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A Washington, le gouverneur de la BCT défend la résilience de l’économie tunisienne

20. April 2026 um 14:21

En marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tenues du 13 au 18 avril à Washington, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri, a enchaîné les réunions avec des responsables financiers, des homologues régionaux et des investisseurs internationaux. Objectif affiché : renforcer la coopération, valoriser les fondamentaux économiques du pays et attirer de nouveaux financements.

Coopération régionale et défis économiques partagés

Au cœur de ces échanges figure une rencontre avec Fahad Al-Turki, à la tête du Fonds monétaire arabe. Les discussions ont porté sur les perspectives économiques régionales, notamment pour les pays arabes non producteurs d’énergie, confrontés à des vulnérabilités accrues face aux chocs extérieurs.

Le gouverneur de la BCT a insisté sur la nécessité de développer des instruments innovants capables de renforcer la résilience économique et d’accompagner les transformations en cours. Une approche jugée essentielle dans un environnement international instable.

Rapprochement avec la Libye et l’Algérie

Sur le plan régional, Fethi Zouhaier Nouri s’est entretenu avec ses homologues de la Banque centrale de Libye et de la Banque d’Algérie, dont Mohamed Lamine Lebbou.

Avec la partie libyenne, les discussions ont porté sur le renforcement du partenariat technique et financier, notamment à travers la modernisation des systèmes de paiement et des infrastructures numériques. Les deux institutions ont exprimé leur volonté de faciliter les échanges commerciaux et de consolider l’intégration économique bilatérale.

Les échanges avec la Banque d’Algérie ont, quant à eux, permis de réaffirmer une volonté commune d’intensifier la coopération, à travers des visites mutuelles et l’identification de nouveaux axes de collaboration.

Séduire les investisseurs et promouvoir les atouts tunisiens

Le gouverneur de la BCT a également rencontré plusieurs investisseurs institutionnels internationaux. Ces échanges ont servi de vitrine pour présenter les perspectives de l’économie tunisienne et ses fondamentaux macroéconomiques.

Face aux inquiétudes liées au contexte économique, il a mis en avant la résilience du pays et les efforts engagés pour préserver la stabilité financière. Il a également souligné les opportunités d’investissement, notamment via les instruments de financement souverains sur les marchés internationaux.

Selon la BCT, ces investisseurs ont manifesté un intérêt pour la Tunisie, se disant prêts à accompagner le financement de l’économie nationale.

Des relations prudentes avec le FMI

Cette participation intervient dans un contexte particulier, marqué par des relations prudentes entre la Tunisie et le FMI. Depuis 2022, les discussions autour d’un nouveau programme de financement restent bloquées, en raison de divergences sur plusieurs réformes sensibles, notamment celles liées aux entreprises publiques, à la masse salariale et aux subventions.

Dans ce cadre, la présence tunisienne à Washington s’inscrit dans une stratégie de diversification des partenariats et de recherche de solutions alternatives pour soutenir l’économie nationale, dans un environnement financier international de plus en plus exigeant.

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Eau, réformes et financements : Offensive tunisienne aux Spring Meetings

06. April 2026 um 14:02

La Tunisie sera représentée à haut niveau aux réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale, prévues du 13 au 18 avril à Washington. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, y sont attendus à partir du 14 avril, dans un contexte où Tunis cherche à préserver ses marges avec le FMI tout en consolidant son partenariat actif avec la Banque mondiale.

Une séquence diplomatique et financière très observée

La participation du gouverneur de la BCT s’inscrit dans son rôle de membre du Conseil des gouverneurs du FMI, avec à l’agenda plusieurs consultations bilatérales avec la direction du Fonds, des gouverneurs de banques centrales de la région MENA ainsi que des bailleurs internationaux.

De son côté, le ministre de l’Économie représentera l’État tunisien au sein du Conseil des gouverneurs de la Banque mondiale, avec une série de rencontres destinées à présenter l’état d’avancement des réformes économiques, sociales et de développement engagées par le pays.

