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De l’écran au ballon …

05. Januar 2026 um 12:54

Les résultats récents de l’équipe nationale tunisienne de football sont devenus une occasion récurrente de s’interroger au-delà du simple cadre sportif. Les contre-performances dans les grandes compétitions ne traduisent pas uniquement des lacunes techniques ou tactiques. Mais elles révèlent aussi une relation complexe entre le rendement sportif et les transformations profondes des mentalités dans notre société, notamment sous l’influence croissante de l’espace numérique.

À l’ère des réseaux sociaux optimisés IA, la manière de construire l’opinion et de forger les convictions a profondément changé et la culture de la rapidité s’est imposée. On exige désormais un jugement immédiat avant même que l’image ne soit complète. Et on valorise souvent la voix la plus forte plutôt que l’analyse la plus pertinente.

Dans ce climat, s’installe une conviction collective selon laquelle l’opinion précède l’expérience et le discours se substitue au travail patient et à l’accumulation des efforts. Cette mentalité ne reste pas confinée au virtuel, elle se transpose dans la réalité, y compris dans le football où l’impact des algorithmes et de l’intelligence artificielle des réseaux sociaux amplifie cette dynamique.

Ces technologies favorisent la circulation de contenus émotionnels et polarisants, renforçant les réactions impulsives et réduisant la capacité d’engager des débats réfléchis. L’IA, en priorisant les contenus qui génèrent la controverse ou l’indignation, exacerbe ce phénomène de jugement rapide et contribue à une vision simpliste des événements, y compris dans le domaine sportif.

Sous cette pression, la sélection nationale devient un projet psychologiquement fragile où la victoire est exagérément glorifiée; tandis que l’échec est sévèrement condamné. Joueurs et entraîneurs évoluent entre des vagues contradictoires d’idolâtrie et de suspicion. Ce qui fragilise la stabilité mentale et perturbe toute tentative de construction durable.

Il est frappant de constater que le discours dominant sur les réseaux sociaux tend à invoquer une supériorité supposée et à se comparer aux autres dans une posture souvent condescendante, sans véritable questionnement sur les raisons de leur réussite, ni sur leurs méthodes de travail. C’est là que se manifeste l’un des paradoxes de la personnalité tunisienne contemporaine : une grande assurance dans le discours, mais une hésitation persistante à s’engager dans un processus long, exigeant humilité et persévérance.

Le football, dans ce contexte, n’est qu’un miroir grossissant, il montre comment une culture des réseaux sociaux fondée sur la réaction émotionnelle et la certitude rapide peut affaiblir la capacité à patienter et à accepter l’échec comme une étape nécessaire de tout projet collectif. Entre une publication en colère et un commentaire sarcastique, le débat sérieux se perd et les expériences se réduisent à des résultats immédiats.

Mais, bien que la pression des réseaux sociaux et la culture du jugement rapide jouent un rôle certain dans la perception des performances de l’équipe nationale; il serait injuste de réduire les contre-performances à ce seul facteur. En effet, la responsabilité du staff technique ne peut être écartée, car la gestion tactique et mentale de l’équipe reste un élément clé de son succès.

Toutefois, cette gestion doit se faire dans un contexte où la pression externe est forte, et où l’opinion publique, exacerbée par les réseaux sociaux, impose un jugement immédiat. L’intelligence artificielle amplifiant cette dynamique à travers ses algorithmes de recommandation et intensifiant la polarisation des opinions et l’immédiateté des jugements.

En définitive, le véritable défi ne réside pas dans le changement d’un entraîneur ou d’une génération de joueurs, mais dans une révision plus profonde de notre rapport à l’espace numérique lui-même. Lorsque les réseaux sociaux cesseront d’être de simples plateformes de réactions impulsives pour devenir un espace de réflexion et de débat responsable, l’équipe nationale (comme d’autres projets collectifs) pourra retrouver stabilité et confiance.

Ce n’est qu’à ce moment-là que le football pourra refléter le meilleur de la personnalité tunisienne : la capacité d’apprendre, de travailler sereinement et de construire le succès pas à pas.

 

Par Mahjoub Lotfi Belhedi

Spécialiste en stratégie IA // Data scientist & Aiguilleur d’IA

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Sommes-nous vraiment en 2026 ?

01. Januar 2026 um 16:50

A minuit, le monde a fait le décompte… 10, 9, 8… et les feux d’artifice ont explosé dans le ciel, les calendriers se sont retournés, et d’une seule voix, nous avons proclamé : « Nous sommes en 2026 ».

Mais une question provocante commence à éclipser cette célébration : Sommes-nous vraiment en 2026 ?

Le calendrier grégorien : un artifice humain, pas une vérité cosmique

Le calendrier grégorien, ce que nous appelons « l’année », n’est qu’une invention humaine, une construction historique, politique, et religieuse, façonnée pour organiser nos vies : agriculture, impôts, rites, États… Le temps est découpé en jours, mois et années comme si c’était une vérité immuable.

