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La responsabilité de la gauche dans l’échec de la transition tunisienne

13. Juni 2026 um 09:05

Pour créer les conditions propices à une sortie de crise en Tunisie, en plus de l’islam politique qui doit faire son autocritique, la gauche est appelée à procéder à une remise en question de son rôle et de ses crédos idéologiques d’une autre époque et dont la Russie et la Chine, foyers historiques du socialisme international, se sont débarrassés comme d’une vieille guenille pour assurer leur développement et leur souveraineté face aux forces adverses.

Elyes Kasri *

Tous les avis s’accordent sur la dégradation des indicateurs socio-économiques en Tunisie depuis 2010, devenue pour de nombreux experts une année de référence.

Bien que la Tunisie ait déjà été en crise, quoique silencieuse économiquement mais visible politiquement et diplomatiquement, la pseudo révolution de 2011 n’a rien amélioré en l’espace de quinze ans au point de faire un nombre grandissant de nostalgiques et de déçus de la démocratie et de développer une aversion des fondements du mode de gouvernance démocratique et de tous ceux qui prétendent s’y attacher.

Si l’islam politique à travers Ennahdha et sa nébuleuse a été sommé publiquement et judiciairement de rendre des comptes pour ses dérapages et méfaits durant la période post révolutionnaire, la gauche continue à alimenter une culture toxique anti réformes et anti entrepreneuriat faite de mythes socioéconomiques qui mènent inexorablement la Tunisie vers la déconstruction de son tissu entrepreneurial et économique et une croissance anémique, financée par un endettement de plus en plus lourd et onéreux, qui risque d’hypothéquer non seulement les opportunités de relance mais également la souveraineté et l’existence même du pays dans un scenario risquant d’être plus grave que celui de la Commission financière internationale de 1869 qui a pavé la voie à la colonisation française en 1881.

Une gauche lâche et irresponsable

Si l’histoire a marqué le rôle courageux et patriotique de la gauche grecque qui a sauvé avec courage et détermination son pays de la faillite en 2009, l’histoire portera un jugement sévère sur la gauche tunisienne qui, quand l’occasion s’est présentée sous feu Béji Caïd Essebsi, a refusé de partager le fardeau du pouvoir ** et les sacrifices requis par les réformes exigées par la situation du pays pour se contenter de faire sans risques de la surenchère qui continue de mener le pays à l’abysse de l’endettement, de la fonte du pouvoir d’achat et de la dégradation inexorable de l’infrastructure et des services publics ainsi que des attributs de la souveraineté nationale.

Pour créer les conditions propices à une sortie de crise, en plus de l’islam politique qui doit faire son autocritique, la gauche tunisienne est appelée à procéder à une remise en question de son rôle et de ses crédos idéologiques d’une autre époque et dont la Russie et la Chine, foyers historiques du socialisme international, se sont débarrassés comme d’une vieille guenille pour assurer leur développement et leur souveraineté face aux forces adverses.

Sans cette remise en question, la gauche tunisienne assumera une lourde responsabilité historique dans tout ce qui découlera de la pente dangereuse dans laquelle glissent l’économie et la souveraineté de la Tunisie depuis 2011.

* Ancien ambassadeur.

** En remportant les élections de 2014, Nidaa Tounes conduit par feu Béji Caïd Essebsi avait tendu la main au Parti des Travailleurs, conduit par Hamma Hammami, pour participer au gouvernement, mais ce dernier a refusé, obligeant les Nidaïstes à s’allier aux islamistes pour pouvoir constituer le gouvernement.     

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Creative Tunisia: clôture du programme de Tounes Wijhetouna

Creative Tunisia : cinq ans d’actions, un bilan tangible pour l’artisanat et le design tunisiens. Porté dans le cadre du programme Tounes Wijhetouna, le projet aura tenté d’introduire une approche plus économique et collaborative de l’artisanat tunisien, en misant sur le design, l’innovation et la structuration des filières.

Le rideau est tombé, le 5 mai 2026, sur le projet Creative Tunisia, à l’occasion d’une cérémonie organisée en présence de plus de 400 participants et présidée par Giuseppe Perrone, ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie et Sofiane Tekaya, ministre du Tourisme et de l’Artisanat.

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Un bilan affiché sous le signe du succès

Une clôture institutionnelle qui marque surtout la fin de cinq années d’intervention dans un secteur longtemps présenté comme stratégique, mais souvent confronté à des difficultés structurelles de valorisation, de commercialisation et de modernisation.

Le bilan avancé par les instigateurs du projet annonce avoir mis en avant 17 chaînes de valeur accompagnées, une couverture de 18 gouvernorats, l’appui à 18 associations, la création de six hubs créatifs et l’accompagnement de plus de 3 000 bénéficiaires.

L’huile d’olive au premier plan

L’un des volets les plus concrets de cette clôture aura été la rencontre B2B consacrée à l’innovation dans le conditionnement de l’huile d’olive tunisienne. À cette occasion, une nouvelle collection de bouteilles en grès a été dévoilée. Fruit de collaborations entre designers et artisans, cette initiative illustre l’orientation défendue par le projet : utiliser le design comme levier de valorisation économique et identitaire des produits tunisiens.

L’idée n’est pas anodine. Dans un marché mondial où l’image, le packaging et le storytelling deviennent presque aussi importants que le produit lui-même, la Tunisie cherche encore à mieux positionner ses productions à forte valeur culturelle. L’huile d’olive, régulièrement saluée pour sa qualité, reste souvent exportée en vrac ou sous des marques étrangères, limitant les retombées économiques directes pour le pays.

Logique de coopération

Au-delà des réalisations matérielles, ONUDI Tunisie et l’Office National de l’Artisanat Tunisien, partenaires de mise en œuvre du projet, auront surtout cherché à instaurer une logique de coopération entre artisans, designers, institutions et acteurs économiques. Une dynamique encore fragile, mais qui commence à faire émerger une vision plus contemporaine de l’artisanat tunisien, moins folklorique et davantage orientée vers la création de valeur.

Financé par l’Union européenne en Tunisie avec une contribution de l’Agenzia Italiana per la Cooperazione allo Sviluppo, le projet Creative Tunisia laisse ainsi derrière lui des outils, des réseaux et des expériences pilotes. Reste désormais à savoir si ces acquis pourront survivre à la fin du financement international et s’inscrire durablement dans les politiques publiques et les réalités du marché.

©Destination Tunisie

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