Au-delà du protocole, cette visite constitue une fenêtre stratégique pour rassurer les partenaires financiers internationaux sur la trajectoire tunisienne, notamment dans les dossiers liés à l’investissement, à l’emploi et à la résilience économique.

FMI : un dialogue gelé, mais un canal politique maintenu

Cette présence à Washington intervient alors que les relations entre Tunis et le FMI restent suspendues depuis 2022, après le refus tunisien de certaines conditions liées à la réforme des subventions énergétiques et des entreprises publiques, malgré l’accord technique conclu à l’époque sur un prêt de 1,9 milliard de dollars.

Le déplacement ne signifie pas automatiquement une relance formelle du programme, mais il permet à la Tunisie de maintenir un canal de discussion politique et institutionnel, dans un contexte mondial marqué par des tensions financières persistantes et un accès plus coûteux aux financements.

Banque mondiale : l’eau et l’emploi rural au cœur des échanges

Le véritable levier tunisien à Washington pourrait toutefois venir du partenariat avec la Banque mondiale, qui reste dynamique.

Quelques jours avant ces réunions, l’institution a validé deux financements totalisant 332,5 millions de dollars, soit près de 971 millions de dinars, consacrés à l’eau potable, à la modernisation de l’irrigation et à la création d’emplois dans les zones rurales.

Ces projets constituent la première étape du programme de sécurité hydrique et de résilience, un thème qui sera justement au centre des Spring Meetings 2026, organisées sous le slogan « Créer de la prospérité grâce aux politiques publiques ».

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Banque mondiale : 332,5 millions de dollars pour sécuriser l’eau en Tunisie et soutenir l’agriculture

02. April 2026 um 08:36

La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le stress hydrique. Le Conseil des administrateurs du Banque mondiale a approuvé un financement de 332,5 millions de dollars, soit près de 971 millions de dinars, destiné à deux projets structurants pour l’eau potable et l’irrigation.

Cette enveloppe constitue la première phase d’un programme global de 700 millions de dollars sur dix ans, pensé pour renforcer durablement la résilience du pays face à la raréfaction de la ressource et aux effets du changement climatique.

Irrigation : quatre gouvernorats ciblés pour relancer la productivité agricole

Le premier volet, doté de 124 millions de dollars, est consacré à la résilience et à la valorisation de l’eau d’irrigation. Il vise la réhabilitation d’infrastructures stratégiques dans les gouvernorats de Jendouba, Béja, Bizerte et Siliana, avec pour objectif d’améliorer les performances des réseaux publics irrigués et d’augmenter les rendements agricoles.

Le projet prévoit également le renforcement des capacités de gestion des structures régionales agricoles et des groupements d’usagers de l’eau, ainsi qu’un accompagnement des agriculteurs vers des technologies climato-intelligentes et des filières à plus forte valeur ajoutée.

Au total, près de 13.000 agriculteurs devraient bénéficier directement ou indirectement de ce programme, tandis que le chantier devrait générer 3400 emplois permanents et environ 7000 postes temporaires, notamment dans la construction.

Eau potable : Zarat, compteurs intelligents et réseaux modernisés

Le second projet, plus important avec 208,5 millions de dollars, cible la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et le renforcement des performances de la SONEDE.

Au cœur du dispositif figure l’extension de l’usine de dessalement de Zarat à Gabès, dont la capacité passera de 50.000 à 100.000 m³ par jour. Cette montée en puissance doit garantir une desserte plus fiable pour les populations de Gabès, Médenine et Tataouine.

Le projet comprend aussi le déploiement de 100.000 compteurs intelligents, la réhabilitation des réseaux à Sfax, Tozeur et Kébili, ainsi qu’une modernisation organisationnelle de la société nationale afin de réduire les pertes d’eau et améliorer la qualité du service.

