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Hassen Laribi : les Tunisiens à l’étranger réclament des actes, pas de nouvelles promesses !

19. Juni 2026 um 11:00

À l’approche du pic de la saison estivale, les autorités tunisiennes multiplient les annonces destinées à faciliter le retour des Tunisiens résidents à l’étranger (TRE). Mais sur le terrain, ces mesures peinent encore à convaincre. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Hassen Laribi, conseiller en arbitrage et médiation internationale et président de la Fédération des travailleurs tunisiens à l’étranger (FTTE), estime que le principal problème réside dans l’absence de suivi, de concertation et de visibilité sur l’application effective des décisions annoncées.

Hassen Laribi souligne que les mesures destinées à soutenir les membres de la diaspora tunisienne devraient être préparées bien avant le début de la saison estivale. « On ne peut pas attendre les derniers moments, lorsque les Tunisiens de l’étranger commencent déjà à rentrer, pour prendre des décisions et espérer qu’elles produisent immédiatement leurs effets », affirme-t-il.

Il rappelle que la FTTE, avait déjà alerté les autorités sur cette question. Il estime d’ailleurs que les décisions relatives aux billets d’avion et aux traversées maritimes répondent en partie aux préoccupations soulevées par l’organisation et rejoignent les orientations exprimées par le président de la République ainsi que les annonces du gouvernement.

Cependant, il souligne un manque de visibilité quant à leur mise en œuvre concrète. « À ce jour, nous n’avons reçu aucun retour tangible. Aucun service social, aucun représentant officiel ne nous a contactés pour nous présenter les mécanismes mis en place ou les résultats obtenus », explique-t-il.

Une demande de transparence sur les bénéficiaires

A cet égard, Hassen Laribi estime que les autorités concernées devraient communiquer de manière transparente sur les bénéficiaires des mesures annoncées. Il appelle notamment les attachés sociaux, les représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger ainsi que le ministère des Affaires sociales à publier des données précises sur le nombre de personnes et de familles ayant réellement bénéficié des dispositifs d’aide. « Il faut pouvoir dire combien de familles ont été accompagnées, combien de Tunisiens à l’étranger ont reçu une aide concrète et dans quelles conditions. Aujourd’hui, ces informations ne sont pas accessibles », déplore-t-il.

Interrogé sur le rôle de la fédération dans le suivi et l’évaluation de ces mesures, Hassen Laribi considère que cette mission ne peut pas reposer uniquement sur les organisations de la société civile. Il estime que les consulats, les ambassades, les attachés sociaux ainsi que les responsables chargés des Tunisiens à l’étranger doivent instaurer un dialogue permanent avec les associations représentatives des communautés tunisiennes vivant en dehors des frontières nationales. « On ne peut pas atteindre efficacement ces communautés sans passer par les structures auxquelles elles font confiance », souligne-t-il.

D’ailleurs, précise-t-il, l’absence de concertation constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’efficacité des politiques publiques destinées aux Tunisiens résidant hors du pays.

À ses yeux, la création d’espaces de dialogue réunissant institutions publiques et représentants de la société civile permettrait de transformer les décisions politiques en solutions concrètes adaptées aux réalités vécues par les communautés tunisiennes à l’étranger.

Restaurer la confiance par la crédibilité

Alors, notre interlocuteur affirme que la répétition annuelle des mêmes annonces risque d’éroder progressivement la confiance de la diaspora si les résultats ne sont pas visibles. « La solution est simple : il faut de la crédibilité. Chaque annonce doit être suivie d’une application réelle et vérifiable ».

Il cite en exemple certaines plateformes numériques développées par les institutions tunisiennes, qui sont effectivement utilisées par les voyageurs et dont les bénéfices sont facilement constatables. Les Tunisiens de l’étranger communiquent régulièrement avec la fédération, que ce soit via les réseaux sociaux, les courriels ou les échanges directs. Les retours du terrain permettent donc d’évaluer rapidement l’efficacité des dispositifs mis en place, argumente-t-il. Tout en insistant sur la nécessité d’une gestion fondée sur la sincérité, le professionnalisme et le sens des responsabilités.

« Les Tunisiens de l’étranger constituent un maillon essentiel de l’économie nationale. Ils méritent un traitement fondé sur la confiance et le respect des engagements pris à leur égard », estime-t-il.

