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Empfangen — 12. Oktober 2026 ⏭ Leconomiste Maghrebin

Enda mise sur l’entrepreneuriat vert et prépare un prix ouvert à l’Afrique

12. Oktober 2026 um 16:43

Avec 100 000 dinars de récompenses pour trois projets tunisiens, le Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement entend soutenir des initiatives concrètes face aux défis écologiques. Dès 2027, le concours devrait s’ouvrir aux porteurs de projets africains, selon Essma Ben Hamida.

Trois projets, 100 000 dinars de récompenses et une ambition continentale annoncée pour 2027. Enda a dévoilé, le 8 octobre 2026 au Musée national du Bardo, les lauréats de la première édition du Prix Michael Philip Cracknell pour l’Environnement. Créée en hommage au cofondateur de l’organisation, décédé en juillet 2024, cette initiative vise à donner davantage de moyens aux acteurs qui développent des solutions aux problèmes environnementaux en Tunisie.

Le premier prix de 50 000 dinars revient à Houssem Hamdi pour Soli Green, porté par Tounes Clean Up. Mohamed Rammeh décroche le deuxième prix, doté de 30 000 dinars, pour Zigofiltre, associé à Wayout. Le troisième prix, d’une valeur de 20 000 dinars, est attribué à Firas Khelifi pour Jninet El Hafsia, porté par Blue Fish. Pour Enda, l’enjeu dépasse la distinction de projets déjà engagés. Il s’agit de renforcer leur capacité à se développer et à produire des résultats sur le terrain, tout en mobilisant de nouveaux acteurs autour de la transition environnementale. La première édition a suscité 200 candidatures, dont 171 reçues dans les délais, en provenance des 24 gouvernorats. Après une première vérification, 93 dossiers ont été soumis à une évaluation technique. Trente-trois initiatives ont ensuite été présentées au jury, avant la sélection de dix finalistes, auditionnés le 19 septembre.

Les chiffres communiqués par Enda montrent la place prise par l’initiative entrepreneuriale dans cette compétition : 69 % des candidatures proviennent de startups, d’entrepreneurs ou de porteurs individuels. Les associations, organisations de la société civile et clubs environnementaux représentent, pour leur part, 23 % des candidatures. Les problématiques liées aux déchets et à l’économie circulaire dominent les projets évalués techniquement, avec 53 % des dossiers. Près de 30 % portent sur l’eau, la résilience climatique et l’adaptation, tandis que 12 % concernent l’agriculture, les sols et la biodiversité. Cette répartition met en évidence les domaines dans lesquels les porteurs de projets cherchent à apporter des réponses, notamment à travers des initiatives susceptibles d’associer impact environnemental et développement économique local.

Le projet de Houssem Hamdi, récompensé par le premier prix, prévoit la plantation de 12 millions d’arbres d’essences locales à l’horizon 2035. Il repose également sur l’implication des populations locales dans des projets économiques liés aux forêts tunisiennes.

Selon le lauréat, le programme a déjà permis de planter 2,2 millions d’arbres. Il vise aussi à mobiliser 1 000 femmes et plus de 5 000 bénévoles. La dotation de 50 000 dinars distingue ainsi une initiative qui associe restauration des écosystèmes, mobilisation citoyenne et participation économique.

Les deux autres projets récompensés illustrent la diversité des initiatives retenues. Zigofiltre, porté par Mohamed Rammeh, et Jninet El Hafsia, porté par Firas Khelifi, figurent parmi les solutions sélectionnées par le jury. Les informations communiquées lors de la cérémonie ne détaillent toutefois pas suffisamment leurs dispositifs techniques pour en évaluer plus précisément les résultats attendus.

L’évolution annoncée pour la prochaine édition constitue l’un des principaux prolongements de cette première expérience. Essma Ben Hamida a indiqué que le prix devrait s’ouvrir aux initiatives africaines dès 2027. Cette décision fait notamment suite à la réception d’une candidature malienne lors de cette première édition, qui n’a pas pu être retenue, le concours étant réservé aux projets tunisiens. « On ne peut pas le garder tunisien », a déclaré la cofondatrice d’Enda, en évoquant l’élargissement du dispositif. Les modalités de cette ouverture restent à préciser. Elle pourrait néanmoins élargir le champ des initiatives soutenues et favoriser les échanges entre porteurs de projets environnementaux sur le continent. La cérémonie a également été marquée par la présentation de l’édition tunisienne du Manuel pour le citoyen du monde, en présence de ses coauteurs Roberto Savio et Giuliano Rizzi. Traduit en français et en arabe, l’ouvrage compte 19 chapitres consacrés aux grands enjeux contemporains. Enda prévoit sa diffusion dans les maisons de jeunes, les universités et les lycées. À travers ces deux initiatives, l’organisation entend conjuguer soutien aux projets de terrain et sensibilisation des jeunes générations. Pour le prix environnemental, le prochain défi sera désormais de transformer les dotations financières et la mobilisation suscitée par cette première édition en résultats mesurables, puis de concrétiser l’ouverture africaine annoncée pour 2027.

Amani Mejri

 

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Aveuglement face à un cocktail de désastres

12. Oktober 2026 um 12:10

Une série de défis peinent à retrouver la place qu’ils méritent dans les politiques publiques (changement climatique, transition digitale…), alors que d’autres ne sont toujours pas dans le radar des décideurs (défi démographique). Un cocktail explosif pour toute économie dont la boussole est brouillée par le court-termisme et le rafistolage.

Un désastre climatique

La communauté scientifique est unanime à tirer la sonnette d’alarme : l’inaction coûte plus cher que la transition. L’heure n’est plus au constat ni aux repérages des canaux de transmission des risques climatiques. Mais plutôt au verdissement des politiques publiques. Tant que les autorités budgétaires et monétaires ne sont pas encore disposées à verdir leurs toolboxes, la résilience aux risques climatiques ne sera jamais au rendez-vous.

Un désastre numérique

Certes, des avancées ont été enregistrées sur le terrain de la digitalisation, mais elles sont très loin d’être à la hauteur des défis. La lenteur de la transition digitale creuse davantage la fracture numérique entre la Tunisie et ses partenaires arabes et africains, générant ainsi une baisse de la productivité et une perte de compétitivité vis-à-vis des concurrents. Le coût de l’inaction digitale est dévastateur : des finances publiques gangrenées par le manque de transparence, l’évasion fiscale, une domination du cash et un secteur informel florissant.

Un désastre démographique

Le vieillissement démographique est un phénomène d’ampleur planétaire. Mais dans le monde arabe, certaines économies, comme la Tunisie, se retrouvent plus exposées compte tenu de l’essoufflement de leur croissance démographique. Le taux de fécondité est le plus faible du Maghreb, avoisinant 1.53 enfant par femme, largement inférieur au seuil de renouvellement des générations, estimé à 2.1 enfants par femme. Un défi avec des répercussions complexes, largement éludées par les autorités, et qui ne peut que compliquer davantage l’équation des caisses de retraite, des systèmes de santé, et raviver le débat sur les flux migratoires en provenance de l’Afrique subsaharienne.

C’est seulement avec du courage et de la vision qu’il est possible de préparer l’avenir, d’anticiper les aspirations futures des acteurs économiques et de bâtir une économie plus résiliente et plus prospère.

En revanche, l’absence de vision et l’excès de bricolage réglementaire ne peuvent que scotcher l’économie tunisienne dans une trappe à faible croissance avec son cortège de stress budgétaire et ses implications néfastes sur la qualité des services publics. Renforçant ainsi sa forte exposition aux chocs climatiques et pandémiques.

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