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La 46ème édition du Festival international de Béja du 22 juillet au 5 août avec 13 spectacles tunisiens

Von: farhat
12. Juli 2026 um 11:47

La ville de Béja accueille, du 22 juillet au 5 août 202, la 46ème édition du Festival international de Béja avec 13 spectacles tunisiens, qui oscillent entre représentations théâtrales et performances musicales.
L’ouverture de cette édition sera marquée, lors de la soirée du 22 juillet, avec la prestation de l’artiste Chahrazed Helal, et la clôture sera assurée par le spectacle « Ziara » de Sami Lajmi.
Le public de cette édition aura rendez-vous avec trois pièces de théâtre comiques.
La première, prévue pour la soirée du 25 juillet, est la nouvelle œuvre de Bassem Hamraoui intitulée « Bambino ».
Le deuxième spectacle sera la pièce « Psy », la nouveauté de Jaafar El Guesmi, le 31 juillet.
Les représentations théâtrales comiques se clôtureront avec « Ould El Talyani », mise en scène par Sadok Halwes.
La programmation de cette édition propose également, pour la soirée du 24 juillet, le spectacle « Béja Nghanni », où le public se transforme en chorale.
La soirée du 26 juillet sera quant à elle dédiée à la famille et à l’enfant avec le spectacle « Le Monde Magique », tandis que le public vibrera, le 29 juillet, aux côtés des artistes Hichem Salem et Hamma Rigen.
La soirée du 27 juillet sera dédiée au spectacle de l’artiste Chirine Lajmi, suivie de celui de « Kaso » la soirée suivante, le 28 juillet. Le 1er août, le public aura rendez-vous avec le spectacle de l’artiste Jenjoon, et le rappeur Young RZ le 4 août.
Le 2 août, les amateurs d’opéra auront rendez-vous avec le Ballet de l’Opéra de Tunis pour  » Carmen dansé », dans le cadre d’une tournée dans plusieurs gouvernorats de la République.

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Dougga | Un festival, un territoire, des frustrations…

12. Juli 2026 um 11:07

​Chaque été, les regards se tournent vers le théâtre romain de Dougga. La pierre antique retrouve une voix. Pourtant, lors de l’ouverture de cette 50ᵉ édition, le vendredi 10 juillet 2026, en présence du Président de l’Assemblée des représentants du peuple, une fracture était plus visible que le spectacle lui-même, animé par la talentueuse chanteuse Shayma Helali, qui a fait de son mieux pour instiller de la joie dans les cœurs. On demande à la jeunesse de Béja de porter l’héritage de ses ancêtres, mais on ne lui donne pas les clés du présent. Et encore moins ceux de l’avenir.

Manel Albouchi

​Derrière les discours officiels, la fragilité financière du festival est criante. Un simple retard budgétaire ? Un détail technique ? Non. C’est un symptôme. Ce qui se joue ici dépasse la simple organisation d’un événement ; c’est notre modèle de développement régional qui est en question.

Pendant des décennies, Béja a été réduite à une fonction utilitaire : celle d’un «grenier» que l’on exploite, mais que l’on oublie de nourrir en imaginaire, en projets et en confiance.

​Le capital psychologique : une infrastructure immatérielle

​La psychologie est formelle : un territoire ne se développe pas uniquement avec des ressources naturelles. Il se développe parce que ses habitants croient en lui. Parce qu’ils se sentent vus, reconnus, acteurs d’un futur possible.

​C’est ce que j’appelle le capital psychologique territorial. Il s’agit de l’ensemble des ressources invisibles : la confiance collective, l’espoir, la capacité à coopérer… qui permettent à une région de transformer ses richesses en développement durable. Ces ressources sont aussi stratégiques que les routes ou les infrastructures.

D’ailleurs, entre nous, à quoi servent les routes si personne n’a envie de se rendre là où elles mènent ?

​Le constat est là : notre jeunesse déserte. Si la programmation semble parfois déconnectée, c’est qu’elle ne lui parle pas. Elle ne l’inclut pas. On demande à la jeunesse de Béja de porter l’héritage de ses ancêtres, mais on ne lui donne pas les clés du présent.

​Nous vivons une économie de l’inégalité territoriale. D’un côté, des pôles privilégiés qui concentrent les budgets ; de l’autre, des régions déshéritées auxquelles on demande de la patience, en attendant que les miettes de la croissance finissent par arriver. Quand le projet d’un territoire s’écrit sans ses jeunes, le désengagement n’est pas une passivité, c’est une réponse logique.

​Une fonction sociale, de l’Antiquité à aujourd’hui

​L’histoire nous donne des leçons oubliées. Des théâtres romains aux zerdas traditionnelles, ces lieux n’étaient pas que des spectacles ; c’étaient des moteurs sociaux, des espaces où le commerce, l’idée et la régulation sociale circulaient.

​Aujourd’hui, les festivals occupent ce même vide. Leur langage est artistique, certes, mais leur fonction est profondément sociale. Lorsqu’un territoire voit ses grands rendez-vous s’étioler, il ne perd pas seulement des spectacles. Il fragilise sa confiance collective. Il encourage, silencieusement, ses talents à partir.

​La culture n’est pas une dépense accessoire. C’est une infrastructure immatérielle. Elle produit de la confiance, renforce l’identité et stimule l’économie locale.

​Béja possède tout : les terres, l’histoire, les compétences. Ce qu’il manque, c’est cette ambition commune capable d’articuler ces richesses. Le Festival international de Dougga ne devrait pas être qu’une parenthèse estivale ; il pourrait être un moteur permanent de développement, un espace d’attractivité pour les artistes, les artisans et les entrepreneurs.

​La question est donc pour nous tous, mais surtout pour nos instances gouvernementales : «Comment passons-nous de la survie à la vision ?»

​La véritable richesse d’un territoire ne réside pas dans ce qu’il produit. Elle réside dans ce que ses habitants pensent être capables de construire ensemble. C’est dans cette étincelle de confiance, dans ce passage de l’exécution à la contribution, que commence le vrai développement.

​La transition ne consiste pas à maintenir une survie budgétaire, elle consiste à transformer la relation psychique que la région entretient avec son propre avenir.

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