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Projet Savoirs éco : Trois ans pour ancrer la culture économique en Tunisie

19. Juni 2026 um 13:48

Le projet Savoirs éco, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, clôture officiellement ses activités lors d’une cérémonie organisée le 19 juin 2026 à Tunis.

Lancé en février 2023 pour une durée de 43 mois et doté d’un budget de 4,5 millions d’euros, le projet a accompagné le développement d’un écosystème plus structuré, plus inclusif et plus performant de production de savoirs économiques en Tunisie afin de contribuer à un débat public davantage fondé sur l’analyse, l’évidence et la recherche.

Cette cérémonie a réuni des représentants des institutions tunisiennes, des partenaires techniques et financiers, des structures productrices de savoirs économiques, du monde académique ainsi que des acteurs de la société civile afin de revenir sur les acquis du projet et de valoriser les dynamiques engagées au cours des trois dernières années.

Les interventions d’ouverture ont été assurées par M. Tom Ashwanden, chef de coopération de l’Union européenne en Tunisie, M. Manuel Bufala, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade de France, Mme Arbia Ben Othman, directrice des études doctorales au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi que M. Mohamed El Kadri Heni, directeur général de la coopération avec l’Union européenne au ministère de l’Économie et de la Planification.

Au cours de cette cérémonie, les partenaires ont unanimement souligné le caractère « transformatif » de l’expérience, fruit de trois années de collaboration étroite entre les acteurs institutionnels et académiques. Le projet a permis de consolider des dynamiques de coopération inédites et de renforcer les capacités nationales en matière d’analyse et de production de données économiques.

Au terme du projet, 24 structures productrices de savoirs économiques (SPSE), issues des institutions publiques, des centres de recherche universitaires et des think tanks de la société civile, ont bénéficié d’un accompagnement technique, méthodologique et financier destiné à renforcer leurs capacités de production, de diffusion et de valorisation de la connaissance économique.

La collaboration avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a constitué un pilier central du projet. En trois ans, l’institution a développé trois modèles économétriques, lancé une plateforme intégrée de données et organisé plus d’une dizaine de rencontres-débats dont les résultats ont été systématiquement valorisés sous forme de policy briefs. Ces réalisations ont été reconnues comme une contribution significative à la modernisation des outils d’analyse et de production de la connaissance économique en Tunisie.

Le projet a également accompagné l’Institut national de la statistique (INS) dans le renforcement de ses capacités de communication et de diffusion des résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2024. Un appui technique a été apporté en matière de valorisation des données statistiques et un renforcement de la coopération avec l’Insee a été opéré. Par ailleurs, des efforts conjoints ont été menés pour appuyer la réalisation et la diffusion d’enquêtes économiques, contribuant à améliorer la disponibilité et l’accessibilité de l’information statistique.

À la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le projet a également soutenu l’élaboration du rapport Doing Research Assessment en Tunisie, première initiative de ce type dans la région MENA, ayant permis d’établir un diagnostic approfondi du système national de recherche en sciences sociales et économiques.

Le projet a par ailleurs contribué à structurer un écosystème plus favorable à la circulation des connaissances économiques. À travers la plateforme EcoTous, portée par l’IACE, plus de 100 contenus de vulgarisation économique ont été produits et diffusés, tandis que plusieurs espaces de dialogue ont permis de rapprocher chercheurs, décideurs publics et citoyens autour des grands enjeux économiques dans les régions de la Tunisie, notamment à Sousse, à Médenine, à Béja, au Kef et à Sfax.

Savoirs éco a également soutenu la production et la diffusion de contenus à forte valeur ajoutée. Au total, 68 policy briefs ont été élaborés dans le cadre du projet grâce notamment aux programmes de mentorat de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) et à des mécanismes d’appui compétitif destinés aux think tanks. Les travaux produits ont porté sur des thématiques stratégiques telles que la résilience macroéconomique, la gouvernance économique, la justice fiscale, le développement territorial, l’éducation, le climat ou encore le rôle des femmes dans le développement durable.

L’investissement dans le développement des compétences a constitué un axe majeur du projet. Ces actions ont accompagné le développement d’une expertise renforcée en recherche appliquée, production de connaissances et communication des résultats.

