Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions

07. März 2026 um 09:09

Sadok Belaïd, universitaire et juriste spécialiste du droit public, qui a été longtemps mêlé à la vie politique en Tunisie au cours du dernier demi-siècle, est décédé ce samedi 7 mars 2026. Il a fêté, il y a quatre jours, ses 87 ans.   

Professeur émérite à l’université de Tunis, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis entre 1971 et 1977, il devient par la suite directeur de l’Université libre de Tunis.

Membre du Conseil tunisien de la recherche scientifique et technologique, de l’Association tunisienne de droit constitutionnel et de l’Académie internationale de droit constitutionnel, il est également membre de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.

Ancien conseiller juridique de la Ligue arabe et ancien membre de la Cour juridique de l’Union du Maghreb arabe, il est professeur invité dans plusieurs universités étrangères, dont Johns-Hopkins et Princeton aux États-Unis, Essex au Royaume-Uni, Aix-Marseille-III, Toulouse, Nice et Perpignan en France ainsi que Rome «La Sapienza» en Italie et dans des universités au Koweït, au Maroc, en Algérie et en Roumanie.

Sur le plan politique, Sadok Belaïd a été membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique(Hiror). Il a lancé en 2011 sa propre liste indépendante dans la circonscription de Ben Arous pour l’élection de l’assemblée constituante tenue le 23 octobre 2011.

En septembre de la même année, il livre une version révisée de l’avant-projet de nouvelle Constitution.

Connu pour être proche du président Béji Caïd Essebsi, tout en étant un ennemi acharné du parti islamiste Ennahdha, il est souvent invité et consulté par le président qui l’a cité notamment pour son projet de réconciliation économique. Il participe d’ailleurs à la signature de l’accord de Carthage qui met fin au mandat du gouvernement Essid. Cependant, le choix de Youssef Chahed pour le remplacer est perçu par Belaïd comme contraire à la Constitution ; il exprime alors son étonnement quant à la négligence de toutes les parties au vu de la gravité de l’infraction. Belaïd coupe même les ponts avec le président en le critiquant ouvertement et en qualifiant son fils Hafedh de «bahloul» (débile).

Le 20 mai 2022, il est nommé par le président Kaïs Saïed comme président coordinateur de la commission consultative pour la nouvelle République. Début juin, il indique qu’il remettra l’avant-projet le 15 juin au chef de l’État, et que celui-ci ne contient pas de référence à l’islam, contrairement aux Constitutions de 1959 et 2014. Le 3 juillet, Belaïd annonce que le texte dévoilé le 30 juin et soumis au référendum n’est pas celui élaboré et présenté par la commission, ajoutant qu’il renferme «des risques et des défaillances considérables». Il considère dès lors le projet présidentiel de nouvelle Constitution promulguée en 2022 comme dangereux.

Ce sera son dernier combat politique et son dernier échec, puisqu’après cette énième mésaventure politique, au cours de laquelle il s’était une nouvelle fois fait balader par ceux qui détiennent les rênes du pouvoir, sa parole est devenue plutôt rare, exprimant par son retrait une énorme désillusion.

I. B. (avec Wikipedia).

 

L’article Sadok Belaïd tire sa révérence ou la fin des illusions est apparu en premier sur Kapitalis.

Tunisie : L’État relance la traque des fonds étrangers dans le milieu associatif

24. Oktober 2025 um 10:49

De l’affaire Namaa Tounes à la nouvelle enquête ouverte en octobre 2025, les soupçons d’ingérence reviennent hanter la scène associative tunisienne.

En Tunisie, le dossier des financements étrangers suspects refait surface avec insistance. Près de trois ans après l’affaire Namaa Tounes, le ministère public a ouvert, le 22 octobre 2025, une enquête visant plusieurs associations soupçonnées d’avoir reçu d’importants fonds venus de l’étranger. Selon les premières informations relayées par la presse, il s’agirait de montants considérables, transférés sous couvert d’aide au développement ou de soutien à la société civile.

Selon Al Chourouk, le parquet a saisi la Cour des comptes, la Banque centrale et le ministère des Finances afin de vérifier les flux financiers d’une centaine d’associations. Le journal évoque même “l’argent de Soros dans le collimateur de la justice”, allusion à l’implication présumée de réseaux internationaux de financement.
Selon le même média, 29 % des associations tunisiennes ne disposent d’aucun compte bancaire, un chiffre qui illustre la vulnérabilité structurelle du contrôle des fonds étrangers.

