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La troisième guerre du golfe : enjeux et perspectives

28. März 2026 um 13:27

La guerre israélo-américaine initiée fin février 2026 à l’encontre de l’Iran s’est rapidement muée en conflit régional susceptible de déraper en confrontation globale impliquant de nombreuses puissances nucléaires menacées par les retombées du nouveau choc pétrolier et gazier découlant de la fermeture partielle du détroit d’Ormuz.

Trump et Netanyahu assument la pleine responsabilité de cette guerre qui se situe dans le prolongement de celle qui avait été déclenchée par Israël en juin 2025 avec un soutien américain limité, en vue de susciter une « révolution » aboutissant au renversement du régime iranien, à l’instar des changements de régime opérés dans le cadre des « printemps arabes ».

Les véritables enjeux de la guerre

La reprise des hostilités était prévisible car les USA et Israël persistent dans leur volonté de modifier les rapports de force régionaux et mondiaux en substituant au régime iranien un nouveau pouvoir hostile aux BRICS, à la résistance palestino-libanaise et soumis à la volonté américano-sioniste incarnée par le G7 piloté par les USA et les institutions multilatérales représentatives des oligarchies mondialisées. Au nombre des  objectifs centraux de cette entreprise, figure la dislocation et l’implosion de l’Iran ainsi que la destruction des assises de l’Etat iranien en vue de le dépouiller des atouts de la puissance militaire et technologique susceptible de constituer une menace existentielle pour Israël et les intérêts hégémoniques occidentaux.

Lire aussi: L’Iran ferme le détroit d’Ormuz aux navires liés aux « ennemis »

En effet, il ne faut pas perdre de vue que l’Iran est perçu comme un danger mortel du fait qu’il demeure l’un des derniers  obstacles restants à la mise en œuvre du plan expansionniste sioniste dans la région nouvellement promu par Netanyahu. Initiée par la guerre génocidaire et d’épuration ethnique à Gaza et en Palestine, cette dynamique d’expansion messianiste s’est accélérée aux dépens du monde arabe, après la chute de la Syrie et l’affaiblissement de l’axe de la résistance au Liban.

En somme, la finalité de cette politique n’est pas seulement de soumettre l’Iran à la volonté occidentale tout en s’emparant de ses richesses et de ses importantes potentialités industrielles, scientifiques et militaires. Il s’agit de modifier ses alliances en mettant fin à son hostilité à l’impérialisme et au néocolonialisme tout en confisquant son indépendance décisionnelle en politique étrangère et dans le domaine de la coopération internationale. Avec pour ambition de les mettre au service du projet expansionniste sioniste soutenu par les USA et l’Occident collectif qui cherchent à mettre en échec les prémices du nouvel ordre mondial multipolaire ambitionné par les BRICS. Ceci avec pour perspective de porter un coup fatal aux intérêts sécuritaires et économiques vitaux de la Chine, de la Russie ainsi qu’à la cause palestinienne et à l’axe de la résistance.

 

La finalité de cette politique n’est pas seulement de soumettre l’Iran à la volonté occidentale tout en s’emparant de ses richesses et de ses importantes potentialités industrielles, scientifiques et militaires.

 

Certes, des dommages considérables ont été occasionnés à l’Iran, mais aucun de ses objectifs n’a pu être réalisé après un mois d’une confrontation implacable où les USA se sont impliqués à fond en vue de trancher rapidement le conflit tout en cherchant à éviter l’enlisement et la guerre d’usure ainsi que l’extension des combats à d’autres fronts, ce qui serait catastrophique pour la coalition israélo-américaine.

Lire également : L’Iran émerge-t-il comme nouvelle puissance régionale au Moyen-Orient ?

A l’opposé, l’Iran, conscient des enjeux vitaux de cette épreuve, s’est préparé à une guerre d’usure de longue durée destinée à mettre un terme final aux périls existentiels qui menacent la nation iranienne.

D’où le retour en force de la résistance chiite libanaise incarnée par le Hezbollah qui a repris le combat au sud Liban parallèlement aux attaques de la résistance irakienne ciblant la présence et les intérêts américains. De même que l’appui politique et militaire discret mais efficient manifesté par la Chine et la Russie à l’Iran, ce qui a conféré une efficacité  accrue à son potentiel de riposte et de résilience dans cette confrontation décisive pour le peuple et l’Etat iraniens.

