Quand la limite entre service et service devient floue!
Il est à l’origine d’une des courses les plus prestigieuses de la planète, le marathon. Qui est-il et pourquoi ? 500 ans avant JC, ce soldat qui s’appelait Phidippidès avait parcouru 40 km entre MARATHON et ATHENES en courant pour transmettre une information à ses compatriotes : la victoire de l’armée grecque sur les Perses. Et il serait mort d’épuisement au bout de ce parcours.
Le pauvre. Il aurait vécu plus longtemps si son armée disposait de téléphone et ses compatriotes d’Internet. Mais chaque chose en son temps, et aujourd’hui il arrive souvent même que l’on soit informé d’un événement avant même qu’il ne se produise, l’information allant plus vite que son temps de propagation. Ce service est devenu l’information qui nous inonde d’une manière ostentatoire et exagérée. Ce qui fait que l’on n’arrive plus de séparer la graine de l’ivraie et devient de plus en plus sévices !
Tout cela ne facilite plus le travail du journaliste, censé transmettre une information sûre et fiable et vérifiée. Mais je me pose de plus en plus une série de questions relativement simples : c’est quoi une information? A quoi sert-elle? Où est-ce qu’on la trouve?
Évidement j’ai commencé à poser la question à Internet : « C’est quoi une information ». Sa réponse a été claire : «Une information est un message, une donnée ou un fait rapporté, qui apporte une connaissance nouvelle, vérifiée et fiable sur un événement ou une situation. Elle se distingue d’une opinion ou d’une rumeur par son caractère factuel, son intérêt pour le public et sa vérification par des sources. »
Il m’a même précisé que, pour être vraie il fallait qu’elle soit factuelle, fiable et vérifiée, nouvelle et pertinente et être transmise sur différents supports…
Mais le constat est permanent, cette définition semble de moins en moins appliquée, et aujourd’hui la limite entre le RIGHT et le FAKE devient difficilement définissable. Mais le pire c’est qu’elle concerne de plus en plus des phénomènes et/ou des actions d’envergures diverses qu’il serait trop long d’énumérer et pourrait générer une série d’informations plus ou moins douteuses.
Et tout ce phénomène s’est accentué avec l’apparition de ce qu’on appelle «les réseaux sociaux» qui ne ressemblent à aucun réseau relationnel, et surtout n’ont rien de social, d’une part, et, d’autre part, par l’utilisation abusive d’un appareil qui pèse moins de 250g qui n’a rien de smart mais est un concentré de technologie et qui, entre autres, stocke et déroule l’information et maintenant parle aussi à son utilisateur. Utilisateur qui devient quasiment esclave de ce smartphone qui est en train de ronger la société et ses échanges, société qui ne se parle plus mais a le nez engoncé dans ces 250g à longueur de journée, lit et écoute les informations qu’il veut bien lui distiller et auxquelles il veut bien y croire si cette information lui sied.
Ceci à l’échelle de l’individu qui ne parle plus, ne pense plus, ou ne pense que quand son écran l’y autorise, ne réfléchit plus ou peut réfléchir quand la batterie est vide, et se noie dans ce défilé d’informations utiles et inutiles sur son écran à longueur de journée. A côté de ce micro phénomène, se développent à grande échelle des chaînes télé qui développent les news et les fake news, les habillent; les enjolivent, les justifient et même en démontrent la véracité à coup de spécialistes et d’experts et autres consultants.
Mais, chaque phénomène de cette nature finit par déclencher dans d’autres systèmes des réactions imprévues et imprévisibles, à l’image de l’Intelligence artificielle qui collecte et structure les informations – y compris celle qu’elle contribue parfois à fabriquer – quelle que soit leur nature dans une énorme « data base » et répond aux questions posées et vous aide à en apprécier la véracité de leur contenu.
Comme exemple significatif de désinformation d’Etat et d’information erronée à grande échelle, souvent étudié en Sciences Politiques et en Communication devenu symbole de défaillance systémique du renseignement et d’emballement médiatique marqué par des effets durables, nous avons choisi la fameuse affaire des « Armes de Destruction Massive » en Irak (2002–2003)» où l’IA nous informe sur sa consistance :
1/ La fausse information: En 2002–2003, les gouvernements américain et britannique ont affirmé que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive (ADM). Ces affirmations ont été largement relayées par de grands médias internationaux et présentées comme fondées sur des renseignements crédibles.
2/ Beaucoup de gens y ont cru après la présentation officielle devant l’ONU, et avoir subi un matraquage médiatique massif à ce sujet et sur le terrorisme islamique…
3/Les conséquences concrètes de ce fake
– Invasion de l’Irak en mars 2003 ayant entraîné des centaines de milliers de morts (militaires et civils).
– Instabilité régionale durable et émergence de groupes extrémistes (dont Daech plus tard).
– Dégradation de l’image internationale des États-Unis et du Royaume-Uni.
– Coût économique colossal (plusieurs milliers de milliards de dollars).
4/Comment la « fake news » s’est consumée
Après l’invasion, les inspections approfondies n’ont trouvé aucune arme de destruction massive active. L’Iraq Survey Group (rapport officiel de 2004) a conclu que les stocks n’existaient pas. Plusieurs enquêtes parlementaires ont révélé des erreurs majeures dans l’analyse des renseignements. Certains responsables ont reconnu publiquement que les informations étaient erronées ou exagérées. Avec le temps, le consensus international a basculé et l’argument des ADM est désormais largement considéré comme infondé. La narration initiale s’est progressivement effondrée d’elle-même, non pas par une révélation spectaculaire unique, mais par accumulation de preuves contraires.
Comme quoi, aujourd’hui on n’a besoin ni de TNT ni d’uranium pour démolir un peuple, il suffit d’une FAKENEWS bien agencée pour en faire une ADM.
A bon entendeur
Salut FB !
Ibtissem
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