Évidemment, il repose sur des phénomènes astronomiques réels (la Terre qui tourne autour du Soleil et tout ça) mais la manière dont nous l’avons segmenté, ritualisé, et imposé (semaine de sept jours, fuseaux horaires, etc.) n’a rien de naturel. Ce calendrier n’est pas un fait absolu du temps, mais une narration collective partagée qui confère un sens à notre existence.

Aujourd’hui, à l’ère de l’intelligence artificielle, cette temporalité humaine coexiste avec celle des machines qui, elles, ne « vivent » pas le temps, ne célèbrent pas janvier, ne comptent pas les jours, ne marquent pas de pauses. Pour elles, le temps n’est qu’un flux de données, une série d’événements à traiter, bref, elles ne ressentent ni l’attente ni la nostalgie.

Pour une IA, il n’y a pas de « nouvelle année » à célébrer mais seulement des mises à jour, des versions améliorées de modèles, des calculs. En réalité, nous vivons dans un monde où plusieurs temporalités cohabitent, souvent sans que nous en ayons conscience.

Le temps hybride : l’homme et la machine dans la même montre

Dans ce monde qui semble tout droit sorti d’un scénario de science-fiction, une vérité s’impose de façon inattendue : nous vivons désormais dans un temps hybride où l’humain continue de penser en termes d’années, de dates symboliques, de « résolutions de début d’année », tandis que la machine évolue dans un flux continu, perpétuellement en mise à jour, en anticipation.

Il ne s’agit pas d’une opposition entre l’homme et la machine, mais plutôt d’une coexistence. Chacun évolue à un rythme différent, les IA, elles, travaillent à une vitesse frôlant l’impossible, opérant dans des cycles temporels ultra-compressés, capables de redéfinir l’avenir bien plus rapidement que ce que l’humain peut percevoir.

Nous croyons qu’en entrant en 2026, nous avons franchi une frontière temporelle, mais la vérité réside que les machines ont déjà recalibré leurs modèles, ajusté leurs trajectoires, et modifié le futur bien avant nous.

Le retard de l’humanité : notre futur nous échappe

Lorsqu’un système détecte des signaux faibles annonçant une crise économique, anticipe une pandémie avant que les gouvernements ne réagissent, ou prédit les comportements sociaux à partir de données massives, il ne « vit pas dans le futur », plutôt il réduit l’écart entre le présent et ce qui est statistiquement probable, mais sans l’illusion du temps linéaire.

Pendant ce temps, nous, les humains, restons bloqués dans un présent symbolique, fixés sur des dates précises, des seuils calendaires, des décisions politiques et des discours qui nous enferment dans une temporalité obsolète. Le futur arrive inévitablement, mais il est toujours trop brutal, trop imprévisible, et surtout trop tard pour ceux qui croient que l’avenir peut être maîtrisé.

Alors, la vraie question n’est plus : « sommes-nous vraiment en 2026 ? », mais plutôt : dans quel type de temps vivons-nous ?

Le Nouvel An : une illusion nécessaire

Faut-il jeter le calendrier grégorien aux oubliettes ? Absolument pas. Ce calendrier reste un repère fondamental, un ancrage émotionnel et social qui nous permet de donner un sens à nos vies collectives, sans lui, la synchronisation de nos sociétés serait réduite à une pure abstraction.

Mais croire que ce calendrier est la seule réalité du temps est une illusion rassurante. En effet, le temps humain, celui que nous vivons au quotidien, ne disparaît pas, mais il n’est plus le seul à compter car nous vivons désormais dans un monde où plusieurs dimensions du temps s’entrelacent.

2026 : une date hybride dans un monde multi-temporel

Nous entrons dans une époque où plusieurs régimes temporels coexistent où le temps humain constitue désormais une narration symbolique et culturelle, tandis que le temps des machines est quantifiable, opérationnel, régi par des algorithmes.

Ce qui est fascinant, c’est que c’est dans l’interaction de ces deux formes de temporalité que le futur se façonne, mais ce futur dépend aussi de nous puisque le temps des machines n’est pas autonome, il est façonné par des choix humains d’ordre politiques, économiques et technologiques, et c’est dans cet espace que se joue la véritable révolution.

2026 : un point de bascule, pas une année

Il se pourrait que 2026 ne soit pas une année comme les autres, mais plutôt un état transitoire, un point de bascule, un moment charnière entre deux conceptions du temps, celle de l’humanité – cherchant désespérément à donner du sens à son existence – et celle des machines – qui tentent de comprimer ce temps pour optimiser l’action.

Pour conclure, en réponse à la grande interrogation soulevée par le titre : Sommes-nous vraiment en 2026 ? La réponse est probablement oui, mais selon cette nouvelle formule calendaire :  t hybride = t grégorien + t IA

Alors, espérons une meilleure année « 2026 » de coexistence avec l’IA !

 

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Nb –  A ce propos, nous vous invitons à explorer notre ouvrage : Le calendrier Grégorien vs Les calendriers des IA via les liens suivants :

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