Énergies renouvelables : la Tunisie mise sur l’engagement citoyen
Le financement participatif, communément appelé crowdfunding, s’impose progressivement comme un levier central pour accélérer la transition énergétique en Tunisie. C’est en tout cas ce qu’ont affirmé plusieurs responsables lors du forum national consacré à ce mécanisme innovant.
À cet effet, Nafaa Baccari, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), a assuré que « cette démarche s’inscrit dans les efforts visant à porter la part des énergies renouvelables à 35 % de la production électrique d’ici à 2030, puis à 50 % à l’horizon 2035.
Cependant, atteindre ces objectifs nécessite une mobilisation tous azimuts de l’État, des financeurs publics et privés, mais également de la société civile, des citoyens et autres partenaires internationaux – appelés à soutenir les projets par des financements extérieurs. Ici, le financement participatif repose sur la conviction que les citoyens peuvent et doivent contribuer activement à la transition énergétique, indique-t-on.
Cette approche a déjà été concrétisée à travers des projets menés avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), rappelle l’ANME, notamment pour l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture. Ces initiatives ont permis de dépasser une capacité installée de 400 MW, grâce à des contributions citoyennes représentant entre 5 et 10 % du financement, parfois via des prélèvements sur les factures d’électricité ou des subventions de l’ANME.
Une étude lancée en 2025 a par ailleurs mis en évidence un fort potentiel de développement du financement participatif aux niveaux local, régional et national. Premier du genre, le forum national sera suivi de rencontres régionales destinées à sensibiliser les citoyens et à lever les obstacles techniques et législatifs.
De son côté, l’Agence pour la promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) œuvre à l’adaptation du cadre législatif afin d’encourager ce mode de financement, notamment pour soutenir la compétitivité des entreprises industrielles. Le secteur, qui regroupe 5 000 entreprises et représente 18 % du PIB, est fortement concerné, en particulier les branches exportatrices et énergivores.
Enfin, le secrétaire d’État à la Transition énergétique a souligné que la finance participative constitue un outil complémentaire au système financier classique, offrant de nouvelles opportunités pour mobiliser l’épargne et soutenir les micro, petites et moyennes entreprises.
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