Selon les estimations, 2,3 millions de personnes profiteront d’une distribution plus stable et durable, dont 224.000 habitants bénéficiant d’une alimentation continue et 440.000 autres d’une meilleure qualité d’eau. Ce chantier devrait également créer 600 emplois permanents et près de 6000 emplois temporaires.

Un programme sur dix ans avec l’assainissement comme prochaine étape

Pensé sous forme de programme multi-phases, ce partenariat entre la Tunisie et la Banque mondiale repose sur une stratégie progressive : diversification des ressources, modernisation des opérateurs et généralisation des solutions éprouvées.

Après cette première étape centrée sur l’eau potable et l’agriculture irriguée, la prochaine phase devrait placer l’ONAS au premier plan, avec un accent particulier sur l’assainissement, le traitement et la réutilisation des eaux usées.

Pour Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale en Tunisie, cet engagement traduit la volonté du Groupe – y compris Société financière internationale et Agence multilatérale de garantie des investissements – d’accompagner le secteur de l’eau tunisien sur le long terme, dans une logique de sécurité hydrique globale et durable.

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Tunisie : 90 millions $ d’aides sociales… ce que cela change pour près de 900 000 familles

La Tunisie va bénéficier d’un financement supplémentaire de 90 millions de dollars de la Banque mondiale pour renforcer ses aides sociales. Cette enveloppe pourrait concerner près de 900 000 familles, dans un contexte marqué par une pression persistante sur le pouvoir d’achat.

Concrètement, ce financement devrait permettre d’élargir le nombre de bénéficiaires des aides sociales et de renforcer les montants versés aux familles les plus vulnérables. Pour près de 900 000 ménages, cela pourrait se traduire par un soutien plus régulier face à la hausse des prix et aux dépenses essentielles.

Ce nouvel appui s’inscrit dans la continuité d’un programme plus large, estimé à près de 700 millions de dollars sur cinq ans, qui a permis d’étendre significativement les aides sociales dans le pays.

Ce financement intervient après une séquence marquée, début février, par une multiplication des réunions entre la Banque mondiale et plusieurs ministères tunisiens, sans annonces chiffrées à l’époque.

Selon la Banque mondiale, ce dispositif a déjà bénéficié à plus de 895 000 familles à travers des transferts monétaires exceptionnels, tout en élargissant le programme « Amen Social » à plus de 386 000 ménages. Des allocations familiales ont également été accordées à plus de 150 000 enfants de moins de cinq ans.

Un élargissement ciblé vers les jeunes et les personnes vulnérables

Le nouveau financement vise à prolonger cette dynamique, avec une extension des allocations familiales à environ 450 000 enfants âgés de 6 à 18 ans issus de familles à faibles revenus. L’objectif affiché est de limiter le décrochage scolaire et d’améliorer l’accès à l’éducation.

Le programme prévoit également la création d’un fonds national dédié aux personnes en situation de handicap, destiné à soutenir leur inclusion sociale et économique.

Parallèlement, des initiatives d’insertion économique seront mises en place afin de favoriser l’autonomie des bénéficiaires, en combinant activités indépendantes et intégration progressive dans le marché du travail.

Une réforme structurelle du système social en toile de fond

Au-delà de l’aide directe, ce financement s’inscrit dans une transformation plus profonde du système de protection sociale tunisien. Les réformes engagées portent notamment sur la mise en place d’un registre social unifié, la digitalisation des paiements et l’amélioration du ciblage des bénéficiaires.

L’objectif est de passer d’un système fragmenté à un dispositif plus cohérent, fondé sur des données fiables et une meilleure coordination entre les différents programmes.

Si l’élargissement des aides marque une étape importante, des défis persistent, notamment en matière de ciblage, d’inclusion des populations les plus isolées et de soutenabilité financière.

Derrière cette nouvelle enveloppe de 90 millions de dollars se dessine ainsi une évolution plus large : celle d’un modèle social en mutation, appelé à gagner en efficacité mais encore confronté à des équilibres fragiles.

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