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Afef Jaafar: « La transition énergétique n’est plus un choix, c’est un impératif de résilience nationale »

28. Mai 2026 um 06:00

La Tunisie n’a plus le temps d’attendre. C’est en substance le message de Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle s’exprimait, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste maghrébin dans le cadre du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ». Elle a dressé un état des lieux exhaustif et alarmant de la situation énergétique nationale.

Face à une forte dépendance aux hydrocarbures, à un déficit énergétique persistant, à des subventions devenues difficilement soutenables et à un environnement géopolitique instable, elle a présenté la stratégie nationale engagée par le ministère de l’Industrie tout en appelant à accélérer les réformes et les investissements afin de renforcer la souveraineté et la résilience énergétiques du pays.

La responsable a, dans ce cadre, souligné l’ampleur des défis auxquels la Tunisie est confrontée. Le mix électrique national dépend du gaz naturel à hauteur de 93 %, dont plus de la moitié est importée, tandis qu’un peu plus de 20 % seulement est produite localement. Les subventions énergétiques ont dépassé 7 000 milliards de dinars en 2025, soit environ 12 % du budget de l’État.

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À cette pression budgétaire s’ajoute un contexte international défavorable. Alors que les hypothèses retenues par les institutions financières internationales reposaient sur un baril à 63 dollars, les prix du pétrole repartent à la hausse. Or, chaque dollar supplémentaire par baril représente près de 160 millions de dollars additionnels en subventions et charges de compensation.

Afef Jaafar a également rappelé les exigences environnementales et climatiques croissantes auxquelles la Tunisie doit répondre sur la scène internationale, un point également évoqué par le modérateur du panel, Serge Degallaix.

Face à cette situation, elle a insisté sur l’urgence de la transition énergétique et climatique : « Il est impératif aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un choix, de passer vers la transition énergétique et climatique ». Dans cette perspective, le ministère a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers principaux.

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Le premier concerne la maîtrise de la demande énergétique afin d’éviter que la consommation n’augmente mécaniquement au même rythme que la croissance économique. L’objectif est d’améliorer significativement l’intensité énergétique. Le deuxième pilier porte sur le déploiement massif des énergies renouvelables, avec une cible de 35 % dans le mix électrique à l’horizon 2030 et de 50 % à l’horizon 2050. Le troisième vise à accompagner ces efforts par l’électrification des usages afin d’avancer vers la décarbonation et la neutralité carbone.

Quid du cadre réglementaire ?

Afef Jaafar a ensuite présenté le cadre juridique et réglementaire en vigueur. Elle a rappelé qu’une loi adoptée en 2015 encadre la production d’électricité renouvelable à travers trois régimes : l’autoproduction, les appels d’offres et les concessions.

Concernant l’autoproduction, plusieurs programmes d’efficacité énergétique ont déjà permis de stabiliser la demande. En basse tension, la puissance installée atteint 455 MW, principalement grâce au programme destiné aux ménages du secteur résidentiel. En moyenne tension, les capacités avoisinent 110 MW, portant le total de l’autoproduction à plus de 550 MW.

S’agissant des appels à projets, plusieurs initiatives ont permis d’installer environ 52 MW à ce jour. Ces projets restent toutefois de taille modeste, avec des capacités inférieures à 10 MW pour le photovoltaïque et à 30 MW pour l’éolien.

Le régime de concession concerne, quant à lui, les grands projets dépassant ces seuils. Sur ce segment, la Tunisie dispose actuellement de 200 MW installés. Un premier projet de 100 MW à Métlaoui est entré en service en décembre 2025. Deux autres projets de 50 MW chacun ont suivi en janvier puis en mars 2026, portant les capacités totales à 200 MW dans le cadre des concessions.

Par ailleurs, 200 MW supplémentaires dans le photovoltaïque ont déjà été attribués et attendent encore l’approbation du Parlement. Un projet éolien d’environ 77 MW se trouve dans la même situation.

La conseillère a souligné les efforts engagés par l’État, tant dans la maîtrise de la consommation énergétique que dans le développement des renouvelables, tout en estimant que le rythme actuel reste insuffisant. « Il va falloir que ça s’accélère », a-t-elle averti, au regard des contraintes structurelles du pays et des chocs liés au contexte géopolitique régional et international.

L’enjeu, a-t-elle insisté, est de renforcer durablement la résilience de la Tunisie et de réduire sa vulnérabilité énergétique. En conclusion, Afef Jaafar a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un impératif stratégique pour la souveraineté nationale et nécessite une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé, des banques et des partenaires internationaux.

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