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Trump : un hors-la-loi internationale

08. Januar 2026 um 17:00

Au-delà des discours diffusés par la Maison Blanche, l’intervention militaire américaine au Venezuela et le « kidnapping » de Nicolas Maduro violent les principes du droit international. Un acte qui signe une logique impérialiste et qui renoue avec la « doctrine Monroe », au nom de laquelle les Etats-Unis estiment que l’Amérique latine relève de sa zone d’influence et de domination naturelle…

Fondé sur l’égalité et la liberté des Etats souverains, le droit international a pour fonction de les protéger. C’est pourquoi il consacre à la fois l’interdiction de principe du recours à la force et le principe de non-ingérence ou de non-intervention.

Violation manifeste du droit international

D’une part, l’acte de guerre est en principe proscrit. Si les procès de Nuremberg (1945) et de Tokyo (1946) posèrent les bases juridiques du crime d’agression, la Charte de l’ONU place la guerre « hors de la légalité internationale », un acte illicite susceptible de faire l’objet de mesures coercitives (adoptées par le Conseil de sécurité). La Charte prévoit néanmoins le droit de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est victime d’une agression armée. Il n’empêche, selon le droit international, les différends entre Etats doivent en principe trouver leur résolution par d’autres moyens que la guerre.

La Charte des Nations unies énonce en effet au cœur de son dispositif la prohibition du recours à la force : « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’usage de la force (…); contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat (…) » (article 2 § 4).

D’autre part, le droit international interdit tout acte d’ingérence, suivant lequel nul Etat ne saurait s’immiscer dans les affaires intérieures ou la compétence nationale, réservée, exclusive d’un autre Etat. L’article 2 § 7 de la Charte des Nations unies dispose qu’« [a]ucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un Etat ». Nul Etat ne saurait valablement exercer des actes de contrainte sur le territoire d’un autre Etat. L’acte d’agression constitue ainsi une ingérence caractérisée, l’agression étant définie par l’article 8 bis du Statut de la CPI comme « la planification, la préparation, le lancement ou l’exécution par une personne effectivement en mesure de contrôler ou de diriger l’action politique ou militaire d’un Etat (…) ».

Plus largement, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies a bien souligné « le droit inaliénable [de tout Etat] de choisir son système politique, économique, social et culturel sans aucune forme d’ingérence de la part d’un autre Etat ».

L’interventionnisme des Etats-Unis en Amérique latine

L’histoire des Etats-Unis repose sur la conviction (d’essence religieuse, biblique) d’incarner une forme d’exceptionnalisme. Même si, dans un premier temps, le choix de l’isolationnisme et du développement interne prévaut, une politique étrangère se déploie à travers la « doctrine Monroe » (du nom du président qui l’a formulée lors d’un message au Congrès en 1823), qui fixe pour axe de la politique étrangère la défense du continent (y compris l’Amérique du Sud) contre toute ingérence des puissances européennes. Une doctrine qui prendra, à partir de la fin du XIXe siècle, un caractère plus offensif et interventionniste puisque les Etats-Unis vont développer leur emprise militaire, politique et économique sur la région stratégique (de la mer) des Caraïbes.

La neutralité et l’isolationnisme laissent place à l’expression de velléités expansionnistes (vers l’Amérique du Sud) dès le début du XXe siècle, par le président Theodore Roosevelt (dans le fameux « Corollaire à la doctrine de Monroe »). Une hégémonie régionale à l’origine du développement de la flotte américaine. Celle-ci peut désormais s’appuyer sur un réseau de bases navales et de points d’appui (occupation, puis acquisition de Porto Rico et Guam ; achat des Philippines). Depuis, les Etats-Unis n’ont cessé d’intervenir dans la zone Caraïbes-Amérique centrale pour préserver leurs intérêts nationaux, en invoquant le droit d’exercer un « pouvoir de police international »… Le trumprisme s’inscrit en cela dans une vieille tradition impérialiste. Le Groenland sera-t-elle la nouvelle page de cette histoire ?

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2026 : une année imprévisible

31. Dezember 2025 um 12:22

L’année 2025 a été marquée par le come-back de Donald Trump sur la scène internationale. Une véritable onde de choc pour la géopolitique et la géoéconomie mondiale. Les fondements de l’ordre international post-Seconde Guerre mondiale et la mondialisation libérale sont en phase de délitement, de décomposition, de régression. Au-delà des fantasmes d’une 3e guerre mondiale ou d’un conflit nucléaire, l’instabilité et l’imprévisibilité seront bels et bien les maîtres mots de 2026.

