L’IACE alerte sur un effondrement imminent de la filière viandes rouges
L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) tire la sonnette d’alarme : la filière des viandes rouges est au bord de l’effondrement. Dans une note publiée vendredi, il appelle à une révision urgente des politiques en vigueur, pointant du doigt le plafonnement des prix imposé par l’État.
Selon l’IACE, cette politique a provoqué une baisse drastique de l’offre, le cheptel bovin ayant chuté de 20 % à 35 % depuis 2019. La contrebande vers les pays voisins et l’abattage massif ont aggravé le déséquilibre entre l’offre et la demande, tandis que le coût réel de l’élevage n’est plus couvert par les prix de vente imposés.
En août 2024, un décret ministériel avait fixé un prix plafond à 43 dinars/kg pour la viande ovine, alors que le prix réel oscillait déjà entre 45 et 50 dinars. En 2026, ce prix a grimpé à 60 voire 80 dinars/kg, malgré une baisse de 25 % du coût des fourrages locaux. Parallèlement, le prix moyen d’un mouton de sacrifice a atteint des records historiques, entre 1 300 et 1 500 dinars, dépassant parfois les 2 000 dinars. La Tunisie figure désormais en tête des pays arabes où la viande est la plus chère par rapport au pouvoir d’achat.
L’IACE dénonce également la propagation de la contrebande de bétail vers la Libye et l’Algérie, où les éleveurs écoulent leurs bêtes à des prix bien plus lucratifs.
Au-delà des prix, l’étude souligne des dérèglements structurels : réduction des surfaces de pâturage liée au changement climatique, expansion d’autres cultures, baisse du taux de fertilité du cheptel (moins de 80 %, contre un seuil minimal de 90 %), taux d’agnelage insuffisant (1,2 agneau par brebis, contre 1,4 souhaité) et hausse de la mortalité animale (10 % à 20 %, contre un objectif de moins de 8 %).
L’IACE conclut qu’un maintien du statu quo conduirait inéluctablement à l’effondrement total de la filière.
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