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Le Moyen-Orient et la Fed font reculer les Bourses asiatiques 

31. August 2026 um 07:38

Les marchés actions asiatiques ont majoritairement reculé ce lundi 31 août 2026, sous l’effet conjugué de l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran et du regain d’anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine.

Les Bourses asiatiques ont entamé la semaine sous pression. Les investisseurs ont réduit leur exposition aux actifs risqués après les déclarations de Kevin Warsh, jugées restrictives, président de la Réserve fédérale, lors du symposium de Jackson Hole.

Ses propos ont ravivé les anticipations d’un resserrement monétaire américain. Les marchés évaluent désormais à environ 60 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre, contre près de 35 % avant son intervention.

À cette pression monétaire s’ajoute le regain de tensions au Moyen-Orient. La confrontation entre Washington et Téhéran a entraîné une nouvelle poussée des cours du pétrole. Le Brent a repassé le seuil des 90 dollars le baril, alimentant les inquiétudes concernant une nouvelle accélération de l’inflation. Pour les marchés, une énergie plus chère complique la tâche des banques centrales, qui pourraient être contraintes de maintenir des taux élevés plus longtemps.

Cette combinaison — pétrole en hausse et politique monétaire potentiellement plus restrictive — constitue un environnement défavorable pour les actions, particulièrement pour les valeurs technologiques et les entreprises fortement dépendantes du financement.

La Corée du Sud et le Japon en baisse

Le KOSPI sud-coréen a perdu environ 1,5 %, les valeurs technologiques et les fabricants de semi-conducteurs figurant parmi les principales victimes du mouvement de baisse. Samsung et SK Hynix ont notamment reculé. Au Japon, le Nikkei 225 a cédé 1,1 %, tandis que le TOPIX a diminué de 0,5 %. Le yen a également retenu l’attention des investisseurs après avoir brièvement dépassé le seuil de 160 yens pour un dollar. En Chine, le Shanghai Composite a reculé de 0,2 % et le CSI 300 de 0,8 %. À Hong Kong, le Hang Seng a également perdu 0,8 %, tandis que son indice technologique a abandonné environ 1,5 %.

Les investisseurs ont également pris connaissance des derniers indicateurs économiques chinois. L’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) manufacturier est remonté à 49,8 en août, contre 49,2 en juillet. Malgré cette amélioration, il reste sous le seuil de 50 points qui sépare contraction et expansion de l’activité. Les données relatives aux services et à la construction témoignent également d’une certaine fragilité de l’économie chinoise.

Le Japon apporte une note plus positive

Le Japon a en revanche publié des données plus encourageantes. La production industrielle a progressé de 0,1 % en juillet sur un mois, alors que les économistes anticipaient une contraction de 0,7 %. Les ventes au détail ont pour leur part augmenté de 2,4 %, traduisant une certaine résistance de la demande intérieure. Ces chiffres limitent quelque peu les inquiétudes concernant la dynamique de la deuxième économie développée d’Asie.

Par ailleurs en Inde, les investisseurs se préparent par ailleurs à une importante recomposition des indices MSCI qui doit entrer en vigueur mardi. Les contrats à terme sur le Nifty 50 reculaient légèrement. Certaines places ont néanmoins résisté à la tendance générale. Le S&P/ASX 200 australien gagnait environ 0,1 %, tandis que l’indice Straits Times de Singapour progressait de 0,4 %.

La séance illustre ainsi la nervosité croissante des marchés à l’approche de septembre. Les investisseurs doivent désormais composer avec deux risques simultanés : une nouvelle flambée des prix de l’énergie liée au Moyen-Orient et une Fed susceptible de maintenir, voire de relever, ses taux pour contenir l’inflation. Le recul des Bourses asiatiques traduit donc moins une inquiétude isolée qu’un changement d’environnement pour les marchés mondiaux : le risque géopolitique renchérit le pétrole, le pétrole ravive l’inflation et l’inflation réduit les marges de manœuvre des banques centrales.

