Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 27. April 2026Haupt-Feeds

Le nouveau désordre mondial

27. April 2026 um 08:12

Ancrées dans notre imaginaire, omniprésentes dans l’actualité, les relations internationales sont sources d’angoisse. Comme si on était face à l’inconnu. Alors que le monde demeure dans l’attente de la reprise des négociations irano-américaines, la guerre, après le génocide à Gaza, confirme un basculement.

 

Un désordre géopolitique

L’ordre international, né après la Seconde Guerre mondiale, est en phase de délitement : qu’il s’agisse des modes de régulation de l’économie (libre-échange), des modes d’organisation politique (démocratie, Etat de droit), ou des modes de résolution des conflits (diplomatie, multilatéralisme)… Les signaux se multiplient et vont dans le même sens. C’est bel et bien à la fin d’un ordre mondial que nous assistons. A défaut de puissance hégémonique capable, seule, d’imposer un nouvel ordre, nous sommes entrés dans une nouvelle ère marquée par le désordre suscité par l’affirmation de logiques impérialistes, de prédation (des territoires, des ressources, etc.).

Un tel environnement global nourrit un niveau élevé de conflictualité, d’imprévisibilité, d’instabilité et d’incertitude. La volatilité règne dans un monde chaotique, où l’invasion (de l’Ukraine au Liban) et la force semblent se normaliser. En dépit du droit international et de l’interdiction de principe de la guerre, celle-ci s’impose à nouveau comme un moyen naturel de résolution des différends, sur fond de décomposition des mécanismes du multilatéralisme onusien.

La multiplication et l’imbrication des crises donnent le sentiment d’une instabilité structurelle et permanente. Les crises contemporaines sont en effet à la fois globales, interdépendantes et systémiques. La profondeur de la crise est liée à son caractère pluridimensionnel : financier, social, écologique, démocratique et géopolitique. La résolution de tels défis dépend de la coopération. Or le paradoxe de notre temps réside dans la tendance à l’unilatéralisme et au recul du multilatéralisme dans un monde multipolaire et interdépendant. La multipolarité et le caractère transnational des enjeux mondiaux appellent une approche plus inclusive et concertée, où différents Etats et régions travaillent ensemble pour trouver des solutions communes.

 

Un désordre géoéconomique

En outre, la fin des illusions d’une « mondialisation heureuse », où tout le monde serait gagnant, fait des ravages dans les ordres socio-politiques et nourrit la montée de forces politiques extrémistes au sein même des démocraties occidentales. Les Etats-Unis assument leur rupture avec des décennies de croyance dans le libre-échange et dans l’encadrement du marché mondial par le droit international. Un mouvement protectionniste aux causes multiples, qui vont de la crise financière de 2008-2009 à la prise de conscience post-Covid des vulnérabilités de certaines chaînes de valeur dans des secteurs stratégiques.

De la crise financière de 2008 à la guerre en Ukraine en passant par le « Brexit », la réélection de Donald Trump et les crises sociales dans le « Sud global » (creusant les inégalités entre pays riches et pays pauvres), le discours sur la « mondialisation heureuse » est battu en brèche. La mondialisation, jusque-là considérée comme une force d’harmonisation et de pacification planétaire est porteuse de fragmentation et de conflictualité. Incapable de soutenir une accélération du taux de croissance et des gains de productivité, elle a généré des inégalités internes croissantes, ainsi que des réactions identitaires. Les contradictions sociales internes ont nourri les tentations d’une fuite en avant nationaliste et autoritaire. Partant, la perspective d’une prospérité généralisée, d’un marché mondial régi par une « concurrence libre et non faussée » n’est plus à l’ordre du jour. Désormais, une logique de la prédation s’affirme.

L’article Le nouveau désordre mondial est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

L’Iran et l’enjeu de la régulation des cryptomonnaies

20. April 2026 um 07:07

La guerre en Iran met en lumière la dimension géopolitique des cryptomonnaies. Certes, son marché volatile fluctue fortement en fonction des derniers épisodes de la série sans fin que représente la confrontation irano-américaine qui se joue autour du détroit d’Ormuz. Ainsi, les actions liées aux cryptomonnaies ont chuté après le premier échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran.

