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Transporteurs de carburants : Accord ou nouveau préavis de grève ce vendredi ?

21. August 2026 um 11:03

La grève surprise des transporteurs de carburants, déclenchée jeudi avant d’être levée quelques heures plus tard, n’aura donc été qu’un avertissement. Une réunion de négociation est prévue ce vendredi 21 août pour examiner les revendications des chauffeurs. À l’issue de cette rencontre, deux scénarios sont désormais sur la table : un accord permettant de tourner la page, ou l’ouverture d’une procédure pouvant conduire à une nouvelle grève, cette fois précédée d’un préavis légal de dix jours.

Une mobilisation qui a pris l’UGTT de court

Le mouvement de jeudi présente une particularité : il n’avait pas été décidé par les structures de l’UGTT, selon Salouen Smiri, secrétaire général adjoint de la centrale syndicale et secrétaire général de la Fédération de la pétrochimie.

Intervenant vendredi matin sur Jawhara FM, le responsable syndical a expliqué que les structures syndicales avaient découvert le mouvement au même moment que les autres acteurs. La mobilisation serait partie de chauffeurs protestant contre plusieurs difficultés sociales et professionnelles.

Une fois informée, la fédération a pris contact avec ses structures syndicales et différents responsables, notamment le président-directeur général de la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP-Agil), afin de rétablir le dialogue et permettre la reprise du travail.

L’activité a finalement repris jeudi, mais cette issue rapide ne signifie pas que les revendications ont disparu.

Des revendications qui dépassent le seul salaire

Selon Salouen Smiri, la colère des chauffeurs est alimentée par des conditions de travail particulièrement difficiles. Le responsable syndical affirme que certains conducteurs peuvent travailler 15, 16, voire 18 heures par jour.

À cette question du temps de travail s’ajoutent des problèmes liés à la couverture sociale. Selon le responsable syndical, certains chauffeurs découvriraient, lorsqu’ils ont besoin de soins pour eux-mêmes ou leurs familles, que leur carnet de soins est bloqué alors même que les cotisations sont prélevées sur leurs rémunérations.

Le dossier ne serait par ailleurs pas nouveau. Les discussions entre les différentes parties dureraient depuis plus d’un an, tandis que les revendications portent notamment sur l’application d’accords antérieurs, dont un procès-verbal datant de 2018, ainsi que sur les majorations salariales.

Le mouvement de jeudi apparaît ainsi moins comme une revendication isolée que comme l’aboutissement d’un mécontentement accumulé.

C’est désormais la réunion de ce vendredi qui doit permettre de mesurer la capacité des parties à sortir du face-à-face.

Selon Salouen Smiri l’émission d’un préavis de grève changerait sensiblement la nature du conflit. Contrairement au mouvement surprise de jeudi, une nouvelle grève devrait s’inscrire dans la procédure prévue par le Code du travail.

L’article 376 bis prévoit qu’une décision de grève doit être précédée d’un préavis de dix jours, adressé à l’autre partie ainsi qu’au Bureau régional de conciliation ou, à défaut, à l’Inspection régionale du travail territorialement compétente. Le même article prévoit également l’approbation de la centrale syndicale ouvrière.

Autrement dit, le scénario d’une nouvelle paralysie ne serait pas immédiat. Mais si les négociations échouent, le conflit pourrait entrer dans une phase beaucoup plus formelle.

Le précédent des files devant les stations

L’enjeu dépasse largement les seuls transporteurs. La mobilisation de jeudi a montré à quelle vitesse une perturbation du transport des carburants peut produire un effet psychologique sur les automobilistes.

Le blocage des mouvements des transporteurs dans la zone pétrolière de Radès a rapidement fait naître des craintes sur l’approvisionnement des stations-service. Des files d’attente se sont formées dans le Grand Tunis puis dans d’autres régions, certains automobilistes cherchant à remplir leur réservoir par précaution.

La situation a ainsi illustré une mécanique désormais connue : l’incertitude sur l’approvisionnement peut provoquer une ruée avant même qu’une pénurie généralisée ne soit établie.

La reprise du travail a permis d’éviter, jeudi, qu’une perturbation de quelques heures ne se transforme en crise prolongée. Mais elle n’a pas réglé le dossier social.

Pour les automobilistes comme pour les acteurs de la distribution pétrolière, la différence est loin d’être théorique : une journée de mobilisation surprise a suffi à créer la panique dans plusieurs stations. Un conflit annoncé et prolongé pourrait avoir des conséquences autrement plus importantes.

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Carburants : La grève surprise levée à Radès, reprise des livraisons

20. August 2026 um 14:22

Mise à jour à 19h00

La grève surprise observée ce jeudi 20 août 2026 dans la zone pétrolière de Radès a été levée. Le mouvement des chauffeurs de camions-citernes avait provoqué le blocage des sorties de véhicules et interrompu temporairement les livraisons de carburants vers les stations-service.

