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Libye : la démission surprise du gouverneur de la Banque centrale ravive les inquiétudes

11. August 2026 um 07:52

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Naji Issa, a annoncé sa démission lundi 10 août, sans en préciser les raisons. Nommé en 2024 dans le cadre d’un compromis politique qui avait permis de sortir d’une grave crise pétrolière et financière, son départ intervient alors que le pays reste profondément divisé entre les autorités de l’Ouest et celles de l’Est.

Le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Naji Issa, a présenté lundi 10 août sa démission, sans en préciser les raisons. Nommé en septembre 2024 dans le cadre d’un compromis politique, il avait contribué à mettre fin à une grave crise liée à l’arrêt de la production pétrolière, rapportent des médias.

La nomination de Naji Issa et de son vice-gouverneur, Marii al-Barassi, avait été approuvée à l’unanimité par 108 députés du Parlement basé dans l’est du pays, avec le soutien de l’ONU. Ce compromis avait permis de sortir de l’impasse provoquée par l’éviction de Seddik el-Kebir, gouverneur de la BCL depuis 2012.

En réaction à cette éviction, les autorités de l’est de la Libye, contrôlées par le camp du maréchal Khalifa Haftar, avaient suspendu en août 2024 la production et les exportations de pétrole. La production nationale était alors passée d’environ 1,2 million à 600 000 barils par jour, provoquant d’importantes pertes pour un pays dont les recettes dépendent largement des hydrocarbures.

L’arrivée de Naji Issa avait permis de rétablir progressivement la situation et de relancer la production pétrolière. Mais la Libye reste profondément divisée entre deux pouvoirs rivaux : le gouvernement basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, et les autorités de l’est soutenues par le clan Haftar.

L’annonce de la démission n’a pas encore suscité de réaction officielle du Parlement. Le président du Haut Conseil d’État, Mohammed Takala, a toutefois appelé Naji Issa à rester en fonction afin de préserver la stabilité financière et économique du pays et d’éviter d’éventuels abus dans l’utilisation des devises.

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Libye : Assassinat d’un général, un coup dur pour Haftar

11. August 2026 um 07:03

Le général Fawzi al-Mansouri, directeur de l’administration des renseignements militaires relevant du commandement général des forces de l’Est libyen, a été tué lundi soir à Benghazi dans l’explosion d’un engin visant son véhicule, rapportent plusieurs médias libyens.

Selon le quotidien libyen Al-Wasat, l’explosion s’est produite dans le secteur d’al-Hawari, à proximité de la mosquée Aïcha. Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre un véhicule en feu sur une route secondaire, présenté comme celui du général al-Mansouri. Les autorités n’avaient initialement fourni que peu de détails sur les circonstances de l’attaque.

L’information a ensuite été confirmée par les autorités de l’Est libyen ainsi que par le commandement général, qui a annoncé la mort du responsable du renseignement militaire. Plusieurs médias arabes ont également rapporté l’assassinat.

Un proche du dispositif militaire de Khalifa Haftar

Fawzi al-Mansouri occupait une fonction particulièrement sensible au sein de l’appareil militaire de l’Est. Il dirigeait les renseignements militaires du camp du « commandement général », dirigé par le maréchal Khalifa Haftar.

Son parcours montre une proximité ancienne et directe avec les forces de Haftar. En 2019, il était notamment commandant de l’axe d’Aïn Zara, au sud de Tripoli, lors de l’offensive menée par les forces de Haftar contre la capitale. Des archives médiatiques le présentent alors explicitement comme un commandant des forces relevant de Haftar.

Lire aussi : Frontière tuniso-libyenne : Tripoli lance la première phase d’un système de surveillance sur 200 km

En août 2021, Khalifa Haftar l’avait nommé commandant de la région militaire de Sebha. Al-Mansouri avait auparavant commandé les opérations dans les secteurs d’Aïn Zara et de Wadi al-Rabi, au sud de Tripoli.

Il était encore cité en mai 2026 parmi les principaux responsables militaires réunis à Benghazi autour du chef d’état-major Khaled Haftar. Il occupait alors officiellement le poste de directeur de l’administration des renseignements militaires.

De quel « clan » était-il ?

Fawzi al-Mansouri appartenait au régime de Khalifa Haftar et faisait partie de la chaîne de commandement des forces de l’Est libyen.

En revanche, il faut être prudent avec la notion de « clan ». Les sources consultées ne permettent pas d’établir de manière suffisamment fiable une appartenance tribale précise de Fawzi al-Mansouri. Son nom de famille, « al-Mansouri », ne suffit pas à déterminer sa tribu.

Ce qui est documenté, en revanche, est son appartenance au dispositif militaire de Haftar : il a commandé plusieurs secteurs stratégiques pour les forces de l’Est avant de prendre la direction des renseignements militaires.

L’assassinat d’un responsable occupant une telle position pourrait donc avoir des implications importantes pour l’appareil sécuritaire de l’Est libyen. À ce stade, toutefois, aucune source officielle ne permet d’attribuer l’attaque à un groupe ou à une faction déterminée.

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