovation, de créativité et de sens elle peut incorporer dans chacune d’elles.

Car, au XXIᵉ siècle, les nations qui prospèrent ne sont plus nécessairement celles qui disposent des bras les moins coûteux, mais celles qui savent métamorphoser leur mémoire, leur culture et leur intelligence collective en richesse durable.

La Tunisie porte en elle cet héritage, cette intelligence de la main et cette créativité qui distinguent les peuples bâtisseurs. Il lui reste désormais à les convertir en vision industrielle, en innovation et en rayonnement international.

Pendant des décennies, elle a habillé l’Europe. Le siècle qui s’ouvre lui offre peut-être une destinée plus vaste : ne plus seulement confectionner des vêtements, mais imaginer les usages de demain, vêtir l’avenir et, fil après fil, tisser sa propre renaissance.

L’article Le textile tunisien :  laboratoire méditerranéen de la mode intelligente est apparu en premier sur Le Temps News.

Bac 2026 : les statistiques par région donnent froid dans le dos 

Von: farhat
29. Juni 2026 um 10:11

Lorsqu’on passe du simple au double dans l’analyse du tableau des taux de réussite d’un gouvernorat à un autre, il y a de quoi se préoccuper sérieusement. Il ne s’agit plus de défaillances individuelles, mais de manque d’équité à plus d’un niveau et pas uniquement en matière d’infrastructure…

Pour revenir aux chiffres officiels de la session principale communiqués par le ministère de l’Education, il y a lieu de rappeler que le taux de réussite national qui s’établit à 35,67% affiche son niveau le plus bas depuis cinq ans, en recul constant par rapport à 2025 (37,08%) et surtout 2024 (42,20%).

Sur les 154.928 candidats au départ, seuls 55.259 ont décroché leur baccalauréat du premier coup, tandis que 50.236 élèves (32,43%) auront à tenter de nouveau leur chance lors de la session de contrôle.

Or, ce qui est encore plus préoccupant, c’est la répartition des élèves admis par région. Un classement qui révèle de profondes différences qui viennent confirmer que les candidats ne partent pas, la veille des examens, avec les mêmes chances de réussite.

C’est que la lecture du tableau de répartition des élèves admis révèle de profondes inégalités régionales entre le littoral et les régions de l’intérieur.

Comme c’est le cas quasiment chaque année, le pôle d’excellence se situe toujours dans le littoral et garde ses principales composantes. La région de Sfax confirme son hégémonie historique sur l’éducation tunisienne. Ainsi, Sfax 2 arrive en tête du pays avec un taux de réussite de 55,16%, immédiatement talonné par Sfax 1 à hauteur de 52,61%. Le Sud-Est et le Centre-Est se distinguent également avec Médenine (49,25%), Mahdia (46,85%) et Monastir (45,34%). Les grands centres urbains de la capitale (Ariana, Ben Arous et Tunis 1) naviguent quant à eux dans une fourchette honorable située entre 41% et 42,51%.

Un clivage persistant

Or, c’est dans la seconde moitié du tableau que des vérités douloureuses se confirment d’une année scolaire à l’autre et d’une session de baccalauréat à une autre. La fracture de l’intérieur est plus qu’évidente et elle est surtout confirmée par quelques régions et gouvernorats qui demeurent «fidèles» aux dernières places. Ainsi, la région de Jendouba enregistre la plus lourde contre-performance nationale avec un taux de réussite de seulement 26,48%. L’écart abyssal entre le sommet (Sfax 2) et le bas du classement (Jendouba) atteint 28,68 points de pourcentage. Sans commentaire…

Cette répartition traduit un clivage persistant entre les régions côtières, généralement mieux dotées en infrastructures et ressources pédagogiques, et les zones intérieures nettement défavorisées. Et il n’y a pas que l’infrastructure qui fait la différence puisque d’autres facteurs entrent en jeu pour favoriser des régions et desservir d’autres.

A titre d’exemple, les meilleurs enseignants se trouvent dans les régions côtières et celles qui disposent de meilleures conditions de vie et de séjour. Ces enseignants bénéficient de leur ancienneté pour s’installer dans les grandes villes, privant les candidats des régions de l’intérieur de leur expérience et leur savoir-faire.

Une injustice régionale qui interpelle

C’est dire que ces différences ne s’expliquent pas uniquement par des facteurs scolaires. Les conditions de vie jouent également un rôle majeur dans les performances des élèves. Bien que le taux national d’accès à l’eau potable dépasse 95%, certaines régions restent en dessous de cette moyenne : Kasserine (62,5%), Kairouan (63,4%), Jendouba (70,6%), Siliana (72,8%) et Le Kef (73,1%). Ces chiffres traduisent des difficultés liées aux infrastructures, aux coupures d’eau et aux inégalités d’accès aux services publics, qui influencent directement les conditions d’apprentissage.

Autre facteur non moins important à relever, le décrochage scolaire constitue également un indicateur préoccupant. Environ 91.000 élèves ont quitté l’école durant l’année scolaire 2021-2022, un phénomène particulièrement fréquent dans les régions défavorisées. Les difficultés économiques, l’éloignement géographique et la faiblesse des perspectives professionnelles augmentent le risque d’abandon scolaire, surtout durant la période du collège. Là aussi, de potentiels bons élèves n’ont pas la chance d’aller jusqu’au bout de leurs études secondaires et sont obligés de jeter l’éponge alors qu’ils disposent d’un bagage éducatif qui leur permet de s’imposer parmi les meilleurs.

Pour aller directement au but, il y a lieu de rappeler que ces difficultés scolaires s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par le chômage, la pauvreté et la marginalisation sociale dans des régions qui ne récoltent que les promesses alors qu’elles sont quasiment privées de tout depuis de longues décennies.

Et ce ne sont pas les résultats du baccalauréat 2026 qui ont créé de telles inégalités, mais ils sont là pour les mettre en évidence, appelant l’Etat à prendre sérieusement conscience de cette amère vérité et à mettre en place une politique globale associant développement régional, amélioration des services publics et renforcement du système éducatif afin de garantir une réelle égalité des chances pour tous les candidats. Car, qu’on le veuille ou non, il s’agit d’une sorte d’injustice qui n’a plus sa raison d’être et qui ne doit plus durer.

Kamel ZAIEM

Taux de réussite par gouvernorat 

Sfax 2 : 55,16%

Sfax 1 : 52,61%

Médenine : 49,25%

Mahdia : 46,85%,

Monastir : 45,34%

Sousse : 44,77%

Ariana : 42,51%

Ben Arous : 41,75%

Tunis 1 : 41,64%

Gabès : 41,26%

Nabeul : 41,13%

Tunis 2 : 40,49%

Tataouine : 39,69%

Bizerte : 37,67%

Kébili : 36,27%

Manouba : 35,89%

Sidi Bouzid : 34,58%

Beja : 34,11%

Kairouan : 33,78%

Le Kef : 32,50%

Zaghouan : 31,44%

Tozeur : 31,04%

Siliana : 30,52%

Gafsa : 28,57%

Kasserine : 26,66%

Jendouba : 26,48%

L’article Bac 2026 : les statistiques par région donnent froid dans le dos  est apparu en premier sur Le Temps News.

❌