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Algérie-Italie : un câble sous-marin pour exporter l’électricité solaire du Sahara

19. Oktober 2026 um 16:57

L’Algérie pourrait exporter de l’électricité renouvelable vers l’Europe grâce à une liaison sous-marine de 2 000 MW avec l’Italie. Porté par la société italienne Zhero, le projet Algeria-Italia Link (AI-Link) prévoit de produire de l’électricité solaire et éolienne dans le désert algérien avant de l’acheminer vers l’Italie par un câble d’environ 900 kilomètres.

Du 16 au 23 octobre 2026, le projet fait l’objet d’une consultation publique en Italie. Cette étape permet aux collectivités et aux habitants concernés d’examiner les installations terrestres envisagées et de transmettre leurs observations, dans le cadre de la procédure d’autorisation. Selon les estimations du promoteur, le projet nécessiterait au moins 5 000 MW de capacités de production renouvelable en Algérie et pourrait transporter plus de 10 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent des besoins électriques d’environ quatre millions de ménages. Ces chiffres restent prévisionnels : l’infrastructure n’est pas encore opérationnelle et la mobilisation complète des financements n’est pas confirmée publiquement. AI-Link s’inscrit dans une initiative plus large, Medlink Renewable Generation, qui prévoit près de 10 GW de capacités solaires et éoliennes en Algérie et en Tunisie, complétées par du stockage par batteries. En juillet 2025, la Commission européenne a inscrit ce programme sur sa liste de projets transfrontaliers dans les énergies renouvelables, ce qui ouvre la possibilité de solliciter un soutien européen sans garantir son obtention.

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Budget économique 2027: la Tunisie veut simplifier l’investissement et réduire la bureaucratie. Détails

19. Oktober 2026 um 16:45

Investir sans multiplier les démarches, trouver un terrain sans se perdre dans les procédures et créer une entreprise sans passer d’un bureau à l’autre: le projet de Budget économique 2027 entend s’attaquer à plusieurs obstacles qui compliquent la vie des investisseurs en Tunisie.

Au programme, une refonte du cadre légal, davantage de services numériques et de nouveaux mécanismes pour faciliter le financement des entreprises. Reste à transformer ces ambitions en changements concrets sur le terrain. Premier chantier: remettre à plat les règles de l’investissement. Un nouveau projet de loi doit garantir la liberté d’investir, renforcer la protection des investisseurs et alléger les formalités. Le gouvernement prévoit aussi de mettre en place un interlocuteur unique, chargé de centraliser les démarches et de faciliter les échanges avec l’administration. À la Fipa, un système de gestion de la relation avec les investisseurs doit permettre de maintenir le contact après leur installation, plutôt que de limiter l’accompagnement aux premières étapes du projet. La simplification passe également par le numérique. La Plateforme nationale de l’investisseur doit évoluer pour couvrir l’ensemble du parcours de l’entreprise, de la déclaration de l’investissement à sa constitution juridique, en passant par les demandes d’incitations et le règlement des litiges. Le Registre national des entreprises (RNE) est, lui aussi, concerné par un projet de numérisation intégrale. Dans le secteur industriel, la plateforme “e-industrie” doit regrouper les services en ligne et accompagner les entreprises qui souhaitent adopter les technologies de l’industrie 4.0.

Autre dossier! Les formalités administratives. Sur les 167 cahiers des charges recensés, leur révision doit se poursuivre afin de simplifier les conditions d’exercice de certaines activités et de remplacer, lorsque le cadre le permet, les autorisations préalables par des procédures plus souples. Le projet fixe également un objectif précis : réduire de 30% le recours à la légalisation des signatures et aux copies conformes d’ici à la fin de 2027. De quoi s’attaquer à ces démarches répétitives qui font perdre du temps aux entreprises comme aux particuliers. Encore faut-il pouvoir s’installer dans de bonnes conditions. L’accès au foncier économique figure ainsi parmi les priorités. Un portail numérique et une base de données doivent permettre de mieux recenser les terrains disponibles, de clarifier leur situation et de les orienter vers les projets adaptés. Le programme prévoit, en parallèle, l’aménagement de zones industrielles intelligentes et écologiques, notamment à Zaghouan, Bizerte, Sfax et Gafsa. La logistique n’est pas en reste: la modernisation des ports, des aéroports et des infrastructures douanières, ainsi que la numérisation des contrôles aux frontières, doivent faciliter la circulation des marchandises.

