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Tunisie : Pourquoi les banques empruntent moins auprès de la Banque centrale ?

08. Juli 2026 um 12:41

Les banques tunisiennes ont moins emprunté auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) en 2025. L’encours global du refinancement bancaire s’est établi à 11,594 milliards de dinars à fin décembre, contre 13,104 milliards un an plus tôt, soit un recul de 11,5 %, selon le rapport annuel de la BCT. Si cette évolution traduit des besoins de liquidité moins importants, elle reflète aussi un rythme moins soutenu du financement de l’économie. Un indicateur qui, à lui seul, ne permet pas de conclure à une amélioration ou à une dégradation de la conjoncture.

Le refinancement, un mécanisme de soutien aux banques

Le refinancement bancaire désigne les sommes que les banques commerciales empruntent auprès de la Banque centrale afin de disposer des liquidités nécessaires au fonctionnement du système financier.

Concrètement, lorsqu’une banque manque temporairement de ressources disponibles pour répondre aux retraits des clients ou poursuivre ses opérations de financement, elle peut se tourner vers la BCT qui lui fournit des liquidités, généralement contre des garanties.

Ce mécanisme permet à la Banque centrale de maintenir la stabilité du secteur bancaire et d’éviter des tensions susceptibles de perturber l’économie.

Moins de pression sur la liquidité des banques en 2025

La baisse du refinancement observée en 2025 traduit une diminution des besoins des banques auprès de la BCT par rapport à l’année précédente.

Toutefois, cette évolution n’a pas été régulière durant toute l’année. Le recours au refinancement a atteint un pic de 15,120 milliards de dinars en mars 2025, dans un contexte marqué par des tensions accrues sur la liquidité bancaire.

À partir du deuxième trimestre, la tendance s’est inversée avec une diminution progressive des montants sollicités auprès de la Banque centrale, confirmant une détente des besoins de trésorerie du secteur bancaire.

Cette amélioration s’est poursuivie au début de 2026, avec un volume global de refinancement ramené à 11,257 milliards de dinars au premier trimestre.

Une baisse qui reflète aussi un ralentissement du financement de l’économie

Selon la BCT, le recul du refinancement est également lié à la diminution de la contribution des institutions de dépôt au financement de l’économie.

Autrement dit, les banques ont moins eu recours aux liquidités de la Banque centrale, mais cette situation s’explique aussi par une activité de crédit moins dynamique. Lorsque les banques accordent moins de prêts aux ménages et aux entreprises, leurs besoins en ressources supplémentaires diminuent mécaniquement.

Ainsi, la baisse du refinancement ne signifie pas nécessairement que l’économie bénéficie d’un meilleur accès au financement. Elle peut également refléter un ralentissement de la demande de crédits ou une prudence accrue des banques dans l’octroi de nouveaux prêts.

Un équilibre à préserver pour la BCT

Pour la Banque centrale, l’enjeu consiste à maintenir un équilibre entre deux objectifs : assurer suffisamment de liquidités au système bancaire tout en favorisant un financement efficace de l’économie.

Une baisse maîtrisée du refinancement peut témoigner d’une amélioration des conditions de liquidité des banques. En revanche, si elle accompagne une contraction du crédit, elle peut devenir un indicateur d’un ralentissement de l’activité économique.

Le suivi de cet indicateur doit donc être analysé avec d’autres données, notamment l’évolution des crédits accordés, des dépôts bancaires et de l’investissement, afin de mesurer réellement la dynamique du financement en Tunisie.

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Tunisie : 117 millions de nouveaux billets mis en circulation en 2025, le poids du cash se confirme

08. Juli 2026 um 12:05

La circulation du cash poursuit sa progression en Tunisie. En 2025, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a mis en circulation 117 millions de nouveaux billets, contre environ 101,5 millions en 2024, soit une hausse annuelle de 15,3%. La tendance est encore plus marquée pour les pièces de monnaie, dont le volume a progressé de 57,2% en un an.

Selon le rapport annuel 2025 de la BCT, ces nouvelles émissions ont représenté une valeur totale de 3,509 milliards de dinars, contre environ 3,04 milliards de dinars en 2024. Elles correspondent à 28% de la valeur totale des retraits de billets, venant compléter les liquidités issues du tri et de la remise en circulation des billets déposés auprès des banques.

Une demande croissante de liquidités

L’augmentation des émissions de billets traduit une demande toujours élevée de monnaie fiduciaire dans l’économie tunisienne. Pour répondre aux besoins en liquidités attendus durant la période 2026-2027, la BCT a lancé dès 2024 un programme de fabrication de l’ensemble des catégories de billets de banque.

Les premières livraisons issues de ce programme ont commencé en 2025, permettant à l’institut d’émission de renforcer les stocks disponibles et d’assurer l’approvisionnement régulier du marché.

Le cash conserve une place importante dans l’économie

La hausse de la demande concerne également les pièces de monnaie. En 2025, leur émission a enregistré une progression importante avec 30 millions de pièces mises en circulation, contre environ 19 millions en 2024, soit une augmentation de 57,2% en volume.

En valeur, les pièces émises ont atteint 19 millions de dinars, en hausse de 46,2% par rapport à l’année précédente.

Malgré le développement des moyens de paiement électroniques et numériques, l’utilisation des espèces demeure largement répandue en Tunisie. La progression continue des émissions de billets et de pièces confirme le poids encore important du paiement en numéraire dans les transactions quotidiennes.

Entre besoin économique et signe de dépendance aux espèces

L’accélération de la circulation du cash ne constitue pas automatiquement un indicateur positif ou négatif pour l’économie. Elle peut refléter une demande accrue de liquidités liée à l’activité économique et aux besoins quotidiens des ménages et des entreprises.

Toutefois, une progression importante du recours aux espèces peut également traduire une forte dépendance aux paiements en liquide, au détriment des moyens de paiement électroniques, avec des enjeux en matière de traçabilité des transactions et de lutte contre l’économie informelle.

Pour la BCT, l’objectif reste donc de garantir une disponibilité suffisante des liquidités tout en accompagnant la modernisation des systèmes de paiement.

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