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Les BRICS poursuivent leur affirmation sur la scène internationale

14. September 2026 um 09:58

Les BRICS représentent désormais près de la moitié de la population mondiale, environ 40 % du PIB mondial et plus d’un quart des échanges commerciaux internationaux. Un poids démographique, économique et stratégique qui confère au groupe une légitimité croissante pour faire entendre sa position dans les principales crises internationales.

Réunis à New Delhi durant le week-end du 12 septembre, les dirigeants des puissances non occidentales membres des BRICS ont réussi à parvenir à un accord autour d’une déclaration commune concernant le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. En dépit de divergences politiques, diplomatiques et économiques importantes, les membres du groupe ont fait part de leur « vive préoccupation » face à l’intensification des tensions au Moyen-Orient et exhorté les différentes parties à éviter toute initiative susceptible de provoquer une nouvelle escalade. Cette déclaration vient ainsi combler une absence : jusqu’à présent, les BRICS n’avaient pas réussi à adopter une position collective sur cette question stratégique.

Pour le groupe, cette prise de position officielle révèle donc à la fois une volonté manifeste de préserver le dialogue et de renforcer la coopération, mais également les difficultés persistantes à surmonter les intérêts nationaux divergents afin de construire une véritable ligne stratégique commune face au conflit. L’incapacité des BRICS à constituer un véritable « bloc géopolitique » fait d’ailleurs écho aux divisions qui traversent également le monde occidental.

Les poids dominant des stratégies et intérêts nationaux

Les orientations diplomatiques, les priorités politiques et les intérêts économiques des différents membres des BRICS restent trop dissemblables pour permettre au groupe de parler d’une seule voix sur l’ensemble des grandes crises internationales.

Le conflit iranien en fournit une illustration particulièrement claire. La Chine et la Russie continuent notamment de préserver leurs relations commerciales avec Téhéran, en dépit des menaces récurrentes de sanctions formulées par Washington. Ces deux puissances cherchent ainsi à accroître leur influence internationale et à contester la prééminence américaine dans les affaires mondiales. La position des Émirats arabes unis est, quant à elle, sensiblement différente. Abou Dhabi a décidé de cesser ses échanges commerciaux et financiers avec l’Iran après avoir été pris pour cible par des frappes de ce dernier. Le conflit place donc les Émirats dans une situation particulièrement complexe, puisqu’ils doivent simultanément composer avec leurs liens avec les États-Unis, leurs intérêts économiques propres et leurs impératifs de sécurité

Cette situation met surtout en lumière une réalité plus large : les BRICS, à l’image du Sud global, ne constituent pas une entité politique homogène susceptible de s’opposer collectivement à un supposé « Occident collectif ». Il rassemble au contraire une multitude d’États dont les relations et les alliances varient selon les circonstances. Les pays du Sud ne défendent donc pas systématiquement une position commune et ne coordonnent pas nécessairement leurs politiques étrangères.

Parce que leurs intérêts stratégiques et leurs objectifs nationaux ne coïncident pas toujours, leurs orientations internationales peuvent même se retrouver en opposition directe. Dans certains cas, elles peuvent donc entrer en concurrence, voire déboucher sur de véritables tensions entre États pourtant regroupés au sein d’instances communes.

 

Une volonté commune en faveur d’un ordre international alternatif

Le conflit déclenché par les États-Unis et Israël contre l’Iran a également ravivé les réflexions autour de la domination du dollar dans le système économique international. Si le pétrodollar conserve encore une place prépondérante dans les échanges énergétiques mondiaux, différentes initiatives destinées à favoriser les transactions en yuan se développent parallèlement, notamment sous l’impulsion de Pékin.

Dans ce contexte, la guerre pourrait représenter pour les BRICS une occasion stratégique majeure de renforcer leur rôle de « contre-pouvoir » non occidental et de promouvoir une alternative à l’ordre international actuel, largement structuré autour des puissances occidentales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les BRICS ont d’ores et déjà démontré leur aptitude à définir certaines orientations communes et à mettre en place des instruments collectifs. La création, en 2014, de la New Development Bank en constitue un exemple majeur. Cette institution a été conçue comme une alternative aux grandes institutions financières internationales dominées par les puissances occidentales, notamment la Banque mondiale et le FMI. À cette initiative s’est ajoutée, en 2015, la création du Contingency Reserve Arrangement, un mécanisme de réserve financière destiné à apporter une aide aux États membres confrontés à des difficultés économiques ou à des tensions financières.

Sur le plan politique, les BRICS sont également capables d’exprimer une certaine forme de « solidarité » entre leurs membres. Ils n’ont notamment pas adopté les sanctions occidentales imposées à la Russie après ses interventions militaires en Syrie puis en Ukraine. Pour Vladimir Poutine, cette absence d’alignement sur les positions occidentales a représenté un succès diplomatique important. Elle lui a permis de démontrer que la Russie n’était pas totalement isolée sur la scène internationale et qu’elle pouvait compter sur le soutien, au moins implicite, de plusieurs grandes puissances émergentes.