Une fois encore, la frontière entre engagement civique et influence politique semble poreuse.

« Pour aller plus loin sur ce resserrement de l’espace associatif, consultez notre article consacré à l’ATFD. »:

Tunisie : L’État relance la traque des fonds étrangers dans le milieu associatif

L’affaire Namaa Tounes, point de départ d’une série de soupçons

C’est en 2022 que le pays découvre l’ampleur du phénomène. L’association Namaa Tounes, présentée comme une structure de développement économique, est alors accusée d’avoir servi de canal de financement pour des dirigeants d’Ennahdha, le principal parti islamiste du pays.

Près d’une centaine de cadres sont cités, dont Hamadi Jebali, ancien chef du gouvernement, Adel Daâdaâ et Abdelkrim Slimane, tous soupçonnés d’avoir bénéficié de transferts de fonds provenant de structures humanitaires à l’étranger.

Le pôle judiciaire antiterroriste s’empare du dossier, considérant la gravité des flux financiers en cause. La justice refuse la libération de certains accusés, estimant que les soupçons d’ingérence étrangère demeurent sérieux.

Lire aussi:

Affaire « Nama » : Jebali et Daadaa en liberté, Mouadh Ghannouchi recherché

Une vigilance constante des autorités

Trois ans plus tard, le sujet ressurgit dans un contexte politique tendu. La nouvelle enquête de 2025 rappelle celle de 2024, au cours de laquelle les comptes bancaires de plusieurs associations avaient été gelés par décision judiciaire.

Le ministère des Finances, appuyé par la Banque centrale, justifiait alors ces mesures par la nécessité de « préserver la souveraineté économique » du pays.

Les autorités affirment vouloir renforcer la transparence financière du secteur associatif, devenu depuis 2011 un acteur incontournable de la vie publique, mais parfois instrumentalisé à des fins politiques.

Lire aussi:

Tunisie : Les fonds de plusieurs associations gelés

Une vieille inquiétude : le précédent Soros

Les débats actuels trouvent leurs racines dans un épisode plus ancien.
En 2015, le milliardaire américain George Soros, fondateur de l’Open Society Foundations, était reçu à Carthage par Béji Caïd Essebsi. Il avait également rencontré Rached Ghannouchi, alors chef du mouvement Ennahdha.

Officiellement, ces rencontres visaient à renforcer le soutien international à la transition démocratique tunisienne.
Mais elles avaient suscité des interrogations sur l’influence des fondations internationales dans les affaires internes du pays.

Lire aussi:

Le milliardaire Georges Soros, président de l’Open Society Fondation, au Palais de Carthage

George Soros a bâti sa fortune dans la finance avant de consacrer une part importante de ses ressources à la philanthropie.
À travers son réseau de fondations, présent dans plus de 120 pays, il finance des projets de gouvernance, de droits humains et de participation citoyenne.

Ses détracteurs l’accusent d’utiliser ces leviers pour façonner des transitions politiques conformes à une vision libérale de la démocratie.
En Tunisie, son nom reste associé à l’émergence, après 2011, de plusieurs ONG locales inspirées des programmes de l’Open Society.

Souveraineté et ouverture : un équilibre fragile

Depuis la révolution, le pays a vu fleurir plus de 23 000 associations, souvent dépendantes de bailleurs internationaux.
Si ce soutien a permis d’accompagner des initiatives citoyennes réelles, il a aussi ouvert la voie à une dépendance financière structurelle.
Les enquêtes successives traduisent la difficulté pour l’État tunisien de concilier transparence, autonomie et coopération internationale.

« Le financement étranger n’est pas illégal en soi, mais il devient problématique lorsqu’il influence la décision publique », souligne un juriste contacté par Webdo.

Treize ans après 2011, la Tunisie continue de chercher cet équilibre fragile : un espace civique libre, mais préservé des logiques d’ingérence.
Un débat que la nouvelle enquête de 2025 ne manquera pas de raviver.

Lire aussi:

Financements étrangers suspects : Refus de libération pour Abdelkrim Slimane

L’article Tunisie : L’État relance la traque des fonds étrangers dans le milieu associatif est apparu en premier sur webdo.

❌
❌