Pour les petites et moyennes entreprises, le défi se joue aussi sur le terrain du financement. Le projet prévoit une stratégie nationale destinée à accompagner les PME dans leur transition numérique et écologique et dans leur accès aux marchés extérieurs. Le financement participatif doit également trouver sa place parmi les solutions disponibles, tandis que les capacités de garantie de la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR) doivent être renforcées. L’objectif est de donner davantage de marge de manœuvre aux entreprises qui peinent à mobiliser les ressources nécessaires à leur développement. Enfin, la future Carte nationale de l’investissement doit aider à mieux orienter les projets vers les régions. En mettant en évidence les atouts économiques et les filières porteuses de chaque territoire, cet outil entend rapprocher les investisseurs des possibilités locales et contribuer à réduire les disparités régionales.

Le cap est fixé, mais le plus difficile reste à faire: passer des annonces aux résultats. Un guichet unique n’aura d’intérêt que s’il réduit réellement les délais, une plateforme numérique que si elle évite aux entreprises de refaire les mêmes démarches, et une zone industrielle que si elle dispose des équipements nécessaires. Pour la Tunisie, l’enjeu sera donc de faire de cette série de réformes un véritable levier d’investissement, et non une nouvelle liste de mesures à appliquer.

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CarboScan obtient le Label Startup et veut démocratiser la comptabilité carbone en Tunisie

19. Oktober 2026 um 16:43

CarboScan, une entreprise tunisienne qui propose une plateforme pour la comptabilité carbone, a obtenu le Label Startup. L’entreprise souhaite rendre le calcul des émissions de carbone plus accessible en Tunisie.

CarboScan propose une solution numérique pour aider les entreprises à mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre. Face aux exigences environnementales de plus en plus strictes dans le commerce international, calculer son empreinte carbone est devenu un enjeu important pour les entreprises tunisiennes. Pour les PME notamment, cela reste souvent compliqué à cause de la difficulté à rassembler les données, des méthodes de calcul et du manque de moyens.

La plateforme CarboScan a été créée pour simplifier ces démarches. Elle aide à collecter et à traiter les données, à calculer automatiquement les émissions de gaz à effet de serre et à générer facilement des rapports sur les émissions directes et indirectes d’une organisation.

L’obtention du Label Startup, reçue le 29 septembre 2026, est une étape clé pour CarboScan. Cela la positionne dans le secteur des technologies climatiques (ClimateTech) en Tunisie.

Kamel Talbi, le fondateur de CarboScan, explique: « Nous pensons que la transition vers un modèle bas carbone ne devrait pas être réservée aux grandes entreprises. Notre objectif avec CarboScan est de rendre le calcul des émissions de carbone accessible à tous. Nous voulons offrir aux entreprises tunisiennes, en particulier les PME, des outils numériques efficaces, abordables et adaptés à leur situation. Obtenir le Label Startup est une reconnaissance importante de notre travail et nous encourage à développer en Tunisie une solution qui puisse ensuite s’étendre à l’international. »

CarboScan a également pour projet de s’étendre en Afrique et dans le bassin méditerranéen. Dans un contexte où les réglementations climatiques et le reporting environnemental évoluent, la capacité à mesurer et à prouver ses émissions devient un avantage concurrentiel. L’entreprise espère ainsi contribuer à l’essor de solutions technologiques tunisiennes à forte valeur ajoutée, capables de répondre à des défis économiques et environnementaux mondiaux.

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La Tunisienne Cargo Wings Express obtient l’autorisation européenne pour ses vols de fret

19. Oktober 2026 um 16:19

La compagnie tunisienne Cargo Wings Express figure désormais sur la liste des exploitants de pays tiers autorisés par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), sous la référence TUN-0007.

Cette autorisation (TCO) constitue un préalable réglementaire pour assurer des vols commerciaux vers les territoires concernés par le dispositif européen. Elle marque une avancée pour le transporteur tunisien, qui ambitionne de développer ses activités de fret aérien entre la Tunisie, l’Europe et l’Afrique.

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Louis Vuitton, Céline, Dior… Qui va payer la facture des pillages en France ?

19. Oktober 2026 um 12:14

Les images de vitrines fracassées, de boutiques vidées et de marchandises emportées ont envahi les réseaux sociaux et les journaux télévisés après les violences du 17 octobre 2026 en France. Parmi les enseignes touchées figurent plusieurs grandes maisons du luxe, dont Louis Vuitton, Céline et Kenzo. Au-delà du choc provoqué par ces scènes, une question intéresse directement les entreprises : quelle part des pertes sera réellement prise en charge par les assurances ?

