Comment sauver le Groupe chimique tunisien ?
Le Groupe chimique tunisien (GCT), jadis fleuron de l’industrie tunisienne, semble en grande difficulté **. A première vue, la responsabilité en incomberait à l’Etat, qui en a la tutelle, aux syndicats et à certaines forces politiques qui, à force d’en faire l’arbre de Noël, ont fini par étrangler la poule aux œufs d’or.
Elyes Kasri *

Ma modeste expérience de la diplomatie économique et particulièrement à la tête de l’ambassade de Tunisie à New Delhi me donne des pincements au cœur et une nostalgie accablante quand je me rappelle l’admiration des milieux mondiaux et indiens des engrais chimiques pour le GCT et les compétences tunisiennes.
Narendra Modi, actuel Premier Ministre et homme fort de l’Inde, alors Premier ministre de l’Etat du Gujarat, avait insisté pour que la société publique de l’Etat du Gujarat (Gujarat State Fertilizers Company) conclue une joint-venture avec le GCT (Tifert depuis 2006, en difficulté depuis la révolution de la liberté, de la dignité et…. de l’inflation et du chômage).
Ma modeste connaissance de la gestion (un mastère de l’université du Maryland-USA) me fait penser que l’unique moyen de sauver le GCT et son apport à l’économie nationale, serait de lui conférer une pleine autonomie financière et administrative et de mettre toutes ses installations sous la protection de l’armée nationale.
La direction du programme de sauvetage et de relance du GCT gagnerait à être donnée avec les pleins pouvoirs à un haut technicien de l’envergure de Kais Dali (originaire de Gafsa, ingénieur diplômé de l’École Polytechnique de Paris et de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, et ancien PDG du GCT) qui me paraît le mieux qualifié et le plus crédible internationalement pour faire regagner au GCT sa rentabilité et son rayonnement international.
L’état de l’économie tunisienne et la grave crise internationale qui se profile à l’horizon ne permettent plus le luxe des expérimentations socio-partisanes, populistes et autres replâtrages.
Comme disent les anglo-saxons, c’est désormais : «do or die».
* Ancien ambassadeur.
** Le Groupe chimique tunisien (GCT) traverse une crise financière chronique, marquée par des pertes nettes massives atteignant 600 millions de dinars dès 2020 et des déficits cumulés dépassant 1,4 milliard de dinars. Cette situation résulte de la baisse de production, des arrêts fréquents des usines, des blocages sociaux et de la hausse des prix des intrants. (D’après Iboursa).
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