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Arabica : les stocks au plus bas depuis un quart de siècle

30. August 2026 um 11:42

Les stocks d’Arabica suivis par la Bourse ICE ont chuté à leur niveau le plus faible depuis mai 2000. La tension sur les disponibilités immédiates soutient les prix, alors même que la production mondiale pourrait connaître un excédent lors de la campagne 2026-2027. La situation des producteurs brésiliens sera déterminante pour l’évolution du marché.

Les stocks mondiaux de café Arabica continuent de se contracter. Vendredi 28 août 2026, les réserves enregistrées dans les entrepôts agréés par l’ICE sont tombées à 224 011 sacs de 60 kg, leur plus bas niveau depuis mai 2000. Cette baisse intervient alors que les négociants cherchent à sécuriser des volumes disponibles, faisant craindre une persistance des tensions sur le marché physique au cours des prochains mois.

Ces niveaux sont particulièrement faibles au regard de la situation observée depuis le milieu des années 2000. Jusqu’au début de 2022, les stocks des entrepôts boursiers se situaient généralement entre 1 et 5 millions de sacs. Leur niveau actuel constitue donc un signal particulièrement surveillé par les opérateurs.

La diminution des stocks contribue à maintenir les contrats à terme de référence sur l’Arabica au-dessus de 3 dollars la livre depuis deux mois. La tension est particulièrement visible sur les contrats à livraison rapprochée. Les contrats de septembre s’échangent avec une prime d’environ 32 cents par livre par rapport aux contrats de décembre. Cette configuration traduit la difficulté à obtenir immédiatement des volumes disponibles, même si le marché anticipe une amélioration progressive de l’offre.

Autrement dit, le problème actuel n’est pas nécessairement l’absence de café dans les pays producteurs, mais sa disponibilité effective sur les marchés où les acheteurs en ont besoin.

Le paradoxe brésilien

La situation de la Brésil, premier producteur mondial, illustre ce décalage entre production et disponibilité. Le marché mondial pourrait connaître un excédent de 8,2 millions de sacs durant la campagne 2026-2027, contre seulement 1,7 million lors de la campagne précédente, selon une enquête Reuters citée par Capital.gr. La récolte brésilienne devrait notamment atteindre un niveau record.

Mais une part importante de cette production n’est toujours pas arrivée sur le marché. Les producteurs brésiliens disposent de marges financières suffisantes pour ne pas être contraints de vendre immédiatement. Ils peuvent ainsi attendre des conditions de prix plus favorables, d’autant que le stockage du café demeure relativement peu coûteux au Brésil. Cette situation donne aux producteurs un pouvoir de négociation supplémentaire et contribue à maintenir une certaine tension sur les prix à court terme.

Les conditions météorologiques compliquent également la situation. De fortes précipitations liées au phénomène El Niño ont touché certaines régions du Brésil en juin et juillet. Elles ont retardé les récoltes et affecté la qualité de certains lots. Conséquence : les volumes de café de qualité supérieure susceptibles d’être certifiés et intégrés aux stocks négociables sur les marchés à terme restent momentanément limités.

L’évolution des prochaines semaines dépendra donc largement du rythme auquel le café stocké dans les pays producteurs rejoindra les marchés de consommation et les entrepôts certifiés. Si l’excédent attendu pour la campagne 2026-2027 reste concentré au Brésil et dans les autres pays producteurs, les tensions pourraient persister malgré une amélioration globale de l’offre.

Pour les consommateurs, l’enjeu est important : des stocks historiquement bas et des prix élevés sur les marchés à terme peuvent continuer à se transmettre à la chaîne de commercialisation, même si l’offre mondiale devrait progressivement s’améliorer. Le marché du café se trouve ainsi à un tournant : l’abondance annoncée pour la prochaine campagne devra encore franchir le chemin entre les plantations et les marchés.

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