À Paris, l’avenue Montaigne, connue pour concentrer des boutiques de luxe, a été particulièrement touchée. Le magasin Céline a été entièrement pillé, tandis que les vitrines de Louis Vuitton ont subi des dégradations. D’autres enseignes ont également été visées dans la capitale et dans plusieurs villes françaises. Les faits ont été documentés par Le Monde, Reuters et l’AFP. La circulation massive de vidéos sur les plateformes sociales a donné une visibilité considérable aux événements. Les images montrent des individus brisant des devantures, pénétrant dans des magasins et repartant avec des produits. Les médias ont ensuite relayé les scènes de pillage et les premiers constats de dégâts. Cette exposition transforme aussi un sinistre commercial en enjeu d’image pour des marques dont la valeur repose largement sur le prestige, la désirabilité et le contrôle de leur environnement de vente.

Le préjudice ne se limite pas aux marchandises emportées. Il comprend également le remplacement des vitrines, la réparation des aménagements intérieurs, la sécurisation des locaux et les éventuelles pertes de chiffre d’affaires pendant la fermeture. Pour les maisons de luxe, dont les boutiques sont souvent situées dans des emplacements commerciaux stratégiques, l’interruption de l’activité peut aussi perturber les ventes et l’accueil de la clientèle internationale. Les premières estimations sectorielles donnent la mesure de la crise : environ 1 500 commerces avaient été recensés comme touchés le 18 octobre. Le 19 octobre, le réseau des chambres de commerce et d’industrie évoquait déjà un bilan susceptible de dépasser 2 000 établissements, pour des dégâts évalués à plusieurs centaines de millions d’euros. Ces chiffres concernent l’ensemble du commerce français, et non les seules maisons de luxe. Les conséquences se sont également fait sentir en Bourse le 19 octobre. Selon les données rapportées par Zonebourse, LVMH reculait de 1,84 % et Kering de 1,54% en matinée. Ces mouvements ne peuvent toutefois pas être attribués exclusivement aux pillages : ils reflètent aussi les anticipations des investisseurs et le contexte général du marché.

Pour les entreprises touchées, l’indemnisation dépend avant tout des contrats souscrits. Selon France Assureurs, les dommages matériels provoqués par des violences urbaines peuvent être couverts par la garantie «émeutes et mouvements populaires», généralement intégrée aux contrats d’assurance des commerces et des immeubles. La prise en charge reste liée aux garanties effectivement prévues, aux franchises et aux plafonds applicables.

La perte d’exploitation constitue un enjeu distinct. Une boutique peut obtenir le remboursement de dégâts matériels sans être automatiquement indemnisée pour les revenus perdus pendant sa fermeture. Cette protection repose sur une garantie spécifique, dont les conditions doivent être vérifiées dans le contrat. Pour les grands groupes, il faudra donc distinguer les montants déclarés, les indemnisations acceptées et la part des sinistres éventuellement transférée aux réassureurs. À ce stade, aucun bilan définitif des indemnisations versées aux maisons de luxe concernées n’a été établi dans les sources disponibles.

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600 000 dollars pour transformer une idée d’IA en entreprise: Dubaï lance un concours mondial

19. Oktober 2026 um 11:28

La Chambre de l’économie numérique de Dubaï ouvre un concours international consacré aux agents d’intelligence artificielle, avec quatre prix de 150 000 dollars chacun. L’objectif : aider les innovateurs à passer du prototype à une solution commercialisable.

Une idée d’intelligence artificielle peut-elle devenir une entreprise capable de se développer à l’international ? C’est le pari du Create AI Agents Championship, lancé le 7 octobre 2026 par la Chambre de l’économie numérique de Dubaï. Le concours prévoit quatre subventions de 150 000 dollars, soit 600 000 dollars au total, pour soutenir le développement de solutions fondées sur des agents d’intelligence artificielle. Contrairement à un concours centré uniquement sur la performance technique, cette initiative entend rapprocher l’innovation des besoins du marché. Les participants devront identifier un problème concret, concevoir un agent capable d’y répondre et démontrer son utilité ainsi que son potentiel de développement commercial.

Quatre catégories sont prévues : les agents à impact sociétal, les agents personnels destinés à faciliter la vie quotidienne, les agents dédiés aux entreprises et aux organisations publiques, et les projets portés par de jeunes innovateurs de moins de 21 ans. Chaque catégorie donnera lieu à une subvention de 150 000 dollars. L’un des quatre lauréats pourra également obtenir le titre de « AI Agent of the Year », assorti d’un financement supplémentaire.

