Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 12. Januar 2026Haupt-Feeds

La police de l’immigration est-elle devenue une milice de Trump ?

12. Januar 2026 um 08:59

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et la politique de prédation actuelle du président Donald Trump, la situation interne des États-Unis est tout aussi préoccupante. En fait, une série d’incidents révèle le bilan effroyable des abus commis par des agents du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (Immigration and Customs Enforcement, ICE) notamment des meurtres, des passages à tabac et des enlèvements, dans le cadre de l’application de la politique anti-immigration intransigeante du président américain. Les critiques affirment que cette politique a conféré à l’agence une couverture politique sans précédent.

Imed Bahri

Le meurtre mercredi 7 janvier 2026 de Renee Goode, une Américaine de 37 ans, par un agent de l’ICE a mis en lumière ce qui a été qualifié de comportement débridé de l’agence. En dépit de ce drame, l’administration Trump continue d’insister sur le fait que les agents de l’agence doivent continuer de bénéficier d’une immunité totale dans l’exercice de leurs fonctions. 

The Times a enquêté sur ce climat délétère qui ne cesse de s’accentuer et d’inquiéter et c’est par ces mots que l’enquête dans l’État du nord des États-Unis a commencé : «Sous le ciel couvert de Minneapolis, dans le Minnesota, où la glace recouvre les trottoirs, ce n’est plus seulement le froid qui coupe le souffle mais aussi le choc et le sentiment de bouleversement».  

Dans cet État surnommé «Nice Minnesota» pour la politesse, la discrétion et la tranquillité de ses habitants, des barricades de poubelles et de sapins de Noël abandonnés ont été érigées et les rassemblements de manifestants se sont transformés en une sorte de sit-in ouvert.

Les manifestants érigent des barricades

Les manifestations ont éclaté après la mort de Renee Nicole Goode, une mère de trois enfants de 37 ans. Elle a été abattue à bout portant alors qu’elle tentait de fuir en voiture des agents de l’ICE qui l’avaient encerclée. Ils ont affirmé qu’elle leur barrait la route.

Will Pavia, correspondant du Times à New York, qui a mené l’enquête au cœur de Minneapolis décrit comment l’incident qui a secoué la ville a déclenché une vague de protestations sans précédent, révélant une nouvelle facette d’une communauté longtemps réputée pour son calme et sa retenue.

Pavia décrit ce dont il a été témoin à Minneapolis le lendemain du meurtre. Ce soir-là, le journaliste a vu des étudiants apporter les dernières touches à une barricade qu’ils avaient érigée dans la rue à l’aide de poubelles et de sapins de Noël.

Lorsqu’un jeune homme s’est approché pour inspecter la barricade, il a dit aux étudiants : «Assurez-vous qu’elle soit solide». Une étudiante a soupiré : «Beaucoup de gens ici ne savent pas comment monter une barricade».

Le lendemain, des points de contrôle de la circulation avaient été mis en place, des tables chargées de pizzas étaient dressées et le propriétaire d’un vieux camion de glaces distribuait du café et du chocolat chaud aux manifestants. Une pancarte sur un lampadaire proclamait : «Nous ne sommes plus le Minnesota paisible que nous étions».

Devant le bâtiment de l’ICE, des manifestants se sont retrouvés face à une rangée d’agents en uniforme militaire.

La colère publique s’intensifie

Selon le journaliste du quotidien britannique, de légers affrontements ont eu lieu, au cours desquels des manifestants ont affirmé avoir été aspergés de gaz poivre. Le Département de la Sécurité intérieure a annoncé l’arrestation de 11 personnes pour avoir tenté de bloquer l’accès au bâtiment.

Les manifestations se sont poursuivies et des agents fédéraux armés de pistolets à gaz poivre et de gaz lacrymogène ont affronté une foule importante de manifestants près d’une installation gouvernementale à Fort Snelling, près de Minneapolis.

Will Pavia constate que la colère publique s’intensifie face à la poursuite des opérations de l’ICE dans la ville, suite à la décision du FBI de reprendre l’enquête sur la mort de Goode après avoir exclu les agences de l’État de l’accès aux preuves et de la participation aux interrogatoires.

Le Times indique qu’il y a un contraste saisissant entre les versions de l’incident présentées par l’administration américaine et les autorités de l’État du Minnesota.

Le président Trump et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem ont décrit la victime comme une «agitatrice proactive» et une «terroriste de l’intérieur» qui a renversé un agent de l’ICE dans l’exercice de ses fonctions.

Immunité totale des agents de l’ICE

Le vice-président J.D. Vance a, quant à lui,  qualifié la mort de Goode de tragédie personnelle tout en affirmant que son meurtrier avait agi en légitime défense. Vance a insisté à ce que les agents de l’ICE continuent de bénéficier d’une immunité totale les mettant à l’abri de toute poursuite judiciaire. 

À l’inverse, le gouverneur du Minnesota Tim Walz a rejeté ces interprétations, mettant en doute l’intégrité de l’enquête fédérale après l’exclusion des autorités locales.

Cependant dans la rue où des barricades ont été érigées, la scène est tout autre, selon le correspondant du journal, qui cite Julie Stoll, une femme de 51 ans, debout près d’une barricade : «Le Minnesota est connu pour sa générosité et sa gentillesse mais qui se passe est humiliant». Un autre habitant, Peter Zlebek, 35 ans, ajoute : «Nous sommes gentils mais nous n’acceptons pas d’être piétinés. Ce qui s’est passé est terrible».

Alors que la foule se rassemble jour après jour, Zlebek résume l’état d’esprit général : «La situation pourrait empirer et il semble qu’un tournant se profile. Je ne préconise pas cette voie mais je la comprendrais».