Enfin, la collaboration avec le Global Institute For Transitions (GI4T), en tant que think tank privé, a permis de renforcer les passerelles entre recherche appliquée et réflexion stratégique. Cette dynamique a abouti à la publication de l’ouvrage collectif « L’économie tunisienne 2026 : la Tunisie à l’ère des grandes ruptures », qui a proposé une lecture prospective des transformations économiques et des défis structurels du pays.

La cérémonie de clôture a donné la parole aux structures accompagnées et aux partenaires de mise en œuvre autour de trois grands axes : le renforcement de l’écosystème des producteurs de savoir économique, la production d’une connaissance rigoureuse et exploitable, ainsi que la diffusion de la recherche pour accroître son impact sur les politiques publiques.

À travers cette initiative, les partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une gouvernance publique davantage fondée sur l’évidence, la recherche et le dialogue entre institutions, experts et citoyens au service du développement économique et social de la Tunisie

 

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CPG-GCT: un plan à 2,7 milliards de dinars pour redynamiser la filière phosphatière

19. Juni 2026 um 09:18

Longtemps considéré comme l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays, le secteur tunisien des phosphates cherche aujourd’hui à renouer avec sa dynamique d’antan. Face à des difficultés qui se sont accumulées au fil des années, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT) travaillent à une stratégie de relance dont l’ambition est de porter la production de phosphate commercial à 9,4 millions de tonnes à l’horizon 2035.

Présentée devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts, cette vision s’appuie sur un programme d’investissement estimé à près de 2,7 milliards de dinars. L’objectif est non seulement d’augmenter les volumes produits, mais aussi de remettre à niveau l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation industrielle.

À court terme, la production devrait atteindre 4,5 millions de tonnes en 2026 avant de franchir le seuil des 5 millions de tonnes en 2028. Pour y parvenir, les responsables du secteur doivent toutefois composer avec plusieurs contraintes persistantes. Les difficultés de transport continuent notamment de ralentir l’acheminement du minerai, tandis que la raréfaction des ressources hydriques complique les opérations de lavage du phosphate. La piste du recours aux eaux usées traitées figure désormais parmi les solutions envisagées afin de réduire la pression sur les ressources conventionnelles.

Sur le plan industriel, le Groupe chimique tunisien est lui aussi confronté à une situation délicate. La baisse des approvisionnements en phosphate, conjuguée à une crise de liquidité, a affecté le fonctionnement de plusieurs unités de production. À cela s’ajoutent le vieillissement des équipements et la multiplication des pannes techniques, qui limitent les capacités de transformation et pèsent sur la compétitivité du groupe.

Pour redresser la situation, les dirigeants misent sur une série de mesures destinées à restaurer progressivement les équilibres financiers. L’ouverture de nouvelles lignes de financement, le rééchelonnement des dettes et l’accélération des exportations figurent parmi les priorités immédiates. L’amélioration du transport du phosphate, tant par route que par voie ferrée, constitue également un enjeu majeur pour fluidifier l’activité.

La relance industrielle passe aussi par plusieurs projets structurants. Parmi eux, le projet “Mdhilla 2” est considéré comme un levier essentiel pour renforcer les capacités de transformation et améliorer la situation financière du GCT. Les responsables évoquent également la nécessité d’accélérer les projets de valorisation du phosphogypse, un sous-produit du phosphate dont l’exploitation pourrait ouvrir de nouvelles perspectives économiques tout en répondant à certaines préoccupations environnementales.

Lors des débats, les membres de la Commission ont insisté sur l’importance d’engager rapidement les réformes nécessaires pour préserver une filière jugée stratégique pour l’économie nationale. Les questions liées à l’environnement, notamment dans la région de Gabès, à la modernisation des équipements ou encore à l’augmentation de la valeur ajoutée des produits phosphatés ont occupé une place centrale dans les échanges.

Au-delà des chiffres et des objectifs de production, l’enjeu est désormais de restaurer la confiance des partenaires financiers et industriels tout en donnant au secteur les moyens de retrouver sa place sur les marchés internationaux. La réussite de cette relance dépendra autant des investissements annoncés que de la capacité des différents acteurs à lever les blocages structurels qui freinent depuis plusieurs années le développement de la filière phosphatière tunisienne.

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