Il n’empêche, depuis le début de la guerre, les flux de cryptomonnaies (stablecoins et autres bitcoins, principales cryptomonnaies) à destination de l’Iran ont très nettement augmenté. Preuve que le pays (exclu du système financier traditionnel) utilise les cryptomonnaies pour tenter de contourner les sanctions occidentales/internationales et vendre son pétrole officiellement sous embargo.

Cet épisode invite à s’intéresser aux enjeux (y compris juridiques) soulevés par le phénomène des “crypto-actifs“ nés à la fin des années 2000. Le phénomène des crypto-actifs fait l’objet, progressivement et partiellement, d’une régulation et d’un encadrement juridiques aux différents niveaux (national, régional/européen et international). Une intervention juridique qui laisse des zones d’incertitudes et de vides juridiques, qu’exploitent les acteurs internationaux et transnationaux.

Les crypto-actifs revêtent en effet, une dimension géopolitique, comme l’atteste la manière dont les acteurs étatiques et non-étatiques s’en sont saisis dans le cadre de leurs stratégies de puissance.

 

Des défis pour les Etats et les banques

Les cryptomonnaies affectent des sphères d’activités traditionnellement liées aux activités étatiques et bancaires. Institués par des acteurs privés, ces instruments financiers non matériels se sont imposés à l’ère du numérique. L’émission de ces actifs numériques ou à forme digitale s’appuie sur des technologies comme la “blockchain“. Soit un réseau informatique décentralisé qui permet à ses utilisateurs de partager des données et de procéder à des transactions directes, sans recours à la monnaie légale, en dehors de tout contrôle des banques, y compris des banques centrales. En cela, l’émergence d’un système financier décentralisé (autonome des États et des banques) basé sur la technologie blockchain concurrence les mécanismes du système financier mondial et affecte le principe ou la forme que prend la souveraineté monétaire des États.

Le phénomène nourrit aussi des interrogations juridiques délicates : quel est leur statut ? Quel régime leur appliquer (y compris sur le plan fiscal) ? Selon quelle forme de régulation (alors qu’ils ne relèvent d’aucune institution) ?

Si le marché des crypto-actifs ne cesse de croître et de se “normaliser“, son caractère très fluctuant (échappant à tout cours légal, les crypto-actifs sont particulièrement spéculatifs et donc risqués) et la nature de certains de ses centaines de millions d’utilisateurs (parmi lesquels des acteurs institutionnels et des Etats, mais aussi des organisations criminelles) tendent à justifier l’intervention de la puissance publique. Des réseaux criminels usent des cryptomonnaies pour réaliser des opérations de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme. Tandis que des Etats, comme l’Iran, les utilisent pour contourner des sanctions économiques imposées par des États ou des organisations internationales.

 

Les tentatives de régulation

Les crypto-actifs sont l’objet de régulations nationales très diverses, plus ou moins permissives ou répressives. Pionnière en la matière, la France a pris l’initiative de définir un cadre juridique (“Loi Pacte“, 2019) pour des crypto-actifs qui ne sont pas considérés comme une monnaie et sont distribués par des plateformes contrôlées par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Si la France s’est dotée d’un cadre novateur, le marché des crypto-actifs bénéficie désormais, au sein de l’Union européenne, d’un cadre commun pour ses Etats membres.

Le Règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) vise en effet à instaurer une régulation uniforme des cryptomonnaies à travers l’Europe, impose des exigences strictes en matière de transparence, de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des consommateurs. Tout en tentant de garantir une “sécurisation“ du marché.

Si ce texte n’échappe pas à des critiques et à des appels à la révision, il nourrit le débat sur la nécessité d’une régulation au niveau international.

L’article L’Iran et l’enjeu de la régulation des cryptomonnaies est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