Finances publiques : le poids critique du service de la dette extérieure
Le service de la dette extérieure capte désormais jusqu’à 18,2 % des revenus des États. Un niveau d’alerte souligné par le rapport Africa Economic Update d’avril 2026 de la Banque mondiale. 25 pays de la région sont classés en situation de surendettement ou à risque élevé. Ce qui limite considérablement le financement des infrastructures et des services publics.
Les efforts de consolidation budgétaire en Afrique subsaharienne portent leurs fruits sur le solde primaire. Mais la charge des intérêts demeure écrasante. Le déficit primaire régional devrait s’équilibrer d’ici 2026. Reflétant ainsi une meilleure adéquation entre les recettes publiques et les dépenses de fonctionnement. Cette rigueur budgétaire est toutefois neutralisée par le coût du stock de dette existant.
Dans quatre pays sur cinq, les paiements d’intérêts dépassent désormais les budgets cumulés de la santé ou de l’éducation. Le service de la dette publique extérieure devrait bondir pour atteindre 18,2 % des revenus en 2025; contre 15,4 % l’année précédente. Cette pression est accentuée par un mur d’amortissements imminent, les remboursements de principal passant de 37 milliards à 59,2 milliards de dollars en l’espace de 12 mois.
Par ailleurs, la vulnérabilité financière atteint des sommets historiques. Fin 2025, environ la moitié des pays de la région étaient jugés en détresse financière ou à haut risque par les institutions internationales. Le durcissement des conditions de financement sur les marchés financiers mondiaux et la stagnation de l’aide publique au développement aggravent cette impasse. Ce qui prive les gouvernements des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de croissance.
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