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Trump, un poids pour le soft power des Etats-Unis

04. Mai 2026 um 07:59

La dégradation de l’image des Etats-Unis ne cesse de croître, y compris parmi leurs alliés occidentaux. Le discours et l’action brutale du président Trump affectent le traditionnel pouvoir d’attractivité de la première puissance mondiale, comme l’atteste la baisse du volume de touristes en visite dans le pays. Dans un siècle marqué par la confrontation systémique avec la Chine, Trump prend le risque d’affaiblir le soft power des Etats-Unis.

 

Le soft power : une idée de la puissance

Alors que les Etats-Unis constatent les limites de leur hard power et de leur puissance militaire dans leur guerre contre l’Iran, c’est l’idée même de soft power qui rejaillit avec force.

La distinction entre hard power et soft power a été conçue par le politologue américain Joseph S. Nye au début des années 1990. Face à la thèse d’un déclin américain avancée en 1987 par l’universitaire Paul Kennedy dans « Naissance et déclin des grandes puissances » (1989), Joseph S. Nye souligne les transformations de nature de la puissance américaine à l’heure de la société de l’information. Outre leur puissance de coercition fondée sur des dimensions militaires et économiques, les Etats-Unis disposent en effet d’une puissance d’attraction et de séduction permise par un ensemble de moyens pacifiques. Ces derniers servent à influencer la position des autres acteurs et/ou à orienter les relations internationales en faveur des intérêts américains, y compris pour l’adoption de positions, de normes … La notion de soft power traduit ainsi l’idée de pouvoir atteindre ses objectifs sans recours à la force, par la « capacité à séduire ».

Parmi les principaux vecteurs d’influence, d’attraction, de séduction et de persuasion constitutifs du soft power théorisé par J. Nye, citons la culture, le droit et le modèle de société (avec les valeurs qu’il charrie).

 

Le soft power américain : une puissance en déclin

Si le soft power américain reste dominant, au travers des films et séries qui transitent désormais par les plateformes de streaming, ou par l’importation des débats sociaux et intellectuels liés aux mouvements sociétaux (MeToo ou Black Lives Matter), le leadership moral des Etats-Unis est abîmé. La croyance dans l’American way of life a nettement décliné.

Depuis l’élection puis la réélection de Donald Trump, sa vision du monde rompt largement avec les règles libérales censées guider les nations depuis 1945, mais aussi avec une certaine conception du soft power des Etats-Unis. En témoignent des décisions aussi symboliques que la révocation de l’accueil d’étudiants étrangers à l’université Harvard, emblème du rayonnement des Etats-Unis dans le monde. Plus largement, Trump fustige les grandes universités américaines, mais aussi les sites culturels tels que les musées Smithsonian de Washington ou encore le Kennedy Center, grand lieu de spectacle. Tous sont accusés par le président républicain de mener un « endoctrinement idéologique » progressiste…

En outre, l’administration Trump II a rompu avec la politique américaine menée jusqu’à présent en matière d’aide publique au développement : le traditionnel premier donateur au monde a suspendu les fonds engagés par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), agence indépendante créée en 1961 dont il a été décidé la fermeture. Donald Trump n’a cure de séduire ou d’influencer ; pour lui, la puissance ne s’exerce que par l’intimidation, le « deal » ou la force. De fait, le pouvoir d’entraînement des Etats-Unis ressort affaibli de ce mode d’action (par exemple, leur retrait d’une série d’organisations internationales n’a pas été suivi d’un mouvement en ce sens de leurs propres alliés, à l’exception d’Israël).

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Le nouveau désordre mondial

27. April 2026 um 08:12

Ancrées dans notre imaginaire, omniprésentes dans l’actualité, les relations internationales sont sources d’angoisse. Comme si on était face à l’inconnu. Alors que le monde demeure dans l’attente de la reprise des négociations irano-américaines, la guerre, après le génocide à Gaza, confirme un basculement.

 

Un désordre géopolitique

L’ordre international, né après la Seconde Guerre mondiale, est en phase de délitement : qu’il s’agisse des modes de régulation de l’économie (libre-échange), des modes d’organisation politique (démocratie, Etat de droit), ou des modes de résolution des conflits (diplomatie, multilatéralisme)… Les signaux se multiplient et vont dans le même sens. C’est bel et bien à la fin d’un ordre mondial que nous assistons. A défaut de puissance hégémonique capable, seule, d’imposer un nouvel ordre, nous sommes entrés dans une nouvelle ère marquée par le désordre suscité par l’affirmation de logiques impérialistes, de prédation (des territoires, des ressources, etc.).

Un tel environnement global nourrit un niveau élevé de conflictualité, d’imprévisibilité, d’instabilité et d’incertitude. La volatilité règne dans un monde chaotique, où l’invasion (de l’Ukraine au Liban) et la force semblent se normaliser. En dépit du droit international et de l’interdiction de principe de la guerre, celle-ci s’impose à nouveau comme un moyen naturel de résolution des différends, sur fond de décomposition des mécanismes du multilatéralisme onusien.

La multiplication et l’imbrication des crises donnent le sentiment d’une instabilité structurelle et permanente. Les crises contemporaines sont en effet à la fois globales, interdépendantes et systémiques. La profondeur de la crise est liée à son caractère pluridimensionnel : financier, social, écologique, démocratique et géopolitique. La résolution de tels défis dépend de la coopération. Or le paradoxe de notre temps réside dans la tendance à l’unilatéralisme et au recul du multilatéralisme dans un monde multipolaire et interdépendant. La multipolarité et le caractère transnational des enjeux mondiaux appellent une approche plus inclusive et concertée, où différents Etats et régions travaillent ensemble pour trouver des solutions communes.

 

Un désordre géoéconomique

En outre, la fin des illusions d’une « mondialisation heureuse », où tout le monde serait gagnant, fait des ravages dans les ordres socio-politiques et nourrit la montée de forces politiques extrémistes au sein même des démocraties occidentales. Les Etats-Unis assument leur rupture avec des décennies de croyance dans le libre-échange et dans l’encadrement du marché mondial par le droit international. Un mouvement protectionniste aux causes multiples, qui vont de la crise financière de 2008-2009 à la prise de conscience post-Covid des vulnérabilités de certaines chaînes de valeur dans des secteurs stratégiques.

De la crise financière de 2008 à la guerre en Ukraine en passant par le « Brexit », la réélection de Donald Trump et les crises sociales dans le « Sud global » (creusant les inégalités entre pays riches et pays pauvres), le discours sur la « mondialisation heureuse » est battu en brèche. La mondialisation, jusque-là considérée comme une force d’harmonisation et de pacification planétaire est porteuse de fragmentation et de conflictualité. Incapable de soutenir une accélération du taux de croissance et des gains de productivité, elle a généré des inégalités internes croissantes, ainsi que des réactions identitaires. Les contradictions sociales internes ont nourri les tentations d’une fuite en avant nationaliste et autoritaire. Partant, la perspective d’une prospérité généralisée, d’un marché mondial régi par une « concurrence libre et non faussée » n’est plus à l’ordre du jour. Désormais, une logique de la prédation s’affirme.

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