En définitive, il se confirme qu’en dépit de leur agressivité et de leurs pulsions guerrières persistantes, les USA et leurs alliés occidentaux sont en recul face à la réémergence du  nationalisme persan associé aux nationalismes russes et Chinois qui se retrouvent solidaires au regard des tentatives de l’Occident collectif d’empêcher l’avènement d’un nouveau monde multipolaire plus juste et plus équilibré[1].

 

L’évolution du cours de la guerre et les capacités d’endurance et de riposte de l’Iran semblent avoir convaincu le président Trump de la nécessité de rechercher, à ce stade, une voie de sortie provisoire sans pour autant renoncer à ses objectifs initiaux, lesquels s’insèrent dans le cadre de sa stratégie de sécurité nationale.

 

Ainsi, l’évolution du cours de la guerre et les capacités d’endurance et de riposte de l’Iran semblent avoir convaincu le président Trump de la nécessité de rechercher, à ce stade, une voie de sortie provisoire sans pour autant renoncer à ses objectifs initiaux, lesquels s’insèrent dans le cadre de sa stratégie de sécurité nationale. Ce faisant, il ne semble pas mesurer les implications véritables de cette confrontation régionale désormais devenue d’ordre planétaire qui risque chaque jour de déraper et d’échapper à tout contrôle.

Les pays du Golfe dans l’œil du cyclone

Celle-ci s’est de fait muée en crise économique et pétrolière mondiale après la réduction drastique des flux pétroliers en provenance de la région du fait du blocage du détroit d’Ormuz et sa fermeture aux exportations des pays du Golfe. Sans compter les dommages considérables infligés à leurs sites pétroliers ainsi qu’à la crédibilité des USA du fait de la destruction des bases américaines censées les protéger de l’Iran.

A l’inverse, ils se sont retrouvés impliqués, contre leur gré par leurs protecteurs dans ce conflit dévastateur, ce qui leur a valu d’être traités en belligérants et durement attaqués par l’Iran en raison de leur participation aux hostilités à travers les bases américaines qui y sont installées. Dès lors, ils sont, de fait, considérés par les responsables iraniens en tant « qu’Etats fonctionnels », membres de l’alliance israélo-occidentale qui œuvre depuis les « printemps arabes » à détruire l’Iran et à renverser l’ensemble des pouvoirs en place dans la sphère arabo-islamique afin de leur substituer des pouvoirs vassaux pro-occidentaux d’obédience islamiste.

A vrai dire, les pays du Golfe, sous la conduite de l’Arabie saoudite, ont toujours lié leur sort et leur sécurité à la protection des USA moyennant le rôle prééminent des entreprises américaines dans la production et la commercialisation du pétrole en dollars. Cette dépendance économique et sécuritaire à l’égard des USA s’est consolidée après la chute de l’URSS avec l’installation des bases américaines et l’imposition de la normalisation des relations arabo-israéliennes désormais considérée comme étant l’un des piliers de la politique américaine dans la région.

Notons qu’avec les accords d’Abraham, cette normalisation s’est muée en une sorte d’alliance non déclarée tripartite dirigée contre l’Iran et l’axe de la résistance.

 

Dans un prochain article, nous examinerons les retombées prévisibles de cette guerre sur le monde arabo-musulman qui risque, encore une fois, d’être le grand perdant des mutations en cours sur la scène régionale et mondiale.

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Ahmed Ben Mustapha,

Diplomate et ancien ambassadeur

 

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[1] Dans une récente déclaration à l’économiste Maghrébin, j’ai en effet situé ce conflit dans le cadre des mutations en cours dans les équilibres fondamentaux au niveau planétaire :  Ahmed Ben Mustapha insiste sur ce qu’il considère comme la clé de lecture fondamentale de l’ensemble du conflit : un affrontement de nationalismes. D’un côté, le nationalisme sioniste associé au nationalisme européen, avec l’appui décisif des États-Unis. De l’autre, les nationalismes de résistance. Israël et Washington ont réussi à neutraliser le nationalisme arabe, mais ils n’avaient pas anticipé la puissance d’un nationalisme persan adossé à une civilisation millénaire. Ce phénomène s’inscrit dans un mouvement plus large, observable également en Russie et en Chine, où la réunification nationale et la revalorisation des identités propres constituent les objectifs fondamentaux. Ce que le monde traverse, dit-il, c’est la faillite du système de globalisation américain, fondé sur l’absence de repères idéologiques, religieux et moraux, et la réémergence simultanée des grandes forces nationales.

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