L’information de la levée du mouvement a été rapportée dans la soirée par la TAP, quelques heures après le déclenchement de la grève.

Reprise après plusieurs heures de blocage

Depuis la matinée, les camions-citernes étaient immobilisés dans la zone pétrolière de Radès, empêchant les opérations habituelles de transport entre les dépôts et les stations-service.

Cette situation avait fait craindre des perturbations de l’approvisionnement si le mouvement venait à se prolonger. Aucune pénurie de carburant à l’échelle nationale n’avait toutefois été établie.

La levée de la grève écarte désormais le scénario d’un blocage prolongé de ce maillon important de la chaîne de distribution des hydrocarbures.

Des revendications sociales à l’origine du mouvement

La grève avait été déclenchée sur fond de revendications professionnelles des chauffeurs de camions de transport de carburants.

Le mouvement concernait notamment des questions liées aux conditions de travail et à l’application d’accords sectoriels portant sur les majorations salariales.

Son caractère soudain avait rapidement attiré l’attention en raison du rôle stratégique de la zone pétrolière de Radès dans l’approvisionnement des stations-service.

Avec la levée du mouvement, les livraisons peuvent reprendre après plusieurs heures de perturbation. Il faudra néanmoins observer le rythme de retour à la normale dans les stations éventuellement affectées par le retard accumulé au cours de la journée.

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Carburants en Afrique : la Tunisie dans le Top 6 des prix les moins chers… mais à quel coût ?

18. August 2026 um 10:02

Avec un litre d’essence à 0,862 dollar, la Tunisie figure parmi les pays africains où le carburant reste relativement bon marché. Un classement flatteur en apparence, mais qui révèle surtout le poids des subventions et la fragilité du modèle énergétique tunisien.

Le pétrole joue au yo-yo, et les prix à la pompe suivent. Mais pas en Tunisie. Entre tensions au Moyen-Orient, perturbations du trafic maritime et incertitudes sur l’approvisionnement, le marché pétrolier reste sous pression…  que le consommateur tunisien ne sent pas. Mais en Afrique, le prix payé par l’automobiliste raconte une histoire plus complexe : il dépend autant du baril que des choix budgétaires des États.

Selon les données de Global Petrol Prices arrêtées au 10 août 2026, rapporte le site le360.com, la Libye conserve le record absolu avec un litre d’essence à seulement 0,024 dollar, devant l’Angola à 0,327 dollar et l’Algérie à 0,354 dollar, soit les trois principaux producteurs de pétrole du continent. L’Égypte et le Soudan complètent ce trio de tête.

Avec 0,862 dollar le litre, la Tunisie apparaît au 6e rang africain des pays où l’essence est la moins chère, devancée par la Libye, l’Angola, l’Algérie, l’Égypte et le Soudan. A noter par ailleurs que dans les trois premiers pays, les carburants coûtent beaucoup moins cher qu’en Arabie saoudite (0,622 dollar/l), pourtant second producteur mondial et premier exportateur mondial de pétrole.

Lire aussi: Prix des carburants: la Tunisie dans le top 10 des pays les moins chers

Pourquoi alors parler de « 3e place » ? Parce que la Tunisie se distingue davantage lorsqu’on élargit la comparaison aux pays non producteurs ou fortement dépendants des importations. Et c’est précisément là que le classement devient intéressant. Car contrairement aux grands producteurs du continent, la Tunisie ne dispose pas de la rente pétrolière permettant de financer durablement des prix artificiellement bas. Son carburant bon marché relatif repose donc davantage sur une politique de compensation dont la facture finit par être supportée par les finances publiques.

Un prix bas… qui coûte cher

Le gasoil est lui aussi relativement abordable, à 0,753 dollar le litre, plaçant la Tunisie également dans le Top 6 africain. Mais ce classement ne doit pas masquer le problème de fond. Maintenir des prix à la pompe contenus dans un pays dépendant des importations revient à amortir le choc pour le consommateur tout en transférant une partie de la facture vers le budget de l’État, selon les analystes.

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte un litre de carburant à la pompe en Afrique, mais combien il coûte réellement à la collectivité.

Dans ce palmarès africain, la Tunisie peut se féliciter de ses prix relativement bas. Toutefois, derrière cette performance se profile une équation de plus en plus difficile : protéger le pouvoir d’achat, maîtriser les subventions et réduire la dépendance énergétique sans faire exploser la facture pour les ménages. C’est le choix assumé d’un État qui entend protéger ses citoyens, quitte à en supporter le coût budgétaire.

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