Un accompagnement pour passer du prototype au marché

Le concours s’adresse aux étudiants, entrepreneurs, développeurs et innovateurs du monde entier. Les candidats peuvent présenter une idée, un prototype ou un produit minimum viable (MVP), c’est-à-dire une première version fonctionnelle destinée à tester le marché. Les solutions déjà entièrement commercialisées ne sont pas éligibles, mais les entreprises existantes peuvent proposer un nouvel agent d’IA.

Les participants auront accès à des formations en ligne, des ateliers pratiques et des séances de mentorat. Les équipes sélectionnées bénéficieront ensuite d’un accompagnement technique pour améliorer leur solution et préparer leur présentation devant des investisseurs et des professionnels du secteur. La compétition ne se limite donc pas au financement. Elle vise également à aider les porteurs de projets à valider leur proposition de valeur, à affiner leur modèle économique et à envisager le développement de leur activité. À la finale, prévue durant la première semaine de mai 2027, les candidats retenus devront présenter un agent d’IA pleinement fonctionnel.

Les modalités de participation et le formulaire d’inscription sont disponibles sur le site officiel du Create AI Agents Championship.

Au-delà des récompenses financières, cette initiative illustre une tendance importante pour les entrepreneurs : la valeur d’un projet d’IA ne repose plus seulement sur la technologie développée, mais aussi sur sa capacité à résoudre un problème réel, à trouver des utilisateurs et à devenir une activité viable.

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Embouteillages: la Tunisie fait légèrement mieux que ses voisins

19. Oktober 2026 um 10:25

À Tunis, il ne suffit plus toujours d’éviter les heures de pointe pour échapper aux embouteillages. Entre les déplacements domicile-travail, les trajets scolaires et la concentration des activités dans certains quartiers, la circulation peut se transformer en épreuve de patience bien au-delà des créneaux traditionnellement chargés. Une impression largement partagée par les automobilistes, mais qui mérite encore d’être mesurée à l’échelle de la journée.

Le classement de mi-2026 de Numbeo donne un premier aperçu de la situation. La Tunisie y occupe la 51ᵉ place sur 89 pays, avec un indice de trafic de 128,24 et un temps de trajet estimé à 32,47 minutes. Ces données placent le pays loin des scores les plus élevés du classement, sans pour autant rendre compte des difficultés rencontrées à chaque carrefour ni des variations entre les villes.

À l’échelle africaine, la Tunisie se classe derrière le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud, mais devant le Maroc. L’écart avec ce dernier reste toutefois limité : son indice atteint 129,23, contre 128,24 pour la Tunisie. Un classement comparatif, donc, plutôt qu’un diagnostic détaillé de la circulation dans les deux pays.

La congestion routière ne date pas d’hier. Une étude consacrée aux principaux axes du Grand Tunis, présentée lors d’un congrès scientifique en 2019, relevait déjà des ralentissements marqués entre 7 h et 9 h le matin, puis entre 17 h et 19 h. Elle mettait notamment en cause la concentration des horaires de travail et les déplacements simultanés entre domicile et lieu d’activité.

Depuis, la question de la mobilité urbaine reste entière. L’étalement des zones résidentielles, l’insuffisance de certaines dessertes collectives et la dégradation de la qualité du service compliquent les déplacements. Dans un article publié en avril 2025,  évoquait également les retards de projets, les contraintes de financement et la fragmentation de la gouvernance parmi les difficultés qui freinent le développement d’une mobilité plus durable.

La réponse ne peut donc pas se limiter à élargir les routes ou à multiplier les infrastructures. Elle passe aussi par une meilleure utilisation du réseau existant: réexaminer les plans de circulation, synchroniser les feux aux carrefours, réserver des voies aux bus sur les axes où cela est pertinent et faciliter les correspondances entre bus, métro et train. À plus long terme, des transports collectifs réguliers et fiables pourraient inciter davantage d’automobilistes à laisser leur voiture au garage.

Un projet de coopération lancé en octobre 2024 par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) avec les autorités tunisiennes va dans cette direction. Il prévoit l’élaboration d’un plan directeur de mobilité urbaine pour le Grand Tunis, afin de définir des projets prioritaires et de réduire notamment les embouteillages et la pollution.

