Les forces de la Garde nationale, de la sécurité publique et de la protection civile ont lancé, dans la nuit de samedi à dimanche, une opération d’envergure pour démanteler les campements illégaux de migrants irréguliers dans les délégations d’El Amra et de Jebniana, dans le gouvernorat de Sfax. L’opération a principalement ciblé le Henchir Boufarhat, un site agricole situé dans la délégation d’El Amra.
À partir de 20 heures, des unités de la sécurité nationale, de la Garde nationale et des camions de la protection civile se sont massivement déployés à l’entrée du champ d’oliviers de Henchir Boufarhat. Les forces ont ensuite entrepris une vaste opération de contrôle et de déblayage, en procédant à l’évacuation des migrants irréguliers, principalement originaires d’Afrique subsaharienne, installés dans des campements de fortune.
Le porte-parole de la Garde nationale, Houcem Eddine Jebali, a déclaré à l’Agence TAP que l’opération vise à protéger les biens privés des agriculteurs tout en assurant une prise en charge humanitaire des migrants. Selon lui, des négociations avaient été menées en amont avec les migrants, les informant de l’imminence de l’évacuation.
Les équipes de sécurité ont ainsi poursuivi leur travail de démantèlement des campements dans les terres agricoles des deux délégations, où la présence de migrants a été particulièrement importante depuis la révolution de décembre 2010/janvier 2011. Avant l’évacuation, on estimait que près de 5 000 migrants résidaient dans ces zones.
Une intervention humanitaire
Le porte-parole a ajouté que les forces de sécurité poursuivaient leurs efforts pour accompagner les migrants vers des zones de transit, tout en coordonnant avec le Croissant-Rouge tunisien et les autorités sanitaires. L’objectif est de garantir la prise en charge des migrants les plus vulnérables, en particulier ceux nécessitant des soins médicaux. De plus, des instructions ont été données pour encourager les migrants à participer au programme de retour volontaire en se rendant à la branche régionale de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).
Les autorités ont également mis en place des mesures pour éviter la propagation de risques sanitaires dans les zones de campements. Des opérations de désinfection ont été menées, en collaboration avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement, de la Santé, des Affaires sociales et les autorités régionales. Des bulldozers et des camions ont été déployés pour débarrasser les sites des déchets et débris laissés par les campements.
Des arrestations et une sécurisation des zones rurales
Lors de l’opération, les forces de sécurité ont saisi plusieurs armes blanches et procédé à l’arrestation de migrants impliqués dans des comportements illégaux, conformément aux mandats judiciaires en cours.
Le porte-parole de la Garde nationale a précisé que cette campagne se déroulait sous la supervision directe du président de la République, Kaïs Saïed, et qu’elle s’était effectuée dans le calme, sans recours à la violence ni à l’utilisation de gaz lacrymogène.
L’une des priorités de cette opération est d’encourager le retour volontaire des migrants vers leurs pays d’origine. Selon les autorités, des centaines d’autres migrants, actuellement détenus pour des violations de la loi, seront également rapatriés dans les prochains mois.
Les autorités, en coordination avec le Croissant-Rouge, ont fourni une aide sanitaire aux femmes migrantes et aux enfants pendant l’opération. La campagne de démantèlement des campements illégaux se poursuit dans un climat de coopération entre les différents acteurs de la société civile et les autorités locales.
De nombreux agriculteurs, satisfaits de cette intervention, ont pu reprendre leurs activités agricoles. Jalel Ben Slim, un agriculteur de Kettatna (El Amra), a exprimé sa joie de pouvoir enfin labourer ses terres, après quatre ans d’interruption. “Je suis content de pouvoir travailler à nouveau ma terre après avoir été contraint de l’abandonner à cause de l’installation des campements illégaux”, a-t-il déclaré.