Fusillades et agressions lors d’opérations de l’ICE

Plusieurs villes américaines ont été le théâtre de fusillades et d’agressions lors d’opérations menées par les hommes de l’ICE masqués en uniformes de type militaire, notamment des raids contre des lieux de culte, des écoles, des hôtels, des restaurants, des fermes et des magasins. Vingt-quatre heures après la mort de Goode, des agents de la police des frontières ont blessé par balle deux personnes à Portland, attisant encore davantage l’indignation publique.

Le Minnesota Immigration Law Center a déclaré que des communautés entières étaient terrorisées par des hommes armés qui harcelaient et enlevaient des personnes dans les écoles, les lieux de travail, les rues et les domiciles. Le sénateur Jeff Merkley a affirmé que l’ICE n’a rien fait pour améliorer la sécurité des communautés, appelant à une enquête approfondie et à la fin de ces opérations dangereuses.

ProPublica (site spécialisé dans le journalisme d’enquête) a également documenté de graves violences physiques contre des citoyens américains et des détenus, notamment des passages à tabac, l’utilisation de pistolets à impulsion électrique et des fusillades, ainsi que des allégations d’agressions sexuelles dans les centres de détention. Des manifestants, des enseignants et des étudiants ont été victimes de gaz lacrymogène lors de raids menés près d’écoles et de commerces.

Instauration d’un «règne de la terreur»

Face à ces agissements, des parlementaires ont entrepris de restreindre le fonctionnement de l’agence, notamment en proposant d’exiger des mandats d’arrêt, d’interdire le port de masques lors des opérations et de limiter les fonctions des agents de la police des frontières. La représentante Robin Kelly a annoncé son intention de déposer une motion de destitution contre la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, l’accusant d’instaurer un «règne de la terreur».

La représentante Alexandria Ocasio-Cortez a averti que l’ICE était devenue «irresponsable», déclarant: «C’est un cauchemar. Ils agissent en toute impunité. Nous les avons vus assassiner de sang-froid une citoyenne américaine en pleine rue. Cette agence doit être encadrée».

L’article La police de l’immigration est-elle devenue une milice de Trump ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

Brigitte Bardot | La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus

29. Dezember 2025 um 08:26

L’actrice française Brigitte Bardot est décédée dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, dans sa résidence de Saint-Tropez, a annoncé la Fondation qui porte son nom. Sa disparition marque la fin d’un mythe cinématographique mondial, mais aussi celle d’une personnalité dont l’image a longtemps suscité fascination, débats et malaise, y compris au sud de la Méditerranée.

Révélée en 1956 par ‘‘Et Dieu… créa la femme’’ de Roger Vadim, Brigitte Bardot devient rapidement l’un des visages les plus célèbres du cinéma international. Dans les années 1950 et 1960, son image de femme libre, sensuelle et affranchie des conventions morales bouscule les normes d’une époque encore très conservatrice. Cette représentation trouve un écho particulier dans de nombreux pays du Maghreb, où le cinéma égyptien, tunisien ou algérien observe alors avec attention l’évolution des figures féminines à l’écran en Europe.

Un engagement radical

Dans les cinémas de Tunis, d’Alger ou de Casablanca, les films de Bardot circulent, nourrissant autant l’admiration que la controverse. Elle incarne une modernité occidentale attirante pour une partie de la jeunesse urbaine, tout en provoquant rejet ou incompréhension dans des sociétés en pleine recomposition identitaire, marquées par les luttes anticoloniales puis les indépendances.

Après son retrait du cinéma en 1973, Brigitte Bardot se reconstruit une nouvelle notoriété à travers son engagement radical pour la cause animale. Cet engagement est parfois perçu positivement au Maghreb, notamment dans les milieux associatifs sensibles à la question du bien-être animal, mais il est largement éclipsé par ses déclarations publiques hostiles à l’islam et aux immigrés, qui ont profondément choqué de l’autre côté de la Méditerranée.

Ces prises de position ont durablement affecté son image dans les sociétés maghrébines, où elle est progressivement passée du statut d’icône culturelle à celui de figure symbolisant certaines dérives du discours identitaire européen. En Tunisie comme en Algérie ou au Maroc, son nom est souvent associé à une forme d’incompréhension, voire de rejet, liée à la stigmatisation des musulmans et des populations issues de l’immigration.

À l’annonce de son décès, les hommages officiels en France ont souligné son rôle majeur dans le rayonnement culturel français. La chanteuse Mireille Mathieu a salué une femme ayant «marqué l’histoire de France», tandis que le président Emmanuel Macron a évoqué une figure incarnant une certaine idée de la liberté. Ces hommages contrastent avec une réception plus nuancée, voire critique, dans le monde arabe et maghrébin. «La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus…», écrira Jack Lang, le directeur général de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. «Derrière ses airs ingénus et mystérieux, elle était une étoile à l’esprit désinvolte», ajoutera-t-il.

Une mémoire ambivalente

Brigitte Bardot laisse ainsi une mémoire ambivalente dans l’espace méditerranéen : celle d’une actrice qui a contribué à transformer le regard porté sur la femme dans le cinéma moderne, mais aussi celle d’une personnalité dont les prises de parole ont renforcé des fractures culturelles et symboliques déjà profondes entre les deux rives.

Sa disparition invite à relire son parcours sans complaisance ni caricature, en tenant ensemble l’impact artistique indéniable et les zones d’ombre d’un engagement public qui a souvent heurté les sociétés du Sud.

Entre fascination culturelle et distance critique, Brigitte Bardot restera, pour le Maghreb, une figure révélatrice des malentendus persistants entre l’Europe et son voisinage méditerranéen.

Djamal Guettala 

L’article Brigitte Bardot | La lionne à la chevelure d’or ne rugira plus est apparu en premier sur Kapitalis.

❌
❌