Ainsi, reste à savoir jusqu’où s’étend aujourd’hui la congestion au-delà des créneaux habituels. Pour le mesurer, il faudrait disposer de données récentes sur les temps de parcours, les axes les plus saturés et les variations du trafic entre le matin, la mi-journée et la soirée. Car si les automobilistes ont le sentiment que les heures de pointe débordent désormais sur une grande partie de la journée, seule une observation systématique permettrait d’en établir l’ampleur et d’orienter les solutions.

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Pauvreté multidimensionnelle : la Tunisie parmi les pays africains les moins touchés…

19. Oktober 2026 um 10:13

Avec 1% de sa population en situation de pauvreté multidimensionnelle, la Tunisie figure parmi les pays africains les moins touchés par ce phénomène, derrière les Seychelles. À l’autre extrémité du continent, plusieurs pays affichent des taux qui dépassent 70 %. À l’échelle mondiale, le constat est plus préoccupant: 1,2 milliard de personnes vivent dans une pauvreté qui ne se résume pas au manque de revenus.

La pauvreté mondiale repart à la hausse. Selon la mise à jour 2026 de l’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle (IPM), publiée le 12 octobre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Initiative Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI), 1,2 milliard de personnes sur les 6,3 milliards couvertes par l’étude vivent dans une situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë. Cela représente 18,9 % de la population des 108 pays étudiés. Cette augmentation, de 51,5 millions de personnes par rapport à la précédente mise à jour à périmètre comparable, constitue une première depuis le lancement de l’indice en 2010. Le rapport souligne toutefois que cette évolution reflète à la fois les nouvelles enquêtes disponibles, les changements démographiques et l’évolution des conditions de vie. 

La Tunisie dans le haut du tableau africain

Avec un taux de pauvreté multidimensionnelle de 1 %, la Tunisie se place au deuxième rang des pays africains les moins touchés, derrière les Seychelles, où le taux est estimé à 0,9 %, selon les données de l’IPM 2026. Les autres pays africains affichant des taux relativement faibles comprennent l’Algérie, à 1,4 %, l’Égypte, à 1,5%, et la Libye, à 2 %. L’Afrique du Sud et le Maroc se situent respectivement à 6,3 % et 6,4 %. Ces chiffres placent la Tunisie dans une position favorable au regard des privations mesurées par l’indice. Ils ne signifient pas pour autant que le pays est exempt de pauvreté ou d’inégalités. Le taux de l’IPM ne mesure ni le chômage, ni le pouvoir d’achat, ni toutes les formes de précarité économique. Les données tunisiennes reposent sur une enquête de 2023. Selon le profil national du PNUD, environ 119 000 personnes étaient alors considérées comme multidimensionnellement pauvres, tandis que 345 000 autres étaient vulnérables à ce type de pauvreté. Autrement dit, une partie de la population reste exposée au risque de basculer dans une situation de privations multiples. 

La situation est radicalement différente dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Les données nationales disponibles font apparaître des niveaux très élevés de pauvreté multidimensionnelle, notamment au Tchad, au Niger et en République centrafricaine. Au Tchad, l’IPM atteint 0,517 et 84,2 % de la population est considérée comme multidimensionnellement pauvre, selon les estimations fondées sur une enquête de 2019. Au Niger, le taux atteint 79,9 %, tandis qu’il s’élève à 80,4 % en République centrafricaine, selon les données nationales reprises dans les tableaux statistiques de l’indice.  Ces niveaux traduisent l’accumulation de privations dans plusieurs domaines essentiels : scolarisation, nutrition, accès à l’électricité, eau potable, assainissement et conditions de logement. Ils mettent aussi en évidence les difficultés structurelles auxquelles ces économies sont confrontées pour développer leur capital humain et améliorer les conditions de vie. À l’échelle régionale, l’Afrique subsaharienne concentre 616 millions de personnes en situation de pauvreté multidimensionnelle, soit 51,4 % de sa population. C’est la région du monde la plus touchée selon le rapport 2026. 

L’IPM est un indicateur composite, et non un classement officiel de la richesse ou de la performance économique des pays. Les enquêtes nationales utilisées ne sont pas toutes réalisées la même année : les résultats du Tchad, par exemple, reposent sur des données de 2019, alors que ceux de la Tunisie se fondent sur une enquête de 2023. La comparaison des taux permet de situer les pays les uns par rapport aux autres, mais elle ne constitue pas une photographie simultanée de leurs situations sociales. Il faut également distinguer la pauvreté multidimensionnelle de la pauvreté monétaire, qui mesure la proportion de personnes vivant sous un seuil de revenu donné.

 

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