«Les femmes sont industrieuses par nature…»
« Les femmes sont naturellement industrieuses et doivent reprendre leur place dans le cœur de l’industrie». C’est par cette affirmation que Soukeina Bouraoui, Directrice exécutive du Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (CAWTAR), a marqué son intervention lors de la Journée internationale des femmes dans l’industrie, tenue le 21 avril 2026 sous le thème « Les femmes façonnent l’avenir de l’industrie».
![]()
Dans ce cadre, elle a appelé à dépasser les discours symboliques pour engager un travail continu et mesurable sur la place des femmes dans les secteurs industriels. Elle a d’abord posé un constat clair. La présence des femmes dans l’industrie reste limitée. Moins de 10 % occupent des postes de direction dans les entreprises industrielles. Dans certains secteurs comme la construction, elles représentent environ 1 % seulement. Pourtant, elle insiste sur une progression réelle. En une quinzaine d’années, certains indicateurs sont passés de 1 % à près de 10%, ce qui montre une évolution, mais encore insuffisante. Soukeina Bouraoui souligne que le problème n’est pas le manque de compétences. Les femmes sont nombreuses dans les filières scientifiques et d’ingénierie. Mais elles accèdent rarement aux postes de leadership industriel. Elles sont souvent orientées vers des fonctions techniques ou administratives, loin de la prise de décision.
Trois obstacles majeurs
Elle identifie plusieurs freins majeurs. Les stéréotypes sociaux arrivent en premier. Viennent ensuite le manque d’innovation dans les systèmes éducatifs et l’absence de modèles féminins visibles dans l’industrie. Sans figures inspirantes, dit-elle, les trajectoires restent limitées. Elle met aussi en avant l’importance de l’éducation et de l’expérience tunisienne de la mixité scolaire. Selon elle, le fait que filles et garçons grandissent ensemble dans les mêmes espaces éducatifs constitue une base essentielle pour normaliser l’égalité dès le plus jeune âge. Autre point central de son intervention : la nécessité d’une action continue. Elle propose que la Journée du 21 avril ne soit pas seulement commémorative, mais qu’elle devienne un moment annuel d’évaluation des progrès et des impacts réels. Sur le plan des solutions, elle appelle à des politiques publiques plus ciblées. Cela passe par des incitations fiscales, un meilleur accès aux financements et un accompagnement adapté des femmes entrepreneures dans l’industrie. Elle insiste aussi sur le rôle des médias pour valoriser les réussites féminines et diffuser des modèles positifs. Enfin, Bouraoui rappelle que le CAWTAR ne se limite pas à la recherche académique. L’institution produit des études destinées à influencer les politiques publiques et à soutenir la parité dans les domaines économiques et industriels. La rencontre a également été organisée en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (UNIDO), un acteur clé dans la promotion de l’inclusion des femmes dans l’industrie à l’échelle internationale.
Le message final est sans ambiguïté : les femmes ne sont pas absentes de l’industrie par manque de potentiel, mais parce que les systèmes actuels ne leur permettent pas encore de l’exprimer pleinement.
![]()
L’article «Les femmes sont industrieuses par nature…» est apparu en premier sur Managers.
