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Embouteillages: la Tunisie fait légèrement mieux que ses voisins

19. Oktober 2026 um 10:25

À Tunis, il ne suffit plus toujours d’éviter les heures de pointe pour échapper aux embouteillages. Entre les déplacements domicile-travail, les trajets scolaires et la concentration des activités dans certains quartiers, la circulation peut se transformer en épreuve de patience bien au-delà des créneaux traditionnellement chargés. Une impression largement partagée par les automobilistes, mais qui mérite encore d’être mesurée à l’échelle de la journée.

Le classement de mi-2026 de Numbeo donne un premier aperçu de la situation. La Tunisie y occupe la 51ᵉ place sur 89 pays, avec un indice de trafic de 128,24 et un temps de trajet estimé à 32,47 minutes. Ces données placent le pays loin des scores les plus élevés du classement, sans pour autant rendre compte des difficultés rencontrées à chaque carrefour ni des variations entre les villes.

À l’échelle africaine, la Tunisie se classe derrière le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud, mais devant le Maroc. L’écart avec ce dernier reste toutefois limité : son indice atteint 129,23, contre 128,24 pour la Tunisie. Un classement comparatif, donc, plutôt qu’un diagnostic détaillé de la circulation dans les deux pays.

La congestion routière ne date pas d’hier. Une étude consacrée aux principaux axes du Grand Tunis, présentée lors d’un congrès scientifique en 2019, relevait déjà des ralentissements marqués entre 7 h et 9 h le matin, puis entre 17 h et 19 h. Elle mettait notamment en cause la concentration des horaires de travail et les déplacements simultanés entre domicile et lieu d’activité.

Depuis, la question de la mobilité urbaine reste entière. L’étalement des zones résidentielles, l’insuffisance de certaines dessertes collectives et la dégradation de la qualité du service compliquent les déplacements. Dans un article publié en avril 2025,  évoquait également les retards de projets, les contraintes de financement et la fragmentation de la gouvernance parmi les difficultés qui freinent le développement d’une mobilité plus durable.

La réponse ne peut donc pas se limiter à élargir les routes ou à multiplier les infrastructures. Elle passe aussi par une meilleure utilisation du réseau existant: réexaminer les plans de circulation, synchroniser les feux aux carrefours, réserver des voies aux bus sur les axes où cela est pertinent et faciliter les correspondances entre bus, métro et train. À plus long terme, des transports collectifs réguliers et fiables pourraient inciter davantage d’automobilistes à laisser leur voiture au garage.

Un projet de coopération lancé en octobre 2024 par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) avec les autorités tunisiennes va dans cette direction. Il prévoit l’élaboration d’un plan directeur de mobilité urbaine pour le Grand Tunis, afin de définir des projets prioritaires et de réduire notamment les embouteillages et la pollution.

Ainsi, reste à savoir jusqu’où s’étend aujourd’hui la congestion au-delà des créneaux habituels. Pour le mesurer, il faudrait disposer de données récentes sur les temps de parcours, les axes les plus saturés et les variations du trafic entre le matin, la mi-journée et la soirée. Car si les automobilistes ont le sentiment que les heures de pointe débordent désormais sur une grande partie de la journée, seule une observation systématique permettrait d’en établir l’ampleur et d’orienter les solutions.

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