Concernant les réformes structurelles nécessaires, Hassen Laribi plaide pour une approche à long terme. La préparation des saisons estivales ne devrait pas commencer quelques semaines avant l’arrivée des voyageurs, mais plusieurs années à l’avance, fait-il remarquer. « Il faut dès maintenant travailler sur les saisons 2027, 2028 et 2029 », dit-il. Cette planification devrait porter notamment sur les capacités de transport maritime et aérien, les périodes de forte affluence ainsi que les difficultés rencontrées par certaines catégories de voyageurs.

Des politiques construites avec la diaspora

Le président de la FTTE pense également que les décisions concernant la diaspora doivent être élaborées avec les principaux intéressés. « On ne peut pas concevoir des mesures destinées aux Tunisiens de l’étranger sans consulter ceux qui vivent réellement dans les pays concernés », souligne-t-il.

D’ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler que les réalités diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. En effet, les besoins des Tunisiens établis en France ne sont pas forcément les mêmes que ceux vivant en Italie, en Allemagne, dans les pays du Golfe ou en Afrique subsaharienne. Pour cette raison, il appelle à une consultation systématique des représentants associatifs et des compétences tunisiennes établies à l’étranger avant toute prise de décision.

« Le véritable problème reste le manque de communication »

In fine, Hassen Laribi revient sur ce qu’il considère comme la principale faiblesse du dispositif actuel : l’absence de communication régulière entre les institutions tunisiennes et les représentants de la diaspora. Pour lui, les responsables en poste à l’étranger devraient développer davantage leurs relations avec les associations locales afin de mieux comprendre les attentes des communautés tunisiennes.

« Lorsqu’une décision est prise sans concertation avec les acteurs de terrain, elle risque de ne pas répondre aux besoins réels. Les réformes efficaces sont celles qui reposent sur l’écoute, l’étude préalable et la participation des personnes concernées », conclut-il.

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Le Tunisien Slim Laghmani élu juge au Tribunal international du droit de la mer

19. Juni 2026 um 09:39

La Tunisie enregistre un nouveau succès diplomatique sur la scène internationale. Le professeur Slim Laghmani a été élu, jeudi 18 juin 2026, juge au Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour un mandat de neuf ans (2026-2035), dès le premier tour du scrutin organisé au siège des Nations unies à New York.

L’élection de Slim Laghmani s’est tenue dans le cadre de la 36e réunion des États parties à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Elle intervient dans une année symbolique pour la diplomatie tunisienne, qui célèbre le 70e anniversaire de la création du ministère des Affaires étrangères.

Selon le ministère des Affaires étrangères, cette élection traduit la confiance accordée à la Tunisie et à ses compétences académiques, scientifiques et juridiques par la communauté internationale. Elle consacre également le parcours du professeur Slim Laghmani, considéré comme l’une des références du droit international public et du droit de la mer aux niveaux régional et international.

Le ministère souligne que cette victoire est le résultat d’une campagne diplomatique menée durant plusieurs mois. Les efforts ont d’abord permis d’obtenir le soutien de l’Union africaine à la candidature tunisienne, avant d’être renforcés par une série de consultations et de contacts bilatéraux conduits par le chef de la diplomatie tunisienne avec ses homologues des États parties à la Convention.

La Mission permanente de la Tunisie auprès des Nations unies à New York ainsi que la Mission permanente auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba ont également joué un rôle déterminant. Plusieurs rencontres ont été organisées entre le candidat tunisien et les représentants des États membres afin de mobiliser un large soutien autour de sa candidature.

Cette élection revêt une importance particulière pour l’Afrique et le monde arabe, dont la représentation au sein du Tribunal international du droit de la mer se trouve ainsi renforcée. Elle garantit également la présence d’une expertise juridique africaine et arabe au sein de l’une des principales juridictions internationales chargées de l’application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et du développement de la jurisprudence internationale dans ce domaine stratégique.

Pour Tunis, cette nomination s’inscrit dans la continuité de son engagement en faveur du respect du droit international, de l’État de droit et du règlement pacifique des différends. Elle confirme également le rôle actif de la Tunisie dans les efforts internationaux visant à promouvoir une gouvernance efficace des espaces maritimes.

À cette occasion, le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa gratitude envers les États ayant soutenu la candidature tunisienne, estimant que ce vote reflète l’estime dont bénéficie la Tunisie sur la scène internationale ainsi que la solidité de ses relations de coopération avec ses partenaires.

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