 

Nous sommes entrés dans un monde « post-hégémonique », multipolaire et globalisé marqué à la fois par : l’absence de puissance hégémonique capable, seule, d’imposer un ordre; la redistribution de la puissance (en faveur de puissances du Sud) qui consacre un bouleversement des équilibres mondiaux et un décentrement des relations internationales; des puissances qui cèdent aux comportements unilatéralistes et qui ne cherchent plus à fonder leurs actions sur le droit international, de s’interroger sur la conformité de leurs actes avec les normes internationales, ni de tenter de les justifier.

 

Un tel environnement global nourrit un niveau élevé de conflictualité, d’imprévisibilité, d’instabilité et d’incertitude. La volatilité règne dans un monde chaotique, en phase de transition, où les Etats se préparent à faire la guerre et refondent les stratégies nationales de défense, dopent les dépenses d’armement; où la force semble toujours plus l’emporter sur le droit et limites qu’il prescrit, la guerre redevenant une voie de premier recours. Un double phénomène, inédit à cette échelle, se fait jour : la prolifération du nombre de théâtres de conflits et l’allongement de leur durée, alors que les plans de règlement pour les conflits en Ukraine et Gaza n’ouvrent pas de véritable perspective de paix durable et juste.

 

Ce désordre mondial n’est pas naturel, il procède de profonds ressorts : l’évolution de régimes politiques moins disposés à la « retenue stratégique », le déclin du « gendarme du monde » états-unien, la contestation de l’ordre international post-1945, l’affaiblissement des mécanismes du multilatéralisme (symbolisé par le blocage du Conseil de sécurité et la désuétude des opérations de maintien de paix), ainsi que la fin des illusions de la mondialisation libérale. L’art d’utiliser l’arme économique pour accroître sa puissance politique, très en vogue après la fin de la guerre froide, revient en force avec les ambitions chinoises réaffirmées et les politiques mercantilistes américaines. Une « guerre économique » qui nourrit l’insécurité globale.

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la perspective d’un troisième conflit généralisé a hanté – et donc façonné – les relations internationales. Si la possibilité d’une Troisième Guerre mondiale a été envisagée dès la fin de la Seconde (certains officiers supérieurs américains considèrent sérieusement le risque d’un conflit avec l’URSS, qui est encore alors une alliée des Etats-Unis), ce spectre est surtout palpable en Occident, et de façon encore plus aiguë au sein des sociétés européennes, traumatisées par les deux conflits précédents dont le déclenchement respectif fut lié à la montée de nationalismes exacerbés.

 

La réaffirmation des puissances est aussi l’expression de néo-nationalismes tentés de faire renaître des empires. Les politiques impériales auxquelles nous faisons allusion (celle de la Russie, de la Chine et maintenant des Etats-Unis) se nourrissent d’un sentiment national que l’on excite, que l’on exacerbe en allant chercher dans l’histoire des peuples des morceaux du passé qui ont blessé la fierté nationale.

 

Enfin, si les relations internationales sont aujourd’hui difficiles à analyser, c’est également parce qu’elles ne se résument pas au jeu des puissances étatiques. Les acteurs privés transnationaux bénéficient aussi de la redistribution de la puissance. Dans un monde interconnecté et interdépendant, où la réalité stato-nationale et les relations interétatiques sont de plus en plus déstabilisées, ces acteurs non étatiques n’hésitent pas à contester et à concurrencer les monstres froids étatiques hérités de l’ordre westphalien. Les uns et les autres interagissent dans un environnement global marqué par de nouvelles dynamiques sociales, les innovations technologiques (avec l’entrée dans l’ère de l’intelligence artificielle permet la réalisation efficace d’opérations complexes dans divers domaines stratégiques) et le changement climatique.

La « fin de l’Histoire » n’est toujours pas inscrite à l’agenda mondial marqué par la fin simultanée de grands cycles historiques : l’occidentalisation du monde; l’hégémonie des États-Unis; l’ordre international institué en 1945; la mondialisation libérale. La phase de transition ainsi ouverte va de pair avec l’imprévisibilité de ses acteurs…

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