Derrière la volonté affichée de construire un ordre international plus multipolaire, les BRICS cherchent surtout à réduire leur dépendance à l’égard des puissances occidentales et à accroître leur marge de manœuvre stratégique, sans pour autant former un ensemble parfaitement uni.

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Empfangen — 07. September 2026 Leconomiste Maghrebin

Europe : la montée du rejet de l’immigration

07. September 2026 um 11:17

Le sentiment d’absence de perspectives qui touche une partie de la jeunesse des pays du Sud de la Méditerranée contribue à alimenter un flux migratoire continu vers l’Europe. Pour les États européens, ces flux migratoires, importants et durables, sont d’abord appréhendés comme un défi pour les politiques d’asile et d’immigration, mais aussi comme une question sécuritaire et identitaire. Dans ce contexte, l’externalisation du contrôle des frontières, notamment à travers des accords conclus avec des régimes des pays du Sud, s’est progressivement imposée comme l’un des principaux instruments de la politique migratoire européenne. Une solution qui n’a permis ni de stopper les flux ni de tempérer les craintes des opinions publiques européennes.

 

Les Européens face à l’immigration

Si la perception de l’immigration au sein des sociétés européennes demeure à la fois contrastée et ambivalente, elle s’est affirmée comme une préoccupation politique majeure. Selon l’Eurobaromètre de l’automne 2025, elle était citée par 20 % des Européens parmi les principaux problèmes auxquels l’Union européenne était confrontée. Cette importance accordée à la question migratoire contribue à en faire un enjeu électoral central au sein de chaque pays européens, du Danemark à l’Italie en passant par l’Allemagne. Cette préoccupation se traduit politiquement moins par un rejet uniforme de l’immigration que par une montée de la demande de contrôle, de restriction et de régulation des flux migratoires.

La première manifestation de cette évolution réside dans la progression des partis de droite radicale et national-conservatrice. Ces formations politiques mettent l’accent sur le renforcement du contrôle des frontières, la fin de l’immigration irrégulière, le durcissement des politiques d’asile, ainsi que sur « l’assimilation » des populations immigrées.

La deuxième conséquence, peut-être plus significative encore, réside dans le déplacement progressif des partis traditionnels de droite ou de gauche vers des positions plus restrictives. Même lorsqu’ils ne participent pas au gouvernement, les partis de droite radicale exercent une pression sur l’ensemble du champ politique en imposant l’immigration parmi les priorités de l’agenda électoral.

Les formations traditionnelles sont ainsi conduites à renforcer leur discours sur le contrôle des frontières, la lutte contre l’immigration irrégulière et les exigences d’intégration.

 

Le cas de la France et la perspective de l’élection de Marine Le Pen

La France illustre ainsi un phénomène plus large observable à l’échelle européenne : la question migratoire ne se réduit plus à la gestion administrative des flux. Elle est devenue un enjeu central de la compétition politique, un marqueur idéologique et un révélateur des transformations contemporaines des démocraties européennes.

En France, l’immigration connaît une progression soutenue depuis le début des années 2000. Le nombre d’immigrés est ainsi passé d’environ 4,5 millions en 2000 à 6,8 millions en 2020.

Depuis les années 1970 et les conséquences du premier choc pétrolier (dont le chômage de masse), la question migratoire occupe en France une place disproportionnée dans le débat politico-médiatique. Cette centralité s’est notamment traduite par une succession de réformes législatives : plus d’une vingtaine de textes consacrés à l’asile et à l’immigration ont ainsi été adoptés au cours des deux dernières décennies. Cette inflation législative témoigne de la difficulté des gouvernements successifs à stabiliser une politique migratoire cohérente et durable, mais aussi de la forte politisation d’un sujet devenu un marqueur essentiel de la compétition électorale.

Dans le discours politique et institutionnel, l’immigration tend ainsi à être fréquemment associée à des enjeux sociaux, sécuritaires et identitaires. Cette association contribue à légitimer le renforcement des politiques de contrôle, la restriction de certaines conditions d’accueil et d’accompagnement des étrangers, ainsi que le développement de dispositifs d’externalisation du contrôle migratoire.

La question migratoire se trouve dès lors de plus en plus appréhendée à travers le prisme du rétablissement de l’ordre, de la maîtrise des frontières et de l’autorité de l’État. Une tendance qui n’a fait que nourrir la dynamique politique et électorale de Marine Le Pen et de son parti, plus près que jamais d’une victoire à la prochaine élection présidentielle (avril 2027)…

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