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Discours de Trump sur l’état de l’Union : de l’art de dissimuler ce qui dérange

03. April 2026 um 11:32

Lors de son discours tant attendu sur l’état de l’Union aux Etats-Unis, Donald Trump a tenu une allocution plate et décousue pour vanter les victoires « rapides, décisives et écrasantes »  de l’armée américaine. Alors que le conflit semble sans issue prévisible.

Et la montagne accoucha d’une souris. Alors que le monde retenait son souffle en attendant le discours du président américain sur l’état de l’Union, Donald Trump s’est présenté d’un air las à son pupitre tard dans la soirée du mercredi 1 avril. Et ce, avant de lire son prompteur pendant vingt minutes sans annoncer quoi que ce soit de neuf. Puis de s’en aller sans prendre de questions.

Pourtant, Donald Trump aura mis un mois avant de s’adresser directement aux Américains pour expliquer la guerre qu’il a lancée en Iran avec Israël. En effet, il s’était contenté le 28 février, le début de l’offensive « Fureur épique », d’une vidéo préenregistrée, diffusée depuis sa résidence privée de Floride, casquette sur la tête et sans cravate.

Cacher ce qui fâche

Lors de son discours, le milliardaire républicain n’a pas parlé de tout ce qui fâche. Pas un mot sur d’éventuelles troupes au sol, une perspective très impopulaire aux Etats-Unis, même au sein du mouvement MAGA. Les derniers sondages démontrent en effet que deux Américains sur trois s’opposent à cette guerre et pensent que le président fait du mauvais boulot à la tête des forces armées du pays.

Pas un mot sur les quelque 1500 civils iraniens qui ont péri depuis le début des frappes israélo-américaines, dont au moins 150 écolières.

Silence total au sujet du million de Libanais, soit le cinquième du pays, qui a été forcé de fuir pour échapper aux attaques israéliennes, ou encore sur la crise humanitaire qui pointe le nez.

Pas un mot non plus sur la question des réserves d’uranium enrichi de l’Iran. Rien sur les objectifs obscurs et changeants de ce conflit armé qui coûte 1 milliard de dollars par jour aux contribuables américains et 300 millions aux citoyens israéliens.

Sur le plan interne, Donald Trump est passé très rapidement sur le sujet qui préoccupe les Américains et qui lui vaut de sombrer dans les sondages depuis un mois : à savoir la flambée du prix de l’essence. Il s’agit d’un phénomène « de court terme » et l’économie américaine n’a « jamais été aussi forte », a-t-il assuré. Tout en soutenant que le pays ne connaissait « aucune inflation ». Du déni total, démenti des réalités par les chiffres qui ne trompent pas.

Flou artistique

Alors, quoi de neuf dans le discours présidentiel ?  La vérité c’est que le locataire de la Maison Blanche cherchait avant tout à vendre l’image du commandant en chef qui maîtrise la situation- alors que tout semble craquer de partout- et à convaincre ses compatriotes que l’intervention américaine en Iran n’est qu’une simple promenade de santé.

La preuve : les forces armées américaines ont, en quatre semaines, « décimé l’Iran économiquement et militairement », oblitéré ses forces navales et aériennes ainsi que son programme nucléaire. Sauf que l’Iran continue de contrôler le goulot d’étranglement qu’est le détroit d’Ormuz, où transite 20 % de la production pétrolière mondiale. Nuance

Et qu’en est-il du calendrier de sortie du conflit ? C’est le flou total car rien n’a été dit de précis sur la suite des opérations : « Au cours des quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes » a fanfaronné  le président américain. Tout en assurant qu’après trente-deux jours d’opérations militaires, l’Iran ne constituait « vraiment plus une menace ».

Par conséquent, les États-Unis étaient « en bonne voie » pour atteindre tous leurs objectifs militaires, a-t-il indiqué. Assurant dans le même temps que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs stratégiques en Iran, notamment en empêchant Téhéran de posséder une arme nucléaire.

Et de marteler sur un ton martial : « Nous allons les frapper extrêmement fort. Au cours des deux à trois prochaines semaines, nous allons les renvoyer à l’âge de pierre d’où ils viennent ».

Terrible méprise du milliardaire républicain. Sait-il que l’ancienne Perse, vieille de 5000 ans d’histoire, forme environ 230 000 à 234 000 ingénieurs par an ? Sait-il encore qu’elle se positionne parmi les leaders mondiaux en nombre de diplômés dans les domaines des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques ? Et enfin, a-t-il connaissance qu’une part importante des diplômés en ingénierie en Iran sont des femmes ?

Platitude

Commentaires de la presse internationale sur la teneur du discours présidentiel. « Si l’on copiait-collait ses publications sur Truth Social de ces derniers jours, on n’obtiendrait plus ou moins ce discours à la nation», conclut la BBC. Les journalistes suisses du Temps évoquent tout simplement un « non-événement ». Mais la palme de l’ironie mordante revient au quotidien britannique The Telegraph qui titrait, féroce : «  Fatigué, Donald Trump ne sait plus quoi dire ». Tout est dit.

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